Mélenchon annule sa venue au 20h de TF1 et accuse Anne-Claire Coudray de relayer les « calomnies racistes d’Édouard Philippe »

Le 20 heures de TF1 devait accueillir Jean-Luc Mélenchon ce lundi 2 novembre. Il n’y sera finalement pas. Sa décision tombe quelques minutes après l’interview d’Édouard Philippe, et elle est accompagnée d’un message d’une rare violence visant la présentatrice. Un mot en particulier, lâché sur X, explique tout le séisme.
Un message sur X, quelques minutes après l’interview d’Édouard Philippe
Tout part d’un post publié sur X. Jean-Luc Mélenchon y annonce qu’il annule sa participation au journal de 20 heures de TF1, initialement prévue ce lundi 2 novembre.
Le déclencheur, c’est l’entretien d’Édouard Philippe avec Anne-Claire Coudray. Le maire du Havre y est revenu sur les violences survenues lors des manifestations du 17 octobre. Un sujet explosif, abordé sans détour.
Face à la journaliste, l’ancien Premier ministre a évoqué une « surreprésentation » de jeunes issus de l’immigration parmi les auteurs de ces violences. Selon lui, ce constat révèle un échec de l’intégration en France. C’est un tournant de l’interview, et le futur invité du 20h l’a mal pris.
Pour mesurer à quel point, il faut avoir en tête l’historique entre le leader insoumis et ce JT, comme le montre son annonce de candidature prévue sur ce même plateau.
Car le rendez-vous n’avait rien d’anodin. Et la suite de l’interview a tout précipité.
Les mots exacts de Mélenchon contre Coudray et Philippe
Interrogé par Anne-Claire Coudray sur les conclusions qu’il tirait de ce constat, Édouard Philippe n’a pas reculé. Il a maintenu ses déclarations et affirmé qu’il fallait regarder cette réalité « les yeux dans les yeux ».
La réaction de Jean-Luc Mélenchon a été immédiate. Sur son compte, le leader de La France insoumise a écrit : « Anne-Claire Coudray reprend à son compte les calomnies racistes d’Édouard Philippe. Lequel déroule son discours dégoûtant sans être interrompu. Lundi, je n’irai pas au 20 heures de cette chaîne. »
Deux cibles, donc. L’invité d’abord, accusé de tenir un discours « dégoûtant ». La présentatrice ensuite, soupçonnée de ne pas l’avoir interrompu. Ce n’est pas la première fois que les deux hommes s’écharpent, et le ton rappelle le fameux « Tu vas rentrer chez toi ! » lancé à Paimpont.
Reste à comprendre pourquoi la rupture avec TF1 prend cette ampleur. La réponse tient à un climat plus large.
Un climat de défiance qui dépasse ce seul JT

Cette polémique s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Jean-Luc Mélenchon et plusieurs médias. Il leur reproche régulièrement leur traitement de l’actualité politique.
Depuis l’attentat raciste de Trappes, les Insoumis accusent notamment certaines chaînes de télévision de laisser se multiplier des discours qu’ils jugent racistes. L’annulation s’inscrit donc dans une ligne assumée.
Anne-Claire Coudray n’est pas non plus une inconnue de ces joutes, puisqu’elle avait déjà retourné la formule de Mélenchon contre lui en direct. L’épisode du jour prolonge donc un bras de fer.
Sur les réseaux, les réactions ont fusé, souvent très dures dans les deux sens. Certains ironisent sur l’absence du leader insoumis, d’autres l’accusent de fuir le débat, quand ses soutiens saluent un refus de cautionner l’interview. Le fond du dossier reste, lui, loin d’être tranché, et il pèse aussi sur la gauche, comme le suggère ce sondage où 7 Français sur 10 voient sa candidature comme un boulet.
Autre inconnue : TF1 n’a pas encore réagi dans les éléments dont on dispose.
Une chaise vide au 20h, un message cinglant, et une présidentielle qui approche. Le face-à-face entre Mélenchon et les grands médias ne fait visiblement que commencer.
Et si cette absence n’était qu’un épisode d’une campagne qui s’annonce électrique ? Le troisième homme que personne n’a vu venir en 2027 pourrait bien rebattre les cartes. Et le tweet que Glucksmann aimerait faire oublier, cette phrase sur Mélenchon et Le Pen, est tout aussi explosif.