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Patrick Sébastien accuse Delphine Ernotte de l’avoir écarté parce qu’il est « un homme blanc de plus de 50 ans »

Publié par Gabrielle Nourry le 01 Avr 2026 à 12:40

Il avait promis de parler. Il a tenu parole. Patrick Sébastien s’est présenté devant la commission d’enquête sur France Télévisions et il n’a pas mâché ses mots. Face aux parlementaires, l’ancien animateur du Grand Cabaret a visé directement Delphine Ernotte, l’ex-présidente de France Télévisions, en la tenant pour responsable de sa mise à l’écart.

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Patrick Sébastien visé par une enquête

À ses côtés, Michel Drucker, visiblement mal à l’aise. Ce que son ancien collègue allait dire, il ne semblait pas totalement prêt à l’entendre.

« Elle voulait me dégager, clairement »

Patrick Sébastien l’affirme sans détour : avant l’arrivée de Delphine Ernotte, tout fonctionnait. Les audiences étaient au rendez-vous, les relations avec la direction étaient saines et constructives.

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« Jusqu’à l’arrivée de Delphine Ernotte, tout était humain et correct. Les audiences étaient là, j’avais des rapports extraordinaires avec des gens comme Yves Bigot ou Patrick De Carolis. On faisait tout pour que nos émissions marchent. »

Puis vient le tournant. Dès l’arrivée d’Ernotte à la tête du groupe public, le ton change radicalement selon lui. « Quand Mme Ernotte est arrivée, on a tout fait pour que ça ne marche pas. D’entrée, elle voulait me dégager, clairement. »

Des mots qui font l’effet d’une bombe dans la salle d’audition. Et la suite est encore plus explosive.

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« On m’a reproché d’être un homme, blanc, de plus de 50 ans »

Patrick Sébastien rappelle une phrase restée célèbre dans le milieu audiovisuel. Delphine Ernotte avait évoqué publiquement la nécessité de réduire la place des « hommes blancs de plus de 50 ans » à l’antenne. L’animateur dit en avoir fait directement les frais.

« Je ne savais pas qu’un jour on allait me reprocher d’être un homme, d’être blanc, et d’avoir plus de 50 ans. » Il le dit sans amertume apparente, mais avec une clarté qui ne laisse aucune ambiguïté sur ce qu’il pense.

Il ajoute aussitôt une pique : depuis cette déclaration sur la diversité, il n’a « pas vu beaucoup de gens de couleur à la tête d’un prime time ou d’un journal ». Une façon de souligner que la promesse de représentation n’a pas vraiment été tenue non plus. Si vous vous intéressez aux coulisses de l’audiovisuel public et de ses évolutions récentes, ce témoignage prend une résonance particulière.

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« Une dictature idéologique » : l’accusation la plus grave

Le mot qui a probablement le plus retenti dans la salle, c’est celui-là : « dictature idéologique ». Patrick Sébastien le prononce en pesant chaque syllabe, conscient de ce qu’il implique.

Sa démonstration est simple. Une dirigeante de service public a le droit d’avoir des goûts, des valeurs, une vision. Mais elle doit, selon lui, représenter l’ensemble du public, pas seulement ceux qui partagent son idéologie.

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« Je ne vois pas un directeur d’hôpital public refuser des malades parce qu’il ne partage pas ses idées. Et pour moi, c’est exactement ce qui s’est passé. » L’analogie est frappante. Et difficile à contester sur le fond.

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Cette question du pilotage de l’audiovisuel public et des choix éditoriaux qui y sont opérés agite depuis longtemps les coulisses du secteur. L’audition de Patrick Sébastien relance le débat avec une intensité rare.

« On a dit à ces gens-là : circulez »

Au-delà de son cas personnel, Patrick Sébastien élargit le propos. Ce qui l’indigne, ce n’est pas seulement d’avoir été écarté lui. C’est que les millions de téléspectateurs qui regardaient ses émissions l’ont été aussi, par ricochet.

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« Les gens qui regardaient le Cabaret, qui regardaient Les Années Bonheur, ne convenaient pas. On leur a dit : circulez, il n’y a rien à voir ici. Il faut regarder autre chose. »

Pour lui, ce phénomène dépasse France Télévisions. Il y voit le reflet d’une tendance plus large dans le pays : une partie de la population jugée indésirable, dont on détourne le regard, dont on ignore les goûts et les attentes. Des mots qui, dans le contexte politique actuel, résonnent bien au-delà du simple débat audiovisuel.

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On sait par ailleurs que la personnalité de Patrick Sébastien est bien plus complexe que l’image qu’il renvoie à l’écran. Cette prise de parole en est une nouvelle illustration.

Michel Drucker : un témoin silencieux très remarqué

Si Patrick Sébastien a occupé toute la lumière, la présence de Michel Drucker n’est pas passée inaperçue. L’animateur historique de France Télévisions était assis juste à côté. Et son malaise visible pendant la déposition de son collègue a été noté par tous les observateurs.

Drucker, qui a lui aussi connu des tensions avec la direction de France Télévisions ces dernières années, n’a rien dit. Son silence en dit peut-être autant que les mots de Patrick Sébastien. La question de l’âgisme à la télévision n’est clairement pas réservée à un seul animateur.

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Cette commission d’enquête, dont les auditions se succèdent depuis plusieurs semaines, est en train de faire émerger des témoignages qui, mis bout à bout, dessinent un tableau particulièrement sombre de la gestion humaine à France Télévisions. Et on n’en a probablement pas encore entendu la totalité.

D’autres affaires concernant Patrick Sébastien ont également agité l’actualité récemment, ce qui rend cette prise de parole publique encore plus scrutée. Sur un tout autre registre, la question de savoir qui restera dans les mémoires du petit écran se pose aussi dans d’autres histoires de retours et de départs à l’antenne. La télévision française n’a décidément pas fini de se raconter.

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