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« On sent qu’il doute » : deux experts démontent la prestation ratée de Glucksmann sur TF1

Publié par Elodie le 26 Août 2026 à 13:39
raphael glucksmann @telematin

Ce dimanche 23 août, Raphaël Glucksmann a officialisé sa candidature à la présidentielle sur le plateau du 20 heures de TF1. Un moment solennel, censé marquer son entrée dans la cour des grands. Mais sur les réseaux sociaux comme dans les analyses d’experts, l’accueil a été glacial. Sa gestuelle, son ton, sa manière de dérouler un texte visiblement appris par cœur : tout a été passé au crible. Deux spécialistes de la communication politique livrent un diagnostic sans complaisance sur ce lancement de campagne.

Une annonce solennelle qui tourne au malaise

« Je ne prends pas cette décision à la légère, surtout pas dans le moment qu’on est en train de traverser », a déclaré Raphaël Glucksmann face aux caméras. Une phrase pesée, presque trop, qui a immédiatement suscité des réactions moqueuses en ligne. Beaucoup d’internautes ont pointé une gestuelle rigide et un débit hésitant, loin de l’aisance attendue d’un candidat à l’Élysée.

« Quel mauvais orateur ! Il récite son texte appris par cœur, c’est terrible de fausseté », a résumé un internaute particulièrement remonté. D’autres commentaires, tout aussi cinglants, comparent sa prestation à une récitation scolaire ratée. Ce climat critique intervient alors que la course à 2027 s’annonce particulièrement disputée, avec des figures comme François Hollande qui observent la situation de près, prêts à intervenir en cas de faux départ à gauche.

Ce que révèlent vraiment les experts sur son blocage

Gaspard Gantzer, ancien conseiller communication de François Hollande à l’Élysée, ne mâche pas ses mots. « On sent qu’il y a quelque chose qui le bloque intérieurement, on sent qu’il semble douter lui-même de la pertinence d’être à cette place-là », analyse-t-il. Un constat qui rejoint celui d’Ariane Ahmadi, présidente de Kerman Consulting, spécialiste de la communication.

Selon elle, le problème dépasse la simple maladresse oratoire. « Le problème de Raphaël Glucksmann en l’état, c’est qu’on voit son anxiété », souligne-t-elle, avant d’ajouter que « les gens attendent d’un présidentiable qu’il arrive avec assurance ». Pourtant, l’homme n’est pas un novice : il a mené deux campagnes européennes et décroché la première place à gauche en 2024 avec 14 % des voix. Mais pour Ariane Ahmadi, « les élections européennes sont beaucoup moins exposées, moins incarnées » qu’une présidentielle. Une différence de calibre qui expliquerait ce trouble visible, très éloigné des envolées habituelles d’un Jean-Luc Mélenchon, lui aussi passé par TF1 pour annoncer sa candidature.

Lea Salame et Raphaël Glucksmann @DR

La stratégie électorale qui inquiète jusqu’à ses propres alliés

Au-delà du malaise télévisuel, une note interne a révélé le vrai visage de la stratégie glucksmannienne. Le 12 mai 2026, le média Politico dévoilait un document rédigé par un membre de son équipe, listant les électeurs jugés « plus difficilement mobilisables » : les 18-25 ans, les foyers gagnant moins de 1 500 euros, les catégories populaires et les habitants de banlieues. Une ligne assumée, mais explosive politiquement.

Autre choix stratégique décisif : le refus catégorique de toute alliance avec La France Insoumise. En renonçant à séduire l’électorat rassemblé derrière Mélenchon, « il va prendre les électeurs du Parti socialiste, tous les anciens électeurs du Macron de 2017, et peut-être une partie du centre-droit », décrypte Ariane Ahmadi. Elle y voit une tentative de reproduire l’ascension d’Emmanuel Macron en 2017, en captant un vaste centre politique.

Sauf que le contexte a radicalement changé depuis. « On sort de 10 ans de macronisme avec une impopularité majeure, une situation économique très détériorée, les électeurs ne voudront probablement pas répéter l’élection de 2017 », tempère Gaspard Gantzer. Un avertissement de taille pour un candidat dont la crédibilité présidentielle reste, pour l’instant, à construire.

Reste une question qui plane désormais sur toute la social-démocratie : Raphaël Glucksmann saura-t-il transformer ce début chaotique en dynamique de campagne, avant que François Hollande ne décide, en décembre, de tenter lui aussi sa chance ?

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