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Elle laisse son chien la lécher : quelques jours plus tard, amputée des quatre membres

Publié par Killian Ravon le 07 Mar 2026 à 10:00

Le cas de sepsis de Manjit Sangha a frappé le Royaume-Uni par sa brutalité. En juillet 2025, cette Britannique de 56 ans tombe gravement malade en moins de vingt-quatre heures. Les médecins pensent qu’une bactérie a pu entrer par une petite plaie après un contact avec la salive de son chien, avant de déclencher un choc septique aux conséquences extrêmes.

Chien léchant doucement une main
Gros plan sur un chien en train de lécher la main de son propriétaire.
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Revenue chez elle après le travail, Manjit Sangha se sent d’abord simplement fiévreuse. Le lendemain, son mari la retrouve inconsciente sur le canapé, les lèvres bleues et les extrémités glacées. Transportée en urgence à l’hôpital New Cross de Wolverhampton, elle est admise en soins intensifs, placée dans un coma artificiel et subit six arrêts cardiaques en l’espace de quelques jours.

L’issue sera terrible mais salvatrice. Après 32 semaines d’hospitalisation, les chirurgiens ont dû amputer ses deux jambes sous les genoux, ses deux mains et lui retirer la rate pour la maintenir en vie. Durant son séjour, elle a aussi souffert d’une pneumonie et de calculs biliaires, selon les récits relayés par la BBC, People, Le Parisien et la cagnotte lancée par ses proches.

Une plaie ouverte ne doit pas être exposée à la salive d’un animal. Crédit : Thirteen of Clubs.
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Sepsis : comment un état critique peut basculer aussi vite

Le mot peut sembler technique, mais le sepsis désigne une urgence médicale absolue. L’OMS le décrit comme une défaillance d’organes potentiellement mortelle provoquée par une réponse dérégulée du corps à une infection. Autrement dit, l’organisme ne combat plus seulement le microbe : il s’emballe et commence aussi à abîmer ses propres tissus et ses organes.

Dans le cas de Manjit Sangha, les médecins n’ont pas publiquement confirmé le germe précis. En revanche, plusieurs médias expliquant l’affaire évoquent la piste d’une bactérie entrée via une coupure ou une égratignure léchée par le chien. Cette hypothèse est cohérente avec ce que rappelle le CDC au sujet des bactéries du genre Capnocytophaga, présentes dans la bouche des chiens et des chats et capables, dans de rares cas, de provoquer des complications sévères, dont un sepsis, une gangrène, une insuffisance rénale ou même des amputations.

Il faut toutefois garder une mesure essentielle. Le CDC insiste sur le fait que la très grande majorité des personnes en contact avec des chiens ou des chats ne développent jamais ce type d’infection. Ces tableaux restent rares, même si le risque augmente chez les personnes immunodéprimées ou lorsqu’une salive animale entre en contact avec une plaie ouverte.

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Cette nuance compte, car l’histoire de Manjit Sangha pourrait laisser croire qu’une léchouille suffit presque toujours à rendre malade. Ce n’est pas le cas. Le signal d’alerte est ailleurs : une infection banale peut parfois tourner très vite, et c’est précisément ce caractère fulgurant qui rend le sepsis si redouté des soignants.

Le sepsis sévère nécessite souvent une prise en charge en réanimation. Crédit : Calleamanecer.

Une réaction en chaîne qui a privé ses membres de circulation

Quand le sepsis dégénère en choc septique, la pression artérielle peut s’effondrer, la coagulation se dérégler et la circulation sanguine devenir insuffisante dans certaines zones du corps. La page GoFundMe de la famille mentionne d’ailleurs un choc septique compliqué d’une coagulation intravasculaire disséminée, ou CIVD, un trouble rare et grave de la coagulation. Dans ce contexte, les extrémités peuvent nécroser faute d’être suffisamment irriguées.

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C’est ce qui rend compréhensible, même si cela reste vertigineux, la décision d’amputer. Le geste n’a pas pour but premier de “traiter” l’infection initiale, mais de sauver le patient lorsque des tissus sont irrémédiablement détruits. Chez Manjit Sangha, les médecins ont d’abord tenté de stabiliser l’essentiel : le cœur, la respiration, la survie immédiate. Ensuite seulement vient le temps des décisions chirurgicales lourdes, puis celui d’une rééducation longue et coûteuse.

Son histoire rappelle aussi une réalité moins connue du grand public. Dans les formes graves, le sepsis ne se résume pas à “une grosse infection”. Il peut entraîner une cascade de complications touchant les reins, les poumons, la coagulation, le cerveau ou la circulation, avec parfois des séquelles durables même chez les survivants.

