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Une seule marque d’eau en bouteille sur des dizaines testées ne contient aucune trace de microplastiques

Publié par Cassandre le 13 Juil 2026 à 12:58
Bouteille d'eau en plastique avec particules en suspension visibles

Boire de l’eau en bouteille pour éviter les traces de chlore du robinet semblait un réflexe sûr. Sauf qu’une étude américaine vient de révéler que ce geste banal expose en réalité à des centaines de milliers de particules plastiques invisibles à l’œil nu. Un seul flacon, sur toutes les marques testées, a échappé à cette contamination — et son identité reste un mystère total.

Une contamination massive découverte dans les bouteilles du quotidien

L’étude a été menée par les chercheurs de Columbia University et de Rutgers University, publiée en janvier 2024 dans la revue scientifique PNAS. Les scientifiques ont analysé plusieurs bouteilles de grandes marques d’eau minérale et de source vendues aux États-Unis, cherchant à quantifier une pollution jusque-là mal mesurée.

Le résultat dépasse largement les estimations précédentes. Chaque litre contenait en moyenne 240 000 particules plastiques, avec des pics mesurés jusqu’à 370 000. Ce chiffre relance un débat déjà présent sur l’exposition quotidienne des Français aux microplastiques, qu’on respire, boit et ingère bien plus qu’on ne l’imagine.

Reste que toutes les eaux ne se valent pas. Sur l’ensemble des échantillons passés au crible, un seul flacon est ressorti totalement vierge de toute particule détectable, un résultat suffisamment rare pour intriguer les chercheurs eux-mêmes, qui s’interrogent aussi sur la fiabilité de certaines eaux jugées plus pures que d’autres.

Pourquoi cette bouteille miracle reste anonyme

C’est là que l’espoir se transforme en frustration. Les auteurs de l’étude n’ont dévoilé ni la marque, ni même une piste permettant de l’identifier en rayon. Impossible donc de reproduire ce choix au supermarché en toute connaissance de cause.

Techniquement, l’absence de particules détectées ne signifie pas une absence totale : elle indique seulement que les fragments éventuels se situent en dessous du seuil de détection de la méthode utilisée. Les chercheurs ont eu recours à une technique de microscopie Raman stimulée, couplée à un algorithme d’analyse capable de repérer des fragments extrêmement petits.

Près de 90% des particules identifiées dans les autres échantillons étaient en réalité des nanoplastiques, des fragments mille fois plus petits qu’un grain de sable. Leur taille minuscule, parfois autour de quelques centaines de nanomètres, leur permettrait de traverser certaines barrières physiologiques du corps humain, un phénomène déjà pointé du doigt concernant d’autres composés plastiques retrouvés dans le quotidien. L’Organisation mondiale de la santé a elle-même souligné ce risque, tout comme plusieurs équipes de recherche indépendantes, sans pouvoir encore établir de norme précise ni de seuil réglementaire clair sur les particules dans l’eau potable.

Main gantée tenant un échantillon d'eau en laboratoire

D’où viennent réellement ces particules invisibles

Comme pour d’autres produits du quotidien pointés du doigt, l’origine de cette pollution ne se limite pas à un seul facteur. Une grande part des fragments provient directement du PET, le plastique qui compose la bouteille elle-même. Ce matériau peut libérer des particules lors du moulage industriel, du transport, des chocs répétés ou d’une exposition prolongée à la chaleur, par exemple laissée en voiture l’été.

Un second coupable a surpris les chercheurs : le polyamide, un polymère apparenté au nylon. Il proviendrait des filtres et membranes utilisés pour purifier l’eau, notamment lors d’un traitement par osmose inverse avant l’embouteillage. Autrement dit, le processus censé rendre l’eau plus pure contribuerait lui-même à sa contamination invisible, un paradoxe qui rappelle les questions posées sur les traitements appliqués à l’eau du robinet.

L’International Bottled Water Association, l’association professionnelle du secteur, reconnaît que les connaissances sur les effets sanitaires restent limitées à ce jour. Aucune norme spécifique n’encadre encore la présence de nanoplastiques dans l’eau potable, qu’elle soit embouteillée ou non. Un autre lot de la marque restée sans particule aurait d’ailleurs pu afficher un tout autre résultat : rien ne garantit une régularité dans le temps.

Pour limiter l’exposition en attendant des règles plus claires, les spécialistes recommandent des réflexes simples : privilégier l’eau du robinet filtrée, éviter de laisser les bouteilles en plastique exposées à la chaleur, et limiter les chocs et frottements répétés sur les contenants.

Une bouteille sans microplastiques existe donc bel et bien, quelque part sur un rayon de supermarché américain. Mais tant que son nom restera secret, chaque consommateur continue de jouer à la loterie invisible du plastique, un verre à la fois. Et si la vraie question n’était pas quelle eau choisir, mais comment la boire?

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