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Macron pourrait-il vraiment repousser la présidentielle 2027 en cas de guerre ?

Publié par Elodie le 25 Sep 2026 à 14:40

Sur les réseaux sociaux, la théorie tourne en boucle depuis plusieurs semaines : Emmanuel Macron chercherait à faire entrer la France en guerre pour activer un article de la Constitution et rester à l’Élysée au-delà de 2027. Une hypothèse déjà évoquée par Ségolène Royal fin 2025, relancée par une réunion avec les chefs de partis à l’approche du scrutin. Alors, fantasme ou vraie faille juridique ? Une constitutionnaliste a démonté le scénario point par point.

emmanuel macron cote popularité augmenteee - copie

Une théorie qui enflamme les réseaux avant la présidentielle 2027

Le calendrier est fixé : premier et second tours les 18 avril et 2 mai 2027. Après deux mandats consécutifs, la Constitution interdit à Emmanuel Macron de se représenter. C’est précisément ce cadre que la théorie virale cherche à contourner.

Selon ses partisans, le président impliquerait toujours plus la France dans le conflit entre l’Ukraine et la Russie pour provoquer une frappe de Moscou sur le territoire national. La réunion organisée à l’Élysée avec les candidats déclarés, ainsi qu’une prise de parole présidentielle, seraient les signes annonciateurs de ce plan, selon plusieurs internautes. La course à 2027 alimente déjà les tensions dans le paysage politique.

Premier obstacle juridique : le président de la République n’a pas le pouvoir de déclarer la guerre seul. L’article 35 de la Constitution exige une autorisation du Parlement. Anne Levade, professeure de droit public à Paris-1 Panthéon-Sorbonne, est formelle sur ce point : toute violation délibérée exposerait le chef de l’État à une procédure de destitution.

Ce que la Constitution prévoit vraiment pour reporter un scrutin

Deuxième point, souvent oublié par les internautes convaincus : rien dans la Constitution ne prévoit qu’une élection soit reportée en cas de guerre déclarée. Anne Levade est catégorique sur ce vide juridique volontaire.

Le président n’intervient d’ailleurs pas dans la fixation de la date du scrutin. Ce calendrier revient tous les cinq ans, et c’est au gouvernement qu’il appartient de convoquer le corps électoral, pas à l’Élysée. Ce détail suffit déjà à fragiliser toute la théorie.

Les seuls reports envisagés figurent à l’article 7 de la Constitution. Ils concernent uniquement le décès ou l’empêchement d’un candidat déclaré, dans les sept jours précédant le premier tour ou pendant l’entre-deux-tours, pour un report plafonné à 35 jours. C’est loin, très loin, d’une annulation générale du scrutin. Le climat politique agité autour de 2027 n’y change rien juridiquement.

Texte constitutionnel imprimé ouvert sur un bureau avec des lunettes de lecture

L’article 16, la vraie arme fantasmée qui ferait « pschitt »

Reste un scénario extrême : si la France était directement bombardée ou occupée, la tenue même des bureaux de vote deviendrait matériellement impossible. C’est là qu’entre en jeu la notion de force majeure, déjà utilisée en 2022 à Mayotte après une catastrophe climatique, selon Anne Levade.

Autre piste théorique : l’état de siège, prévu en cas de péril imminent lié à une guerre étrangère. Mais il ne dure que douze jours, sauf prolongation votée par le Parlement, et ne concerne en rien l’organisation d’une élection présidentielle.

Reste enfin l’arme brandie par les partisans de la théorie : l’article 16, censé donner les pleins pouvoirs. Anne Levade y voit un pur « fantasme » : ses conditions sont très restrictives, et le Conseil constitutionnel publie systématiquement un avis. Ce garde-fou a été ajouté après le seul usage abusif de l’article par le général de Gaulle pendant cinq mois durant la guerre d’Algérie.

Sa conclusion tranche net : même activé « contre l’avis du Conseil constitutionnel », celui-ci pourrait être saisi au bout de trente jours pour trancher. « Il n’y aurait aucun sens à l’activer pour annuler ou reporter sine die une élection et encore moins pour installer une dictature pour les 25 prochaines années. Ce serait un coup d’État qui fait pschitt », résume-t-elle.

Fantasme viral, donc, plus que faille constitutionnelle : la théorie ne résiste pas à la lecture des textes. Et si ce genre de scénario politique fait recette sur les réseaux, d’autres polémiques bien réelles secouent déjà l’exécutif cet automne. Sans oublier ce dossier resté secret pendant des décennies : une ville de l’armée américaine ensevelie sous la glace continue, elle, de faire parler d’elle.

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