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« Il n’y a rien d’antisémite chez lui » : l’ex de Bardella, d’origine juive, sort du silence après Mediapart

Publié par Elodie le 30 Sep 2026 à 8:17

Quand Mediapart publie une enquête explosive sur Jordan Bardella, tout le monde attend la réaction du clan RN. Mais c’est une autre voix qui s’est élevée, celle d’une femme qui dit avoir vécu à ses côtés à l’époque des faits reprochés. Son nom circule depuis mardi sur X. Et son argument tient en une phrase qu’elle a pesée avant de la publier.

Jordan Bardella

Une enquête de Mediapart, des messages de 2013 et un démenti immédiat

Le lundi 28 septembre 2026, Mediapart a publié une enquête attribuant à Jordan Bardella des écrits antisémites. Ils dateraient de l’été 2013, quand il avait 17 ans et militait au Front national.

Selon le média, ces messages proviennent de conversations privées qu’il affirme avoir authentifiées. L’un d’eux contiendrait une phrase très dure sur les juifs, que nous ne reproduirons pas dans son intégralité. Toujours d’après Mediapart, le jeune militant aurait aussi soutenu Dieudonné, déjà condamné pour provocation à la haine, en parlant d’« un vrai combat d’idées ».

La riposte a été immédiate. Dès le lundi soir sur CNews, le président du RN a dénoncé des « faux grossiers » et annoncé une plainte en diffamation. Devant les caméras, à l’Assemblée nationale, il a accusé Mediapart de vouloir le « tuer politiquement ».

Comme pour toute accusation contestée, la présomption d’innocence s’applique. Le dossier a déjà provoqué une riposte en cascade, à lire avec la promesse d’une guerre totale avant 2027. Mais le plus troublant vient d’un témoin qu’on n’attendait pas.

Kelly Betesh : la militante qui connaît Bardella depuis ses débuts

Kelly Betesh n’est pas une inconnue de la galaxie frontiste. Selon Gala, elle a rencontré Jordan Bardella en s’engageant au Front national. Ensemble, ils ont mené plusieurs campagnes, dont les régionales de 2015 en Île-de-France.

Cette année-là, elle apparaissait même sur une affiche du parti avec le slogan « Choisissez votre banlieue ». Leur rupture a été officialisée en 2018, dans une interview à Vice. Depuis, elle n’a jamais cessé de soutenir son ex sur les réseaux sociaux.

Côté parcours, elle a multiplié les casquettes. Ancienne juriste en droit médical, elle a été collaboratrice parlementaire au Parlement européen de 2017 à 2019, puis à l’Assemblée nationale de 2022 à 2023, toujours selon Gala.

Elle a ensuite changé radicalement de voie. Diplômée sage-femme le 30 août 2024, elle exerce désormais dans les hôpitaux de Paris. Elle a aussi déjà évoqué publiquement ses origines juives, ce qui donne un poids particulier à sa prise de parole.

Jordan Bardella n’est pas le seul à déclencher des réactions en chaîne. La charge de Marine Le Pen contre Mediapart en est une preuve. Reste à savoir ce que Kelly Betesh a exactement écrit, et pourquoi elle a attendu.

Smartphone posé sur un bureau devant un bâtiment institutionnel

« Je ne l’ai jamais entendu » : ce que dit vraiment l’ex-compagne

Le mardi 29 septembre 2026, Kelly Betesh a publié son message sur X, après avoir été, dit-elle, assaillie de sollicitations. Elle a préféré « répondre une seule fois et publiquement ». Un rappel des écrits attribués à Bardella en 2013 permet de mesurer l’enjeu de sa déclaration.

Son argument repose sur sa place aux premières loges. Elle assure avoir « partagé la vie de Jordan pendant deux ans, précisément à l’époque dont il est question ». Elle dit avoir passé avec lui l’essentiel de son temps, avec leurs amis comme lors d’événements politiques.

Puis vient la phrase qui résume sa défense : « Je ne l’ai jamais entendu tenir le moindre propos antisémite, ni exprimer de convictions allant dans ce sens. » Elle ajoute : « Pour des raisons évidentes, je n’aurais tout simplement pas pu partager sa vie si cela avait été le cas. »

Il s’agit évidemment de sa propre version. Un témoignage personnel ne tranche pas l’authenticité de messages privés que Mediapart dit avoir vérifiés, et que Jordan Bardella qualifie de faux. Mais il s’agit d’un regard direct sur la période en cause, et c’est ce qui le rend si relayé.

Kelly Betesh ne s’arrête pas là. Elle vise aussi une partie de la presse, en invitant ceux qui « préfèrent recycler les mêmes polémiques plutôt que faire un véritable travail d’information » à « renouveler le répertoire ». Sa chute est restée dans les mémoires : « À force de réchauffer les mêmes histoires, même la polémique finit par être froide. »

Ce qui reste ouvert après cette prise de parole

Le dossier est loin d’être clos. Jordan Bardella a annoncé une plainte en diffamation, et c’est sur ce terrain que la question des messages pourrait se jouer. Mediapart, de son côté, maintient son enquête.

Dans un contexte où la présidentielle de 2027 se rapproche, chaque polémique prend une résonance politique. Le clan RN serre les rangs, comme on l’a vu avec la campagne de Marine Le Pen lancée en Sarthe avec Bardella.

Reste la question de la communication. Le président du RN a choisi la riposte frontale, sur CNews puis à l’Assemblée. Le témoignage d’une ex-compagne d’origine juive est un renfort précieux pour son camp, même s’il ne constitue pas une preuve au sens judiciaire.

Ce n’est pas la première fois que le patron du RN est bousculé par la presse. Quand il s’agit de médias, l’épisode de la présidence de l’Arcom proposée à Hanouna montre que ses relations avec le monde médiatique restent mouvementées.

À surveiller dans les prochains jours : le dépôt effectif de la plainte, la suite que donnera Mediapart, et d’éventuels autres témoignages de proches de cette période.

Une ex-compagne, deux ans de vie commune, une phrase sans appel : le témoignage de Kelly Betesh pèse, sans clore le débat. Et si vous croyez que la scène politique n’a plus de surprises, le malaise que le RN peine à cacher va vous intriguer. Et pour savoir qui partage vraiment le quotidien du président du RN, la vérité sur la femme de sa vie réserve son lot de détails.

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