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« Trop gros, pas droit aux soins » : bloqué au lit à 82 ans, Jacques paie 722€ chaque trajet en ambulance

Publié par Cassandre le 19 Sep 2026 à 19:33

À Montfavet, dans le Vaucluse, un homme de 82 ans ne peut plus se rendre à l’hôpital. Pas par choix, mais parce que le trajet lui coûte une fortune. Son fils dénonce une situation qu’il juge profondément injuste.

Un corps trop lourd pour le système de santé

Jacques Sinot est alité. Il ne peut plus se lever seul de son lit, et son obésité impose l’usage d’un matériel médical bien spécifique pour tout déplacement. Un simple rendez-vous à l’hôpital nécessite une ambulance dite bariatrique, équipée d’un brancard renforcé capable de supporter son poids.

Son fils, Florent Sinot, raconte la réalité quotidienne à nos confrères d’Ici Vaucluse : chaque sortie médicale devient une opération logistique et surtout financière. Un problème d’accès aux soins qui s’ajoute à d’autres failles déjà identifiées dans le système, comme le manque de dépistage précoce de certaines pathologies liées à l’âge.

Le cœur du problème, c’est le remboursement. L’Assurance maladie ne prend en charge qu’une part minime de ce transport spécialisé. Le reste retombe intégralement sur les épaules de la famille, qui doit choisir entre payer et se soigner, ou renoncer. Une équation impossible qui touche aussi d’autres publics fragiles, à l’image des situations méconnues ouvrant droit à un dégrèvement mais jamais activées par manque d’information.

722 euros le trajet : la facture qui bloque tout

Le chiffre parle de lui-même. « Dans notre cas, le trajet est de 722 euros, donc ça fait très cher le petit déplacement », déplore Florent Sinot. Résultat : son père a fini par renoncer à ses rendez-vous médicaux, faute de pouvoir assumer ce coût de manière répétée.

Du côté des professionnels, on justifie ces tarifs par l’investissement en matériel. Franck Foray, directeur de Jussieu Secours au Pontet, seul prestataire du département pour ce type de transport, donne un ordre d’idée : « Un brancard classique coûte environ 3 000 euros et un brancard bariatrique, c’est 40 000 euros d’investissement. » L’écart donne une idée de la spécificité de ce matériel, comparable à d’autres équipements lourds dont le coût pèse sur des secteurs entiers.

Mais pour la famille, cette explication ne change rien à l’urgence de la situation. Le remboursement de la Sécurité sociale n’a pas suivi l’évolution des besoins liés à l’obésité sévère, une réalité que d’autres négligences en matière de santé révèlent aussi parfois trop tard.

« Trop gros, pas droit aux soins » : bloqué au lit à 82 ans, Jacques paie 722€ chaque trajet en ambulance

« Tu es trop gros, tu n’as pas droit aux soins »

C’est la phrase qui résume tout, selon Florent Sinot. « On est dans un cas flagrant de discrimination : tu es trop gros, tu n’as pas droit aux soins », alerte-t-il, refusant de se résigner face à cette situation qu’il juge intolérable pour son père de 118 kilos.

Pour tenter de faire bouger les lignes, il a multiplié les démarches : interpellation de la ministre de la Santé, contact avec un sénateur, et lancement d’une pétition. Son objectif est précis : obtenir que la Sécurité sociale rembourse le transport bariatrique « au même titre que n’importe quel autre transport médical, prescrit par un médecin ».

La démarche illustre un problème plus large, celui de l’adaptation du système de santé français aux corps hors normes. En attendant une éventuelle réponse politique, Jacques Sinot reste dans son lit, privé de suivi médical régulier, otage d’une facture que personne ne semble vouloir assumer.

Un homme cloué au lit non par la maladie, mais par un tarif. Cette histoire pose une question simple : combien d’autres familles vivent la même impasse, en silence, sans pétition ni caméra pour la raconter ?

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