Ce point est crucial pour comprendre la violence du récit. En l’espace d’un week-end ordinaire, une femme active, qui travaillait en pharmacie et assurait aussi des week-ends chez Screwfix avec son mari, s’est retrouvée dans le coma avec un pronostic vital engagé. Son mari a raconté aux médias britanniques son incompréhension devant une bascule aussi brutale : un jour elle jouait avec le chien, le lendemain elle était entre la vie et la mort.

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Pourquoi le sepsis reste encore mal repéré

Le plus déroutant dans le sepsis, c’est qu’il ne commence pas toujours par un symptôme spectaculaire. Le NHS rappelle que les signes peuvent ressembler à ceux d’une grippe, d’une infection respiratoire ou d’un simple état fébrile. Chez l’adulte, les signaux d’urgence comprennent notamment une confusion, une respiration rapide ou difficile, une peau pâle ou marbrée et un état général qui se dégrade vite.

De son côté, le CDC parle d’une urgence médicale et insiste sur plusieurs signes d’alerte : essoufflement, confusion, fréquence cardiaque élevée, sueurs, sensation de froid intense ou douleur extrême. Aucun de ces symptômes, pris isolément, ne “prouve” un sepsis. En revanche, leur apparition dans un contexte infectieux ou après une aggravation rapide doit pousser à consulter sans tarder.

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C’est aussi ce qui explique les messages de prévention diffusés après l’affaire Sangha. Le but n’est pas de provoquer une peur irrationnelle des chiens, mais de rappeler deux réflexes simples : nettoyer toute plaie, même petite, et ne pas banaliser une aggravation brutale de l’état général. Une coupure minime n’est pas forcément anodine si elle devient la porte d’entrée d’une septicémie.

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Un enjeu mondial de santé publique, bien au-delà de ce cas

L’histoire de Manjit Sangha fascine parce qu’elle est rare, mais le problème de fond est beaucoup plus vaste. L’OMS estime qu’environ 48,9 millions de cas de sepsis et 11 millions de décès liés au sepsis surviennent dans le monde, soit près d’un décès sur cinq à l’échelle globale. Derrière ces chiffres immenses, il y a des situations très différentes : infections communautaires, complications hospitalières, formes pédiatriques, pathologies chroniques ou diagnostics trop tardifs.

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Autrement dit, le sepsis n’est pas une curiosité médicale réservée à quelques récits hors norme. C’est le sepsis, « la maladie de la réanimation » qui fait des ravages à l’hôpital. Le cas britannique agit donc comme une loupe : il montre en version extrême un risque bien réel, celui d’une infection qui échappe au contrôle en quelques heures.

À l’échelle individuelle, la suite s’annonce longue pour Manjit Sangha. Sa collecte de fonds explique que l’argent doit financer des prothèses avancées, des adaptations du domicile, de la physiothérapie, un soutien psychologique et la rééducation. Fin février 2026, plusieurs médias faisaient état d’une cagnotte déjà montée à plus de 30 000 livres, avec un objectif bien plus large pour couvrir des équipements de haute technologie.

Pour elle, l’enjeu est désormais concret : retrouver de la mobilité, de l’autonomie, puis une vie professionnelle. C’est d’ailleurs le ton qui domine dans ses déclarations publiques. Malgré l’ampleur du choc, elle dit vouloir remarcher, obtenir ses prothèses et reprendre le travail.

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La rééducation après une amputation demande du temps, un suivi et des équipements adaptés. Crédit : U.S. government / NIH.

Ce que cette affaire change vraiment

Ce genre d’histoire circule vite parce qu’elle mêle l’ordinaire et l’impensable. Un chien, une petite plaie, un malaise du soir : rien, au départ, ne semble annoncer un basculement aussi violent. Pourtant, c’est précisément ce décalage qui doit retenir l’attention. Dans les infections graves, la vitesse d’évolution compte autant que le symptôme lui-même.

Il ne s’agit donc ni de diaboliser les animaux domestiques, ni de transformer chaque égratignure en alarme générale. La leçon la plus utile est plus simple : toute plaie doit être nettoyée, la salive d’un animal ne doit pas entrer en contact avec une lésion ouverte, et une dégradation rapide de l’état général justifie un avis médical urgent. Les autorités sanitaires rappellent que les infections sévères liées à la salive animale sont rares, mais bien documentées.

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L’affaire Manjit Sangha laisse enfin une trace plus profonde. Elle rappelle que le sepsis n’a rien d’abstrait. Derrière ce terme médical se trouvent une course contre la montre, des décisions chirurgicales extrêmes et une reconstruction qui peut durer des années. Dans ce dossier, le plus frappant n’est pas seulement la violence du choc initial. C’est le long après, celui qui commence une fois la vie sauvée.

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