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« On leur pisse dessus » : la phrase de Glucksmann sur Mélenchon et Le Pen qui lui retombe dessus

Publié par Elodie le 04 Oct 2026 à 8:10
« On leur pisse dessus » : la phrase de Glucksmann sur Mélenchon et Le Pen qui lui retombe dessus

Une réunion politique, une caméra qui tourne, et un ton que le grand public ne lui connaît pas. Raphaël Glucksmann, d’ordinaire champion de la nuance, se retrouve au cœur d’une polémique après la diffusion d’images tournées en privé. Une formule très crue vise à la fois Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, et la riposte du leader insoumis est tombée très vite.

Une réunion à huis clos, une vidéo rendue publique : l’image soignée de Glucksmann fissurée

Tout part d’images enregistrées le 17 septembre lors d’une réunion politique. Elles ont été rendues publiques un vendredi et ont rapidement circulé sur les réseaux. L’eurodéputé y parle sans filtre des rapports de force à gauche.

Le contraste saute aux yeux. En public, Raphaël Glucksmann cultive une image de modération, de mots pesés et de refus de la brutalité en politique. Dans cette séquence, le ton est très éloigné de celui qu’il adopte habituellement devant les micros.

Il y revient sur plusieurs débats récents et sur l’état de la gauche, où la question des alliances reste un point de fracture. D’un côté, ceux qui refusent toute entente avec Jean-Luc Mélenchon. De l’autre, ceux qui veulent maintenir une stratégie d’union.

Ce climat de tension prend une dimension particulière à quelques mois de la présidentielle de 2027, alors que les sondages sur la course à l’Élysée alimentent déjà toutes les spéculations. Dans ce contexte, chaque mot prononcé en coulisses peut devenir une arme.

Et ce soir-là, les mots n’ont pas été choisis avec précaution. Mais qu’a-t-il reproché, précisément, à ses deux cibles avant d’en arriver là ?

Mélenchon « dépassé », Le Pen et l’identitaire : le raisonnement qui précède la formule

Raphaël Glucksmann s’en prend d’abord à Jean-Luc Mélenchon, qu’il décrit comme dépassé sur les questions économiques. C’est un reproche de fond, formulé sur le registre de la compétence. Rien de vulgaire à ce stade.

Il se tourne ensuite vers Marine Le Pen. Selon lui, elle ramènerait le débat politique aux questions identitaires, pour l’enfermer sur un seul terrain.

Vient alors le grief le plus piquant. Il reproche au chef de file de La France insoumise de répondre sur ce même terrain, notamment autour du voile et de l’abaya. Autrement dit, Mélenchon suivrait l’agenda que Marine Le Pen impose au lieu d’en imposer un autre.

Ce procès politique n’arrive pas par hasard. Il s’inscrit dans un moment où le poids de la candidature Mélenchon à gauche fait débat jusque dans son propre camp, et où chacun cherche à occuper l’espace.

Jusque-là, on reste dans la joute politique, sévère mais classique. C’est dans cette même séquence que l’eurodéputé lâche la phrase qui déclenche aujourd’hui la polémique.

La voici : « Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen ? On leur pisse dessus ! » Une formule particulièrement vulgaire, qui vise les deux personnalités à la fois. Elle tranche brutalement avec l’image de modération que Raphaël Glucksmann met régulièrement en avant.

Reste une question : comment Jean-Luc Mélenchon a-t-il réagi en découvrant la vidéo ? Sa réponse tient en quelques lignes, et elle est loin d’être anodine.

Smartphone posé sur une table de réunion affichant une vidéo floue

La riposte de Mélenchon : « la méthode de la nuance » retournée contre son rival

https://x.com/JLMelenchon/status/2106406011821019409

La gauche n’en est pas à sa première passe d’armes publique, comme l’a montré le moment où Coudray a retourné une formule de Mélenchon contre lui. Mais cette fois, la réplique est écrite, et elle est ironique.

Jean-Luc Mélenchon a réagi rapidement après la publication. Il dénonce la « méthode de la nuance » de son adversaire. Dans son message, il affirme que, dans une vidéo postée par des amis qui enregistraient la conversation, Raphaël Glucksmann prétend qu’il lui « pisse dessus ».

Il ajoute que son rival annonçait quelques semaines plus tôt vouloir le « plier » politiquement. Et il rappelle, avec sarcasme, le « refus de la brutalisation » que l’eurodéputé recommande en public.

Voilà le vrai enjeu de l’affaire. Pour le leader insoumis, Raphaël Glucksmann tiendrait en privé un discours bien plus brutal que celui qu’il affiche publiquement. L’attaque ne porte plus sur le fond du désaccord, mais sur la sincérité de son image.

C’est ce que ses adversaires cherchent à exploiter : l’écart entre un discours public très maîtrisé et la violence de certains propos tenus lors de réunions plus confidentielles. Une faille d’image plus qu’une faille d’idées.

Un internaute résume l’opinion de ceux qui voient là une erreur, en parlant d’une « jolie phrase pour un politique » et en jugeant qu’il « s’est grillé ». Cela reste, bien sûr, un avis parmi d’autres.

Ce que cette vidéo peut changer pour la gauche jusqu’à 2027

Pour l’instant, le silence domine du côté de l’intéressé. Selon les informations disponibles, son entourage n’avait pas apporté d’explications détaillées sur ces propos. Marine Le Pen, elle aussi directement visée, n’avait pas immédiatement réagi publiquement le samedi soir.

Ce silence laisse le champ libre aux commentaires. Et la diffusion de la vidéo risque d’alimenter encore davantage les tensions entre les différents camps, à gauche comme ailleurs.

Car les relations avec La France insoumise sont devenues l’un des principaux sujets de fracture. Chaque camp scrute la moindre phrase de l’autre, surtout quand les ambitions s’affichent, à l’image de la candidature d’Olivier Faure face à Glucksmann.

Dans ce paysage, la formule vulgaire pourrait devenir un argument de campagne. Elle donne à ses rivaux un angle simple, immédiatement compréhensible : le contraste entre le ton public et le ton privé.

Pour autant, rien n’indique à ce stade que l’épisode soit durablement fatal. Tout dépendra de la manière dont l’eurodéputé choisira, ou non, de s’expliquer.

D’autres scénarios s’invitent déjà dans la discussion à gauche, comme l’hypothèse d’une candidature de Matthieu Pigasse, qui agace jusqu’à son propre camp. Chaque polémique redistribue un peu les cartes.

Une chose est sûre : à quelques mois de l’échéance, un mot de trop pèse plus lourd qu’un programme entier.

Une phrase de coulisses aura donc suffi à rouvrir le débat sur le décalage entre l’image publique et le verbe privé. Et si cette séquence n’était pas la seule à embarrasser l’entourage de l’eurodéputé, la polémique sur le retrait de Léa Salamé du 20h a mis le feu aux réseaux d’une tout autre façon. Quant à Marine Le Pen, que signifie vraiment le fait que son nom recule pour la première fois dans un sondage ?

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