Zidane sélectionneur : ce quartier de Marseille où il a appris le foot va être pris d’assaut
Un môme qui tape dans un ballon crevé sur un parking en béton. Personne, à l’époque, n’imagine qu’il deviendra un jour sélectionneur des Bleus. Et pourtant.

Depuis l’annonce de la nomination officielle de Zinédine Zidane, un quartier de Marseille revient sur toutes les lèvres. La Castellane, cité populaire du 15e arrondissement, s’apprête à voir débarquer des curieux venus renifler l’air de la légende.
La Castellane, terrain de naissance d’un mythe
Zinédine Zidane est né le 23 juin 1972 à l’hôpital Nord de Marseille, avant de grandir à la Castellane. C’est là, entre les tours et les places en béton, qu’il a tapé ses premiers ballons.
Le quartier a même sa propre légende autour de sa naissance et de ses premiers pas de footballeur, racontée en détail dans cet éphéméride consacré au 23 juin. Une date qui, aujourd’hui encore, résonne dans le quartier.
La Castellane n’a rien d’un décor de carte postale. C’est une cité populaire, avec ses codes, ses habitants, son quotidien loin des paillettes du foot business.
Mais c’est justement cette réalité brute qui a façonné le style de jeu de Zidane. Une gestuelle unique, née sur le bitume plutôt que sur les pelouses impeccables des centres de formation huppés.
La place Tartane, le vrai QG des matchs improvisés

Le lieu le plus cité par ceux qui ont grandi avec Zizou, c’est la place Tartane. Un espace au cœur de la cité, cerné d’immeubles, où se jouaient des matchs interminables jusqu’à la tombée de la nuit.
Pas de filet, pas d’arbitre, pas de vestiaire. Juste des cages tracées à la craie ou matérialisées par deux pulls posés au sol.
C’est ici que Zidane a appris à jongler dans des espaces restreints, à protéger le ballon sous la pression, à improviser. Des qualités qu’on retrouvera plus tard sur les plus grandes pelouses du monde.
Le contraste est frappant avec le parcours d’autres figures du foot français. Didier Deschamps, lui, vient d’un tout autre univers, preuve que le talent ne pousse pas selon un seul modèle.
Marseille, une ville qui ne l’a jamais oublié
Zidane n’a jamais coupé les ponts avec sa ville natale. Il y revient régulièrement, parfois discrètement, parfois de façon plus visible.
Une photo prise récemment à l’OM avait d’ailleurs enflammé les réseaux, relançant une rumeur jamais totalement éteinte sur ses liens avec le club phocéen.
Marseille, c’est aussi la ville qui a façonné son identité. Zidane s’est déjà livré publiquement sur son attachement à sa double culture franco-algérienne, elle aussi née dans les rues de la Castellane.
Cette identité multiple, forgée dans un quartier populaire, est aujourd’hui perçue comme une force. Elle a d’ailleurs été au cœur d’échanges tendus, comme celui qui a opposé Jordan Bardella à des propos tenus par le sélectionneur.
Ce que ça change pour le tourisme dans le quartier
Avec la nomination de Zidane, l’intérêt pour la Castellane grimpe. Des touristes, des journalistes, des simples curieux veulent voir de leurs propres yeux où tout a commencé.
Sauf que la Castellane reste avant tout un lieu de vie, pas un musée à ciel ouvert. Les habitants y travaillent, y élèvent leurs enfants, y vivent leur quotidien loin des projecteurs.
Pour qui souhaite s’y rendre, la prudence et le respect s’imposent. Pas de selfies devant les halls d’immeubles, pas d’intrusion dans les espaces privés, pas de comportement de voyeur.
La place Tartane, elle, reste accessible en journée et peut se visiter dans le calme, sans déranger. C’est un lieu de vie ouvert, pas une attraction à consommer sans égard pour ceux qui y habitent.
Le tourisme mémoriel autour des sportifs n’est pas nouveau. On l’a vu récemment autour d’autres figures populaires, comme le raconte ce classement des sports les plus pratiqués en France, où le football garde une place à part dans l’imaginaire collectif.
Un symbole qui dépasse le foot
La Castellane n’est pas seulement un quartier où Zidane a grandi. C’est devenu, avec le temps, un symbole de réussite possible depuis les cités populaires françaises.

Ce récit résonne particulièrement à l’heure où Zidane prend les rênes des Bleus, après la longue ère Deschamps. Le message touchant laissé par son prédécesseur a d’ailleurs marqué les esprits.
Pour beaucoup d’habitants de la Castellane, voir l’un des leurs devenir sélectionneur national, c’est une fierté immense. Une revanche silencieuse sur les clichés qui collent parfois aux quartiers populaires.
Alors si vous passez par Marseille cet été, prenez le temps d’un détour respectueux par la Castellane. Vous ne verrez peut-être rien d’extraordinaire, juste une place en béton. Mais vous marcherez sur les traces d’un gamin qui, un jour, a conquis le monde.