Elle tousse à un mariage, sombre 40 jours en coma et se réveille amputée des deux jambes
Une toux qui traîne, un mariage de famille au Tennessee, et puis plus rien pendant 40 jours. Denise Dibrell, 52 ans, ne se doutait pas que ce simple symptôme allait lui coûter ses deux jambes.
Son histoire est celle d’un corps qui bascule en quelques heures, d’un coma qui dure plus d’un mois, et d’une décision familiale qui a fini par tout changer.

Une toux qui ne passe pas, puis l’urgence
Tout commence en juillet 2025. Denise assiste au mariage de sa cousine dans le Tennessee quand une toux violente l’empêche de respirer allongée.
Les symptômes semblent s’atténuer. Mais de retour chez elle à Las Vegas, dans le Nevada, sa respiration reste difficile. Elle finit par consulter.
Dans un centre de soins urgents, le personnel constate un taux d’oxygène anormalement bas. Le test tombe : grippe A confirmée. Une ambulance est appelée en urgence.
Denise se souvient de l’arrivée des secours. Après ça, plus rien, jusqu’à son réveil, environ 40 jours plus tard.
Ce qui s’est passé pendant qu’elle dormait
Pendant ce coma provoqué, la grippe A a évolué vers un sepsis puis un choc septique. Les détresses respiratoires ont contraint les médecins à la maintenir sous sédation profonde.
Sa tension artérielle s’est effondrée. Pour maintenir la circulation vers ses organes vitaux, les équipes lui ont administré des vasopresseurs, des médicaments qui resserrent les vaisseaux sanguins.
Un choc septique de ce type peut déclencher une cascade de caillots sanguins qui privent les extrémités d’oxygène. C’est exactement ce qui est arrivé à Denise.
« J’avais tellement de caillots sanguins, et ma tension est tombée si bas qu’il n’y avait plus de circulation vers mes pieds », raconte-t-elle. « Il n’y avait rien à faire. »

Pendant 30 jours, alors qu’elle était toujours dans le coma, ses deux pieds ont noirci puis se sont littéralement momifiés. Un phénomène rare mais documenté, proche de ce qu’a vécu cette autre patiente amputée des quatre membres après une infection mal identifiée.
La décision qui a sauvé sa vie
Pendant ce temps, son frère David, 56 ans, s’était précipité à son chevet dès l’annonce de son hospitalisation.
Le 15 août, les médecins abordent avec la mère de Denise, Patricia, 76 ans, la question du débranchement de l’assistance respiratoire.
« Dieu merci, elle a dit non, continuons à la maintenir en vie », se souvient Denise. Les tests de l’époque montraient une activité cérébrale correcte, sans garantie totale sur les séquelles cognitives.
« Si elle avait dit non, je ne serais pas là aujourd’hui. »
Le réveil, puis l’amputation
Denise reprend conscience le 18 août. Elle avoue n’avoir « aucune idée de ce qui se passait ». Sortie de l’hôpital le 20 août après stabilisation, elle revient un mois plus tard pour une opération décisive.
Le 15 septembre 2025, une intervention de trois heures lui ampute les deux jambes sous le genou. Une issue que redoutent aussi les patients confrontés à des complications vasculaires sévères après un choc traumatique.
La suite n’a rien d’un long fleuve tranquille. Denise développe des infections résistantes aux antibiotiques, subit de nouveaux caillots sanguins, perd tous ses cheveux.
Sa jambe droite, mal cicatrisée, nécessite même une seconde opération de reprise. Combien de temps encore avant qu’elle puisse simplement remarcher ?

Réapprendre à marcher, sans filet
Denise porte aujourd’hui des prothèses en dessous du genou. Rien à voir avec les prothèses dorées qu’on voit parfois, mais un vrai outil de reconquête.
« Ma capacité mentale est revenue plutôt bien, avec quelques pertes de mémoire », précise-t-elle. Elle a suivi une rééducation physique et réapprend désormais à marcher, aidée.
Problème : Denise a perdu son emploi. Sans assurance santé, sa kinésithérapie est actuellement suspendue faute de financement.
Malgré tout, elle refuse de s’apitoyer. « Je suis là dehors à me battre, je ne reste pas allongée à me morfondre », lance-t-elle.
« Je vois ça plus comme une bénédiction qu’autre chose », ajoute-t-elle. Et de conclure, en référence au dilemme classique des médecins d’urgence : « Il y a ce dicton, la vie ou le membre. La mienne, c’était la vie. »
Son témoignage rappelle, comme celui de cet homme amputé après une simple visite chez le dentiste, à quelle vitesse une infection banale peut dégénérer en urgence vitale absolue.