Jane Fonda : la maison paradisiaque d’Hollywood, jadis espionnée par la CIA, passe en vente à prix cassé

Une villa blanche au bout d’une impasse, des terrasses, une piscine, des vues sur le canyon. Le genre de maison qu’on imagine facilement dans un film. Sauf que celle-ci a vraiment abrité une star d’Hollywood… et, selon le New York Post, un dossier de la CIA. Son prix vient de tomber, et la liste où figure son adresse est plus troublante qu’on ne croit.
Une villa de 1924 cachée dans le quartier le plus italien d’Hollywood
Direction Whitley Heights, sur les hauteurs de Los Angeles. C’est là, au 2001 Holly Hill Terrace, que se dresse une demeure de style néo-méditerranéen, bâtie en 1924. Selon le New York Post, elle vient d’être mise en vente à 1,99 million de dollars.
Cinq chambres, une enceinte fermée, 4 241 pieds carrés habitables : sur le papier, la maison coche toutes les cases. Mais son vrai charme tient à son décor. Le quartier a été imaginé par le promoteur H.J. Whitley pour ressembler à un village italien perché sur une colline, et cette villa aurait été son tout dernier projet.
Le voisinage, lui, a de quoi faire rêver les amateurs de vieux Hollywood. Rudolph Valentino, Bette Davis, Jean Harlow, Rosalind Russell, Janet Gaynor, Carmen Miranda ou encore William Faulkner y auraient tous habité. Autant dire que les murs ont de la mémoire.
Ce genre de bien rare, caché dans un coin préservé, attire forcément les regards. D’autres célébrités ont d’ailleurs récemment passé le pas de la vente, comme Angelina Jolie, qui se sépare de sa demeure hollywoodienne. Mais ici, le prix n’est pas la partie la plus curieuse de l’histoire.
Car l’une des anciennes occupantes de la maison a eu un détail très particulier dans sa vie : elle y était observée de près.
Jane Fonda, locataire de passage et cible discrète
L’annonce l’indique : Jane Fonda a vécu ici un temps, durant son mariage avec le réalisateur français Roger Vadim. Ils étaient unis de 1965 à 1973. Elle n’était pas propriétaire, simplement locataire.
Après son divorce, elle a épousé quelques jours plus tard le militant et futur élu Tom Hayden, disparu depuis. Selon des documents d’urbanisme de la ville de Los Angeles cités par le journal, le couple aurait lui aussi vécu dans cette maison.
À cette époque, l’actrice ne se contente pas de tourner. Elle s’exprime publiquement contre la guerre du Vietnam, une prise de position qui, dans l’Amérique du début des années 1970, ne passe pas inaperçue. Et certains services s’y intéressent de très près.
Cette idée de vie privée scrutée n’a rien d’une relique : à l’ère numérique, un détective privé met en garde contre ce qu’il ne faut pas faire pour ne pas être suivi sur la Toile. Dans les années 1970, la surveillance passait par le courrier.
Et c’est précisément là que l’histoire de Holly Hill Terrace bascule. Selon le New York Post, la CIA a intercepté et ouvert le courrier de Jane Fonda, notamment quatre lettres qui lui avaient été envoyées depuis l’Union soviétique. Une ingérence dans sa boîte aux lettres, à deux pas de la piscine.
Mais un seul courrier ouvert ne dit pas tout. Ce qui donne le vertige, c’est la liste sur laquelle apparaît son adresse.

Le numéro 22 d’une liste de 50 adresses surveillées
Selon un document consulté par la rubrique immobilière du Post, déclassifié en 2018, le nom de Jane Fonda et son adresse de Holly Hill Terrace figurent bien dans les fichiers de la CIA. Elle y occupe la 22e place d’une liste de 50 noms et adresses suivis par l’agence en 1971.
Autrement dit, l’adresse de cette maison de Whitley Heights était inscrite noir sur blanc dans les registres d’une agence de renseignement. Pas une rumeur de brocanteur : une pièce d’archive.
Le programme ne visait pas qu’elle. Toujours selon des documents du National Security Archive cités par le journal, la CIA ouvrait le courrier envoyé d’Union soviétique à des citoyens américains vivant aux États-Unis, des années 1950 à 1973. Une pratique qui n’avait rien de légal.
La preuve, c’est un échange resté célèbre. En 1975, le directeur de la CIA de l’époque, William Colby, aurait déclaré au président Gerald Ford : « C’est illégal et nous y avons mis fin en 1973 », d’après des comptes rendus relayés par la presse.
Voilà donc la réponse. La maison à 1,99 million de dollars n’est pas seulement l’ancienne demeure d’une star : elle figure dans des archives déclassifiées sur la surveillance d’opposants à la guerre. Le New York Post résume que cela reste « une part fascinante de l’histoire de la maison ».
Reste à savoir qui vend aujourd’hui ce bout d’histoire, et pourquoi le prix a déjà reculé.
Un prix en baisse et un voisin très ironique
La vendeuse s’appelle Kathleen Whyte. Elle est la fille de Bryan Clark et de Jo Deodato Clark, deux acteurs de second rôle qui ont possédé la maison pendant 41 ans. Ils l’avaient achetée 234 180 dollars en 1985.
Elle avait été mise sur le marché une première fois en 2024, à 2,79 millions de dollars. Le prix actuel marque donc une baisse de 800 000 dollars. De quoi alimenter le titre « à prix cassé » du Post, même si l’adresse reste très chère pour qui n’est pas du coin.
Autre détail savoureux : Bryan Clark incarnait souvent le président Ronald Reagan à l’écran. Or, selon le courtier Edward Piechocki, de Douglas Elliman, Reagan habitait lui aussi à Whitley Heights à l’époque où il était acteur, dans un manoir en haut de la colline. Le courtier ne pense toutefois pas que les deux hommes se soient jamais croisés.
Clark apparaissait aussi dans Les Hommes du président et a été porte-parole national d’une marque de café. Une belle carrière de visages familiers, bien loin des écrans radars de la CIA.
Côté intérieur, la maison a de quoi séduire : grand escalier, cuisine ouverte, bibliothèque ouvrant sur un patio avec vue sur le canyon, parquet et hauts plafonds. Elle possède aussi une véranda à deux niveaux ajoutée en 1941, un jardin en terrasses avec arbres fruitiers, une piscine et une cuisine d’été.
À l’étage, la suite parentale a son salon et sa terrasse privée. En bas, un appartement d’amis indépendant, avec cuisine et buanderie. On est loin du sous-sol d’espion.
Ce type de vente rappelle d’autres adieux hollywoodiens, comme lorsque Stallone lâche son ranch californien à moitié prix. Et du côté français, Johnny Depp et Vanessa Paradis bradent leur village provençal pour 13 millions d’euros.
Reste une question : qui voudra s’offrir un bout d’histoire surveillée ?
Une chose est sûre : peu de maisons peuvent se vanter d’avoir eu une star, un courrier intercepté et un dossier déclassifié. Celle-ci, oui. Et si vous avez aimé savoir ce que cachait cette adresse, ce que Brad Pitt confie de son divorce vous réserve un tout autre genre de confidence. Et pour rester dans les histoires hors norme, cet homme qui a survécu 76 jours seul en plein océan a de quoi vous couper le souffle.