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« Tuer ma carrière » : Bardella accuse Mediapart et promet une guerre totale avant 2027

Publié par Elodie le 29 Sep 2026 à 14:58

Une conférence de presse improvisée à l’Assemblée nationale, un ton grave, des mots choisis avec soin. Jordan Bardella n’a pas laissé traîner l’affaire. Face à des accusations qui visent à salir son image à quelques mois de la présidentielle, il a promis de riposter frontalement. Reste à savoir jusqu’où ira cette bataille juridique et politique, et ce qu’elle révèle des tensions qui montent avant 2027.

Jordan Bardella

Une accusation qui tombe en pleine campagne présidentielle

Le contexte est loin d’être anodin. À moins d’un an de l’élection présidentielle de 2027, chaque révélation prend une dimension explosive. C’est dans ce climat sous tension que Mediapart a publié une enquête accusant Jordan Bardella d’avoir tenu des propos antisémites à l’été 2013, alors qu’il avait entre 17 et 18 ans.

Le président du Rassemblement national a immédiatement dénoncé une tentative de déstabilisation. Ce climat de suspicion s’inscrit dans une séquence plus large où le parti multiplie les fronts judiciaires, entre perquisitions et informations judiciaires qui pèsent déjà sur le RN à l’approche du scrutin.

Mardi 29 septembre, lors d’une conférence de presse tenue en urgence, Jordan Bardella a choisi la confrontation directe plutôt que le silence prudent. Une stratégie qui en dit long sur l’enjeu réel de cette affaire : sa crédibilité, à quelques mois d’un rendez-vous électoral majeur. Mais que contiennent exactement ces écrits que Mediapart affirme avoir authentifiés ?

Des messages vieux de treize ans ressurgissent

Selon Mediapart, l’enquête s’appuie sur des conversations privées que le média affirme avoir pu authentifier. Ces échanges dateraient de l’été 2013, au tout début de l’engagement de Jordan Bardella au Front national, l’ancêtre du RN. Un travail d’investigation mené sur plusieurs mois, précise le média.

Le contenu de ces messages, tel que retranscrit par Mediapart, est particulièrement lourd. Jordan Bardella aurait notamment écrit que « le juif doit dominer les autres peuples, les écraser et les voler », ajoutant qu’un « sioniste est forcément juif, et en profondeur ». D’autres passages évoqueraient un « Nouvel Ordre Mondial dominé par Israël, avec Jérusalem comme capitale ».

Des personnalités politiques de l’époque seraient également visées. Pierre Moscovici, alors ministre de l’Économie sous François Hollande, aurait été ciblé dans des termes que Mediapart reproduit intégralement. L’affaire dépasse déjà largement le simple couac de communication, tant chaque révélation semble avoir été préparée avec précision. Un soutien affiché à l’humoriste Dieudonné, déjà condamné à l’époque pour provocation à la haine, complèterait ce dossier accablant, selon les propos retranscrits par l’enquête de Mediapart.

Smartphone affichant des messages flous dans une pièce sombre

« Guerre totale » : la riposte frontale de Bardella

Face à ces accusations, la charge de Marine Le Pen contre Mediapart a précédé de peu celle de son poulain. C’est cette réplique qui donne toute sa dimension à l’affaire.

Jordan Bardella conteste formellement les écrits qui lui sont attribués. Il a annoncé son intention de déposer plainte, non seulement pour diffamation, mais aussi pour faux et usage de faux — une accusation grave qui suggère, selon lui, une possible manipulation des documents évoqués par Mediapart.

« Nos adversaires semblent obsédés par le RN mais nous sentons depuis plusieurs jours les prémices d’une guerre totale », a-t-il lancé, évoquant une « tentative de déstabilisation de la campagne présidentielle » qui viserait, selon lui, les cadres du parti « un par un ».

Il va plus loin en affirmant que « ce qui est en train de se passer depuis quelques heures a certainement été préparé depuis plusieurs mois », dans l’hypothèse où il serait candidat à la présidentielle.

C’est là, précisément, que se joue tout l’enjeu politique de cette séquence : transformer une accusation en preuve d’un complot organisé contre lui.

Ce que cette bataille juridique change pour la campagne

Marine Le Pen n’a pas tardé à monter au créneau à son tour. « Nous n’allons pas nous laisser faire », a-t-elle assuré, promettant de « démonter cette manipulation ». Une solidarité de façade qui masque mal l’inquiétude d’un parti qui sait à quel point une image écornée peut peser dans les urnes.

Cette affaire s’ajoute à une liste déjà longue de dossiers sensibles pour le RN à l’approche de 2027. Entre les difficultés de financement de campagne et les procédures judiciaires en cours, le parti peine à trouver des soutiens bancaires pour financer sa course à l’Élysée.

Reste une question qui plane sur toute la classe politique : Jordan Bardella pourra-t-il transformer cette bataille judiciaire en argument de campagne face à ses adversaires ? Le sondage évoquant une possible victoire dès le premier tour montre en tout cas que l’enjeu électoral reste immense, quoi qu’il arrive dans les prétoires.

Une chose est sûre : cette « guerre totale » ne fait probablement que commencer. Entre plaintes annoncées et contre-attaques médiatiques, l’affaire promet encore des rebondissements avant même que la campagne présidentielle ne batte véritablement son plein.

D’ailleurs, si cette séquence vous a semblé tendue, l’épisode où Bardella aurait proposé la présidence de l’Arcom à Cyril Hanouna pourrait bien vous surprendre autant.

Et si vous pensiez avoir tout vu sur les rapports houleux entre Bardella et la presse, le fiasco d’une précédente enquête du Monde sur ses vacances en Corse vaut vraiment le détour.

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