« Il est hyper fier de son sexe, il l’exhibe en permanence » : un journaliste raconte ses rencontres avec Patrick Bruel
Les témoignages ne cessent de s’accumuler contre Patrick Bruel. Mis en examen pour viol, tentative de viol, agression sexuelle et harcèlement sexuel, le chanteur de 67 ans fait face à une vingtaine de plaintes et aux accusations d’une trentaine de femmes. Et voilà qu’un ancien journaliste romand vient ajouter sa pierre à l’édifice.

Ce témoin, qui s’est exprimé sous couvert d’anonymat auprès de 20 Minutes, rapporte des propos et des scènes qu’il dit avoir observés dans le milieu musical. Parmi eux, une anecdote impliquant le regretté Jean-Louis Murat qui donne la nausée.
Une rencontre place des Vosges en 1996
L’ancien journaliste raconte avoir rencontré Jean-Louis Murat en 1996 à Paris, place des Vosges. Les deux hommes discutaient de l’album Dolorès et de sa pochette, qui représentait des jeunes femmes en culotte.
« Il me disait qu’il ne l’aimait pas et qu’il n’avait pas vraiment eu son mot à dire. C’était le choix de la maison de disques », explique le journaliste. La conversation a ensuite dérivé sur le rapport aux femmes dans l’industrie musicale.
C’est là que Jean-Louis Murat, décédé il y a maintenant trois ans, aurait lâché une confidence accablante au sujet de Patrick Bruel. Une phrase courte, brutale, qui résonne aujourd’hui d’une tout autre manière.
« Jouer une pauvre gamine au poker »
« Bruel, je ne peux pas le piffer depuis que je l’ai vu jouer une pauvre gamine au poker. C’est le comble de l’abjection », aurait confié Jean-Louis Murat au journaliste. Selon ce témoignage, Murat chargeait Bruel bien avant que la moindre plainte ne soit déposée.

Et ce n’était pas la première fois que l’auteur-compositeur auvergnat dénonçait ce genre de scène. Dans les années 2000, sur le plateau de l’émission La Route animée par Pascale Clark, il avait déjà fait des révélations similaires — sans nommer Bruel directement.
« J’ai vu deux énormes vedettes de la chanson française jouer aux cartes une petite nana de 16 ans avec qui j’avais discuté », avait-il déclaré à l’antenne. « Elle était complètement à la rue. Il fallait la traiter comme une enfant. » Des mots qui prennent aujourd’hui une dimension vertigineuse.
Le regret d’un artiste qui savait
Face à Pascale Clark, Murat n’avait pas mâché ses mots sur sa propre inaction. « J’aurais dû intervenir parce que c’est un des trucs les plus répugnants que j’ai vus dans ce métier », avait-il admis. Une culpabilité palpable, doublée d’une colère froide.
Il avait ajouté : « Des gens qui ont une image en or. Les deux parfaits garçons. On leur donnerait le bon Dieu sans confession. » Puis cette promesse : « Maintenant, à chaque fois qu’on me parle de ces mecs-là, je les casse. »
À l’époque, peu de gens avaient relevé ces déclarations. Aujourd’hui, alors que de nouveaux témoignages accablants émergent chaque semaine, les mots de Murat résonnent comme un avertissement que personne n’a voulu entendre. Mais le journaliste romand avait encore d’autres choses à raconter.
« Le terme ‘Babar’, je l’ai entendu il y a des années »
L’ancien journaliste explique ne pas être surpris de voir Patrick Bruel rattrapé par les accusations. « J’ai croisé Bruel deux ou trois fois dans ma carrière », raconte-t-il. Ce qu’il a vu et entendu dans le milieu concordait déjà avec le portrait qui se dessine aujourd’hui.
« Le terme ‘Babar’, je l’ai déjà entendu il y a des années. Et il y avait aussi cette histoire qu’il se baladait à poil« , confie-t-il. Un surnom et une réputation qui circulaient depuis longtemps dans les coulisses du show-business français.

Le journaliste rapporte ensuite les propos d’une connaissance travaillant dans le milieu de la télévision. « Elle disait : ‘Il est hyper fier de son sexe, il l’exhibe en permanence' », lâche-t-il. Un comportement exhibitionniste qui corrobore d’autres témoignages déjà rendus publics.
Un faisceau qui ne cesse de s’épaissir
Ce récit s’ajoute à une liste de témoignages déjà longue. L’actrice Anny Duperey a récemment déclaré sur Europe 1, dans l’émission Culture Médias : « Je pense que ce Monsieur a de sérieux problèmes de quéquette. » La chanteuse Lio a elle aussi fait des révélations brûlantes.
Depuis la plainte déposée par l’animatrice Flavie Flament à la mi-mai, le mur du silence s’est effondré. Zazie a déclaré qu' »il n’y a pas de fumée sans feu ». Corinne Masiero et d’autres personnalités ont pris position publiquement.
Patrick Bruel, qui a dû mettre sa carrière entre parenthèses, fait également l’objet d’un suivi psychologique imposé par la justice. Ses concerts ont été annulés les uns après les autres.
Ce qui frappe dans ce nouveau témoignage, c’est la temporalité. Jean-Louis Murat dénonçait ces comportements il y a plus de vingt ans. Le journaliste entendait parler de « Babar » bien avant les premières plaintes. Ce que beaucoup présentent comme une « révélation » était en réalité un secret de polichinelle — connu du milieu, ignoré par tous les autres.
Reste une question : combien d’autres témoins savaient, et pendant combien de temps encore auraient-ils gardé le silence si les accusatrices n’avaient pas eu le courage de parler ?