Manon Aubry filmée en maillot de bain sur un voilier : elle s’indigne d’être comparée à Bernard Arnault
Une vidéo volée, un maillot de bain et un voilier. Il n’en fallait pas plus pour que l’eurodéputée LFI Manon Aubry se retrouve au cœur d’une tempête numérique orchestrée par l’extrême droite. Sauf que la mise au point de l’élue, chiffres à l’appui, a retourné l’affaire comme une crêpe — et sa réplique à Jordan Bardella risque de laisser des traces.

Un tweet sur Bernard Arnault, puis le retour de flamme
Tout part d’une séquence de Yann Barthès dans laquelle le présentateur affirme que tout le monde est « logé à la même enseigne » face à la canicule, y compris les milliardaires. Manon Aubry réagit au quart de tour. Elle publie une photo du yacht supposé de Bernard Arnault avec une légende acide : l’homme d’affaires ne serait « pas du tout responsable » du réchauffement climatique selon cette logique.
Le trait d’ironie fait mouche, mais la riposte ne tarde pas. Quelques heures plus tard, une vidéo privée de l’eurodéputée, filmée à son insu en maillot de bain sur un bateau, commence à circuler massivement. L’extrême droite s’en empare immédiatement. Le mot « hypocrisie » revient en boucle. On l’accuse de profiter de l’argent du contribuable pour s’offrir un train de vie de milliardaire.
Le parallèle entre son voilier familial et les superyachts des ultra-riches s’installe comme une évidence sur les réseaux. Une évidence que l’intéressée va démolir méthodiquement. Mais avant de contre-attaquer, Manon Aubry dénonce d’abord une violation de sa vie privée. Être traquée et filmée à son insu, pour elle, dépasse le simple jeu politique.
70 euros par jour et par personne : les chiffres qui cassent le mythe
L’ancienne porte-parole d’Oxfam choisit la transparence totale. Dans un long message publié sur X, elle détaille les circonstances de cette sortie en mer. Il ne s’agit pas d’un yacht privé mais d’un simple voilier de location, réservé un an à l’avance pour fêter l’anniversaire de son père.
Le coût ? 70 euros par personne et par jour, partagé entre tous les membres de la famille. On est loin des dizaines de millions d’euros que vaut le yacht de Bernard Arnault. L’escapade s’est déroulée dans la région où elle a grandi, précise-t-elle, comme pour souligner la banalité de l’événement.
Sa formule résume tout : « Quand je dénonce les yachts de luxe, l’imbécile regarde le bateau à voile. » Elle pousse l’ironie un cran plus loin en comparant la situation à celle où on lui reprocherait de conduire une Clio après avoir critiqué les Porsche. Un parallèle qui fait mouche sur les réseaux.
L’élue LFI rappelle aussi un chiffre qui pèse lourd dans le débat : 1 % des plus riches de la planète génèrent plus de deux fois les émissions de carbone de la moitié la plus pauvre de l’humanité. Pour elle, le vrai sujet reste les milliardaires et les grandes entreprises, pas les vacances des classes moyennes.

Bardella tente l’ironie, Aubry le renvoie dans les cordes
La polémique aurait pu s’arrêter là. C’était sans compter l’intervention de Jordan Bardella. Le président du Rassemblement National publie un message au soutien visiblement feint, dénonçant les attaques sur la vie privée tout en accusant LFI de pratiquer exactement la même chose « toute la journée » avec ses opposants.
Manon Aubry ne laisse pas passer. Sa réponse est chirurgicale : elle n’a pas besoin de son soutien. Et elle enfonce le clou avec une référence à peine voilée au couple médiatique de Bardella avec Maria Carolina de Bourbon des Deux-Siciles. « La différence entre vous et moi, c’est que je n’organise pas de fausse paparazzade pour me mettre en scène avec une héritière royale. »
L’échange, vif et public, illustre la brutalité du jeu politique sur les réseaux sociaux en 2026. Une vidéo privée volée, une accusation d’hypocrisie montée en quelques heures, un échange d’insultes au sommet — tout se joue en temps réel, à coups de tweets rageurs et de captures d’écran partagées des milliers de fois.
Pour Manon Aubry, cette offensive coordonnée de la « fachosphère » n’est rien d’autre qu’un écran de fumée. Une diversion destinée à masquer, selon elle, « la vacuité » du programme de ses adversaires face aux enjeux climatiques et sociaux. L’argument fera-t-il mouche au-delà de sa base militante ? C’est une autre histoire.
À 70 euros la journée, le voilier de Manon Aubry est probablement la polémique politique la moins chère de l’année. Reste une question qui dépasse largement le cas de l’eurodéputée : à l’heure où n’importe qui peut être filmé à son insu et jeté en pâture en quelques minutes, où place-t-on la frontière entre critique politique légitime et atteinte à la vie privée ?