« J’ai mis deux ans à m’y faire » : Louise Bourgoin et ses week-ends sans ses fils dans un club d’échecs

Louise Bourgoin a toujours gardé sa vie privée à distance des projecteurs. Aujourd’hui, à l’occasion de la sortie d’un livre jeunesse, elle raconte sans filtre ce que lui a coûté sa séparation : une semaine sur deux, la maison se vide de ses deux garçons. Une phrase résume la durée de l’épreuve, et un détail sur ses week-ends libres a de quoi surprendre.
Une maison silencieuse une semaine sur deux : ce que Louise Bourgoin n’avait pas prévu
Entre 2013 et 2023, l’actrice a vécu en couple avec le musicien et producteur électronique Tepr, de son vrai nom Tanguy Destable. Ils ont deux fils. La séparation a installé une garde alternée, et avec elle un rythme que rien ne prépare vraiment.
Dans les pages de ELLE, la comédienne ne cherche pas à enjoliver. Elle explique avoir ses enfants une semaine sur deux, et avoir besoin de s’occuper beaucoup pour ne pas ressentir trop vivement ce temps sans eux.
Son livre jeunesse, MoiToiNou, est né de là. Elle l’a co-imaginé et illustré avec l’écrivain Arthur Dreyfus, et le thème de la séparation des parents était son idée.
Elle voulait transformer un moment « si douloureux et imprévu » en un bel objet à transmettre à ses garçons. Elle y a glissé quelques anecdotes vécues, avec leur autorisation.
Mais combien de temps faut-il pour apprivoiser ce silence ? Et comment une actrice remplit-elle les jours où la maison est vide ?
Dessiner, regarder des films, étudier : comment elle a comblé le vide
Pour tromper l’absence, Louise Bourgoin s’est jetée dans le travail créatif et dans l’étude. Elle dessine, elle regarde des films, elle plonge dans l’histoire de l’art. Chaque activité nourrit son univers et l’aide à composer avec le manque.
Le livre jeunesse est la forme la plus aboutie de cette démarche. Il lui sert à mettre des mots sur l’épreuve, tout en offrant un repère à ses fils.
Reste que la rupture n’a pas seulement creusé un vide. Elle a aussi bousculé les rôles à la maison, comme chez beaucoup de parents en garde alternée.
Dans le couple, raconte-t-elle, elle était « vraiment le bon flic », la maman réconfort qui fait des gâteaux. Seule avec ses garçons, elle a été obligée de faire aussi « le sale boulot » : gronder.
L’un de ses fils a résumé le changement avec une image qu’elle cite. À 7 ans, il lui a dit : avant, papa était le cactus et toi la fleur, maintenant vous êtes tous les deux des roses, à la fois fleurs et piquantes.
La réponse à la question du titre tombe ici : il lui a fallu deux ans pour s’y faire. Mais ce n’est pas le plus surprenant de ce qu’elle raconte.

Quarante hommes au mètre carré : le club d’échecs de ses week-ends libres
Il y a pourtant une surprise, et elle se joue sur soixante-quatre cases. Loin des histoires de garde qui finissent devant un juge, Louise Bourgoin a trouvé son propre refuge.
« Les week-ends où je n’ai pas mes enfants, je les passe dans un club d’échecs », confie-t-elle. Elle décrit quarante hommes au mètre carré, brillants, et un anonymat total : personne ne la reconnaît.
Les parties sont rapides. Elle passe d’adversaire en adversaire toutes les quinze minutes et apprend à chaque fois un nouveau coup.
Son verdict, avec le sourire : « C’est chaste et courtois ». Une façon de reconquérir son temps avec légèreté, loin des mondanités.
Elle s’est aussi offert, après la rupture, un piercing à l’hélix, un désir adolescent resté longtemps de côté. Des petites émancipations assumées, qui racontent une femme qui ne s’oublie pas.
Refaire sa vie, culpabilité maternelle : ce qu’elle dit encore
Sur la vie amoureuse, Louise Bourgoin temporise. « Je ne me vois pas du tout présenter un homme à mes enfants », glisse-t-elle. Pas question, pour l’instant, d’ouvrir la porte du foyer à un tiers.
Elle s’amuse de la jalousie protectrice de ses fils, qu’elle rattache au complexe d’Œdipe. Selon elle, ils lui lancent : « si tu as un mari, on le tue ». Elle dit avoir l’impression d’avoir deux petits mafieux russes à la maison.
Elle évoque aussi la pression que ressentent les mères. « On a toutes cette espèce de culpabilité de ne pas être la mère parfaite », dit-elle, en notant qu’on met la barre bien plus haut que pour les hommes.
Les pères, ironise-t-elle, sont encore applaudis dès qu’ils ramassent une assiette ou vont au parc. Un constat qui fait écho à ce que vivent d’autres mères qui racontent leur douleur à visage découvert.
Son témoignage reste, selon la source, « sans fard » et loin de toute idéalisation. Elle ne présente ni solution ni modèle, juste un chemin parcouru.
Pour qui traverse une séparation, ce récit rappelle qu’il n’existe pas de délai officiel pour s’habituer. Côté budget familial, la rentrée approche et ajoute son lot de questions pratiques.
Deux ans pour s’y faire, des échecs pour respirer : Louise Bourgoin prouve qu’on peut réapprendre à vivre quand la maison se vide, sans faire semblant que ce soit facile. Et si une autre célébrité vous avait appris que la garde d’un enfant pouvait se jouer devant un juge, le rendez-vous qui doit décider du sort de Nina Karembeu vous laissera sans voix. Quant aux fins de mois qui comptent chaque euro, les comptes d’une conseillère funéraire de Saint-Brieuc réservent aussi leur lot de surprises.