À 72 ans, Patrick Sébastien lance « Chez Patoche », son « plus petit cabaret du monde », en Corrèze
Quand on a animé pendant près de vingt ans l’une des émissions les plus populaires de France 2, on pourrait se contenter de souvenirs. Patrick Sébastien, lui, vise l’inverse : tout rebâtir en miniature, dans un village de Corrèze. Son nouveau lieu porte un nom qui sonne comme un clin d’œil, et le premier spectacle réserve un parti pris très précis.

Un cabaret dans un village corrézien, après plusieurs reports
Direction La Chapelle-aux-Brocs, à une dizaine de kilomètres de Brive-la-Gaillarde. C’est là, au 11 route d’Argentat, que Patrick Sébastien installe « Chez Patoche – Le Plus Petit Cabaret du Monde ». Pas de plateau télé géant ni de décor de studio : une petite salle, pensée pour que le public soit tout près des artistes.
L’ouverture est désormais annoncée pour la fin du mois d’octobre 2026. Elle intervient après plusieurs reports du calendrier initial, selon les informations disponibles sur le projet. Autrement dit, la date a déjà glissé, et rien ne dit encore que tout est bouclé.
Le nom, lui, ne laisse aucun doute sur l’inspiration. Il renvoie directement à « Le Plus Grand Cabaret du monde », l’émission que l’animateur a présentée pendant près de vingt ans sur France 2. Le changement d’échelle est assumé, presque revendiqué comme une blague.
Cette envie de revenir à l’essentiel ne sort pas de nulle part. Le personnage a toujours aimé le côté populaire, la fête et le contact direct, comme on peut le lire dans le portrait de sa véritable personnalité. Mais comment transforme-t-on une salle minuscule en machine à rêves ?
Music-hall à l’ancienne : ce que Patrick Sébastien veut y faire vivre
L’idée est de retrouver l’esprit du music-hall. Une petite salle, une ambiance volontairement populaire et festive, et surtout une grande proximité avec les artistes. Le public ne serait plus spectateur à distance, mais presque voisin de la scène.
Le programme annoncé mélange les genres : spectacle, humour, chanson, danse, imitation et numéros de cabaret. L’ambition est aussi de recevoir régulièrement différents artistes sur scène. Le lieu ne serait donc pas figé autour d’une seule affiche.
Patrick Sébastien en sera à la fois le patron artistique et l’un des principaux animateurs. Autrement dit, ce n’est pas un simple parrainage : il serait au centre de la soirée, micro en main. Après les grandes salles de télévision et les tournées, il veut désormais un contact beaucoup plus direct avec le public.
Ce retour au concret s’inscrit aussi dans un parcours qui l’a éloigné des plateaux. Il avait d’ailleurs expliqué à sa manière les raisons de ce décalage lorsqu’il accusait Delphine Ernotte de l’avoir écarté, comme on l’avait raconté ici. Le cabaret corrézien ressemble à une réponse en actes.
Le projet repose aussi sur une promesse de convivialité. Le cabaret doit proposer des soirées avec restauration, comme dans les établissements traditionnels où l’on dîne avant ou pendant le spectacle. La table fait partie du show, pas seulement du décor.
Reste la question que tout le monde se pose : quel est le premier grand spectacle de cette salle miniature ? Et surtout, que verra-t-on réellement sur scène ?

« Transformia » : la revue qui ouvrira le bal
Le premier grand spectacle annoncé s’appelle « Transformia ». C’est une revue transformiste, écrite, mise en scène et animée par Patrick Sébastien lui-même. Il en signe donc chaque aspect, du texte au rythme de la soirée, et ce n’est pas un détail pour un homme qui a longtemps tout contrôlé à l’antenne.
Le principe est simple et spectaculaire. Des artistes y incarnent de grandes figures de la chanson grâce aux costumes, au maquillage et à l’illusion. Le public voit se mettre en place, sous ses yeux, la métamorphose qui fait la magie du transformisme.
Autour d’eux, la revue réunit des chanteurs, des danseuses et des séquences humoristiques. L’ensemble reprend les ingrédients du « Plus Grand Cabaret du monde », avec ce mélange de paillettes, de rires et de numéros enchaînés. Mais cette fois, tout se passe devant seulement quelques centaines de spectateurs.
C’est là que le contraste devient intéressant. Plus besoin de séduire des millions de téléspectateurs : il s’agit de faire rire et d’émouvoir une salle où l’on voit les visages. Patrick Sébastien l’a toujours dit à sa façon : la scène lui parle plus que la caméra, et ses confessions franches, comme celles sur sa consommation d’alcool d’autrefois, montrent qu’il ne s’est jamais caché derrière un personnage.
Il présente d’ailleurs lui-même le projet comme une « nouvelle vie », centrée sur la scène, la fête et le spectacle vivant. La formule est forte pour un homme de 72 ans. Elle donne la clé de l’opération : « Chez Patoche » n’est pas un hommage nostalgique, c’est un nouveau chapitre.
L’objectif est clair : recréer en Corrèze l’univers qui a fait son succès à la télévision, mais dans une ambiance beaucoup plus familiale. Tout tient donc à un pari : l’intimité peut-elle remplacer l’audience ?
Ce que ce pari dit de la télé d’aujourd’hui
Le choix d’ouvrir un lieu plutôt que de revenir sur un plateau n’est pas anodin. À 72 ans, Patrick Sébastien préfère construire son propre terrain de jeu plutôt que d’attendre une case à l’antenne. C’est un virage net pour celui qui a rythmé les samedis soir de France 2.
Pendant ce temps, le paysage télévisuel de France 2 continue de bouger. Les audiences des grandes émissions de divertissement font parler, comme le cas Nagui sur la même chaîne. Le contraste est frappant avec un cabaret pensé pour quelques centaines de personnes.
Reste à voir si le calendrier tiendra. L’ouverture est annoncée pour fin octobre 2026, après plusieurs reports : la date sera à surveiller de près. Les premières soirées diront aussi si la formule dîner-spectacle trouve son public à une dizaine de kilomètres de Brive-la-Gaillarde.
Autre point à suivre : la programmation. Patrick Sébastien veut recevoir régulièrement différents artistes, ce qui suppose un vrai renouvellement des affiches. Si « Transformia » ouvre la marche, la suite du programme reste à découvrir.
Sur le plan humain, l’idée plaît à une génération qui aime les rendez-vous simples. On peut penser à ces personnalités qui, à l’âge de la sagesse, préparent leur vie autrement, comme Mercotte, qui a tout organisé à 84 ans. Chez Patrick Sébastien, l’organisation passe par une scène et des projecteurs.
Un point important : les informations disponibles décrivent un projet annoncé, pas un lieu déjà ouvert. Les détails pratiques, comme les tarifs ou les jours de représentation, ne figurent pas dans les éléments connus à ce stade.
En attendant, l’adresse est déjà connue des curieux : 11 route d’Argentat, à La Chapelle-aux-Brocs. Un lieu discret en Corrèze, mais un nom qui ne passe pas inaperçu.
Patrick Sébastien a troqué le plus grand cabaret du monde pour le plus petit, et il parie que la proximité vaut tous les plateaux. À la fin octobre, on saura si le pari tient.
Et si vous voulez savoir jusqu’où va son attachement à ses racines, ce qu’il a confié sur l’endroit où il veut reposer près de son fils en dit long.
Et puis, certaines vieilles séquences de télé ressurgissent sans prévenir : celle de Flavie Flament face à Julio Iglesias a de quoi vous laisser sans voix.