Sondage 2027 : Mélenchon décroche, Glucksmann grimpe, Le Pen reste hors de portée

Chaque nouveau sondage pour 2027 ressemble à un thermomètre qu’on scrute avec anxiété. Cette fois, c’est un baromètre Elabe publié samedi pour BFMTV et La Tribune Dimanche qui rebat les cartes à gauche. Et le résultat surprend : deux candidats qu’on pensait dans la même dynamique prennent des chemins radicalement opposés.
Une gauche qui se fissure à un an et demi du scrutin
Le constat est sans appel : Marine Le Pen caracole toujours en tête des intentions de vote, entre 34% et 35,5% selon les configurations testées. Un score qui ne bouge quasiment pas depuis juillet, preuve que son socle électoral reste solide malgré les turbulences judiciaires et politiques des derniers mois.
Mais c’est plus bas dans le classement que les choses bougent vraiment. Contrairement à d’autres études parues cette semaine, ce sondage Elabe ne confirme pas la montée en puissance de Jean-Luc Mélenchon. Le leader insoumis perd deux points par rapport à juillet, tombant à 14% dans une configuration où Édouard Philippe serait le candidat unique du bloc central.
L’ex-Premier ministre, lui, engrange 0,5 point supplémentaire et grimpe à 17%. De quoi rebattre les pronostics sur qui accédera vraiment au second tour, dans une configuration politique déjà scrutée de très près par les commentateurs, notamment après les propositions récentes d’Édouard Philippe sur les retraites.
Glucksmann grignote du terrain, Mélenchon perd sa dynamique
Le vrai twist de ce sondage se niche dans la quatrième position. Raphaël Glucksmann, qui vient tout juste de se déclarer candidat via la primaire organisée avec le Parti socialiste, gagne un point à 11,5%. Un chiffre modeste en apparence, mais qui cache une dynamique bien plus spectaculaire selon les scénarios.
Car dans une configuration où Gabriel Attal représenterait le bloc central plutôt qu’Édouard Philippe, tout change. Glucksmann grimpe alors à 14%, soit trois points de plus qu’en juillet. Résultat : il fait désormais jeu égal avec Jean-Luc Mélenchon pour la deuxième place qualificative, pendant que Gabriel Attal recule de 1,5 point à 12%.
Et si le PS choisissait un autre visage pour porter la ligne social-démocrate ? Les chiffres changent du tout au tout. Avec François Hollande, le score plafonne entre 7,5% et 8%. Avec Olivier Faure, patron du PS, il chute à 3,5%. Dans les deux cas, c’est Édouard Philippe qui en profiterait le plus, un scénario qui rappelle les discussions autour d’un possible référendum évoquées par Gabriel Attal sur les grandes réformes à venir.

Le second tour reste verrouillé pour Le Pen, sauf face à un adversaire
Derrière ce mouvement à gauche, le reste du paysage politique bouge peu. Bruno Retailleau, président des Républicains, oscille entre 6% et 9,5% selon les configurations testées. Éric Zemmour plafonne autour de 4%, tandis que Marine Tondelier et Fabien Roussel se disputent la troisième place la plus modeste, entre 3% et 4% chacun. Testé pour la première fois dans ce type de baromètre, le maire de Cannes David Lisnard récolte entre 3% et 3,5% des intentions de vote.
Mais le vrai enseignement de ce sondage se trouve au second tour. Dans tous les scénarios, Marine Le Pen l’emporte. Face à Édouard Philippe, elle atteint 52,5%, en légère hausse de 0,5 point. Face à Gabriel Attal, le score grimpe à 57%, soit trois points de plus qu’en juillet. Et face à Jean-Luc Mélenchon, l’écart devient un gouffre : 69,5%, en progression de deux points.
Il existe pourtant une exception, et elle porte un nom : Raphaël Glucksmann. C’est le seul cas de figure où Marine Le Pen recule par rapport à juillet. Elle resterait certes victorieuse avec 57% des voix, mais en baisse de 1,5 point.
Un signal faible, mais un signal quand même, pour celui qui incarne désormais l’autre option de la gauche face à Jean-Luc Mélenchon.
Ce sondage a été réalisé en ligne du 26 au 28 août auprès de 1378 personnes représentatives de la population française, avec une marge d’erreur comprise entre 1,1 et 3,1 points.
Un an et demi avant l’échéance, la partie de gauche ressemble déjà à un duel à distance entre deux hommes que tout semblait opposer. La suite s’écrira sans doute au fil des primaires et des choix du bloc central. Une chose est sûre : à ce stade, personne ne peut prédire qui portera vraiment les couleurs de la gauche en 2027.