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La réponse magistrale de Jordan Bardella à Mediapart (video)

Publié par Mathieu le 06 Oct 2026 à 17:46

Interpellé ce mardi 6 octobre par un journaliste de Mediapart au siège du Rassemblement national, Jordan Bardella a refusé de répondre sur le fond des messages antisémites que le site lui attribue. Le président du RN a préféré contre-attaquer, en visant directement les journalistes et le fondateur du média. Une séquence de près de trois minutes, devenue virale sur TikTok.

Une question simple, posée en pleine présentation du programme

La scène se déroule lors de l’échange avec la presse qui suit la présentation du programme économique de Marine Le Pen pour la présidentielle, au siège du parti. Un journaliste de Mediapart prend la parole et pose une question directe.

« Vous avez bien eu un compte Messenger en 2013, si je ne me trompe pas ? Nos documents viennent des serveurs de Meta. Donc, exactement, qu’est-ce qui est faux dans les révélations de Mediapart, s’il vous plaît ? »

La question renvoie au cœur de la méthode revendiquée par le site d’investigation : une extraction des conversations obtenue directement auprès de Meta, puis authentifiée par un commissaire de justice.

La riposte : « Je conteste vos preuves et je conteste vos sources »

Jordan Bardella ne répond pas sur l’existence du compte Messenger. Il ouvre sur une source de Mediapart qui, selon lui, aurait confié la veille avoir été « manipulée » par le journal et l’aurait traité de « menteurs ». Il ajoute être « un petit peu mal à l’aise » à l’idée même de devoir rendre des comptes au média.

Il s’en prend ensuite au journaliste auteur de l’enquête, absent de la salle, en évoquant son passé militant et de supposées condamnations. Ces affirmations n’ont pas pu être vérifiées et n’engagent que le président du RN.

Sur le fond, la ligne ne bouge pas :

« Je conteste formellement vos accusations, je conteste vos preuves et je conteste vos sources. Nous aurons l’occasion d’en discuter devant les tribunaux. »

Il annonce que de « nouvelles suites judiciaires » au second article de Mediapart sont en préparation par son avocat, Me Garbarini.

« Les Français seront juges » de ces méthodes

Bardella accuse ensuite Mediapart de contacter « un à un » ses anciens camarades de collège et de lycée. Le but, selon lui : récupérer des conversations privées et des captures d’écran d’échanges qu’il aurait eus entre 12 et 16 ans. Il dit ne pas vouloir qualifier ces méthodes de « perversité », tout en laissant les Français juges.

Il ironise enfin sur l’impact de l’enquête, qui selon lui « n’a pas l’air d’avoir beaucoup imprimé dans le pays ». « Vous auriez adoré me voir poser le genou à terre, mais c’est très mal me connaître », lance-t-il.

Le 7 octobre en toile de fond

@soutien.rn

#mediapart#bardella#jordanbardella#rassemblementnational#soutienrn

♬ son original – Soutien RN

Dernière salve, à la veille de l’anniversaire des attaques du Hamas du 7 octobre 2023 : « Je n’ai aucune leçon à recevoir sur la lutte contre l’antisémitisme ». Bardella vise alors le fondateur de Mediapart, à qui il reproche d’anciens écrits publiés sous pseudonyme, ainsi que deux journalistes du site qu’il dit avoir été condamnés en 2024. Ces dernières accusations n’ont pas été vérifiées à ce stade.

Ce que Mediapart affirme depuis le 28 septembre

Le 28 septembre, Mediapart a publié des messages antisémites et complotistes datés de 2013, qu’il attribue à Jordan Bardella, alors militant de 17 ans. Le 1er octobre, un second article a détaillé la méthode d’authentification revendiquée.

Selon le site, l’interlocuteur de l’époque a demandé à Meta une archive de la conversation Messenger, extraction ensuite authentifiée par un commissaire de justice (France 24). Mediapart s’appuie aussi sur des anecdotes qui recoupent celles de l’autobiographie publiée par Bardella en 2024.

Jordan Bardella dément être l’auteur des messages. Il dénonce des « montages grossiers » et des captures d’écran « manipulables » (franceinfo). Emmanuel Macron a de son côté qualifié les propos rapportés de « gravissimes et inacceptables », tandis que le RN fait bloc derrière son président.

La bataille se jouera devant les tribunaux

Jordan Bardella a déjà déposé une plainte en diffamation et annoncé une plainte pour « faux et usage de faux ». Ce mardi, il évoque de nouvelles procédures visant le second article.

L’enjeu est double : si Mediapart est relaxé, la justice pourrait de fait conforter l’attribution des messages à Bardella. À l’inverse, une réquisition de Meta sur les données de connexion du compte pourrait trancher la question de l’authenticité. En attendant, chaque camp maintient sa version.

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