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Des chercheurs japonais détaillent comment stimuler le transit de l’intestin en quelques minutes seulement

Publié par Cassandre Jolivet le 24 Oct 2026 à 22:08
Baskets sur un tapis roulant dans une salle lumineuse

Vous marchez un peu après le déjeuner, et quelques minutes plus tard, votre ventre se met à gargouiller ? Ce n’est peut-être pas un hasard. Des chercheurs japonais ont posé un stéthoscope sur le ventre de 21 volontaires juste après une marche tranquille, et la différence se mesure en moins de deux minutes. Reste à savoir ce que ce chiffre prouve vraiment, et ce qu’il ne prouve pas.

Un tapis roulant, un stéthoscope et 21 volontaires : le protocole qui ressemble à une séance de gym

L’expérience a de quoi surprendre : elle ressemble davantage à un après-midi de salle de sport qu’à un protocole de laboratoire. Selon La Provence, qui publie l’article en partenariat avec Horizon Media, les participants ont marché sur un tapis roulant à l’université de santé de Fujita, au Japon. Vingt minutes d’allure tranquille, soit à peu près 3 000 pas.

Le groupe comptait 21 adultes en bonne santé, d’environ 21 ans, dont 11 femmes et 10 hommes. Aucun ne souffrait de constipation. Après l’effort, ils se sont allongés pendant qu’un stéthoscope enregistrait les bruits de leur intestin.

Pourquoi écouter des gargouillis ? Ces bruits servent d’indicateur indirect de la motricité intestinale, c’est-à-dire de la façon dont la paroi de l’intestin se contracte pour faire avancer son contenu. Plus ils seraient longs et fréquents, plus le tube digestif serait actif.

L’allure n’avait rien d’un sprint. Les volontaires marchaient à 70 % de leur rythme confortable, un effort à la portée de presque tout le monde. C’est le même esprit que la fameuse « marche à pets », dont on vous a déjà parlé.

Mais que se passe-t-il vraiment dans le ventre quand on s’arrête de marcher ? Le premier chiffre est plus frappant qu’on ne l’imagine.

Entre la première et la deuxième minute, l’intestin s’emballe

Commençons par le point de départ. Après cinq minutes de repos, l’intestin des participants restait plutôt discret. Il faisait du bruit pendant environ 5 % du temps d’enregistrement.

Les chercheurs, dont Yohei Otaka, ont suivi trois mesures : la durée des bruits, leur nombre et leur intensité cumulée. Trois indicateurs, pour éviter de se fier à un seul gargouillis tombé au bon moment.

Le sujet n’a rien d’anecdotique pour qui a un transit paresseux. Un nutritionniste explique dans un autre de nos articles que les femmes constipées auraient du mal à perdre du poids. De son côté, l’Assurance maladie range la sédentarité parmi les facteurs qui favorisent la constipation.

Chez l’adulte, celle-ci se manifeste par moins de trois selles par semaine, ou par des selles trop dures, difficiles à évacuer. On comprend l’intérêt d’un petit coup de pouce qui ne coûte rien.

Dans les deux minutes qui ont suivi la marche, les bruits intestinaux se sont nettement multipliés. L’intestin, lui, était resté plus calme pendant le repos précédent. Le contraste saute aux oreilles, c’est le cas de le dire.

Entre la première et la deuxième minute après l’arrêt, la part de temps occupée par les bruits est montée à environ 19 %, contre 5 % au repos. Le nombre de bruits est passé de 42 à 56 par minute en moyenne. Les trois mesures ont progressé de façon nette.

Tout cela ressemble à une belle victoire pour la marche. Sauf que la suite de l’histoire est moins spectaculaire.

Stéthoscope posé sur le ventre d'une personne allongée

Un effet net mais très bref : ce que l’étude ne prouve pas

Le ventre n’a pas fini de nous surprendre : les 32 flatulences quotidiennes évoquées par une autre étude montrent à quel point il travaille en continu. Revenons à Fujita. Les trois mesures sont revenues vers leur niveau de départ dans les minutes suivantes.

Voilà la réponse : vingt minutes de marche tranquille semblent donner à l’intestin un coup de pousse net, mais très court. L’effet existe dans cette expérience, il ne dure pas.

Les limites sont nombreuses. L’expérience ne comprenait aucun groupe de comparaison, et les participants restaient allongés pour les mesures. Le seul fait de passer de la marche à la position couchée a pu jouer un rôle.

Les volontaires savaient aussi ce que les chercheurs cherchaient, et leur alimentation habituelle n’a pas été contrôlée. Surtout, les selles n’ont pas été suivies : les chercheurs ont mesuré des bruits, pas le temps que met un repas à traverser l’intestin. C’est une idée de l’activité digestive, pas une preuve directe.

Comment expliquer alors ce coup de fouet ? Les auteurs avancent deux pistes, sans les avoir testées. La première est le système nerveux autonome, celui qui commande les organes sans que l’on y pense.

La seconde est une série de réflexes locaux, déclenchés par les oscillations du corps à chaque pas. Aucune mesure directe du système nerveux n’a été faite pendant l’expérience.

Le travail, paru dans la revue Scientific Reports en septembre 2025, a reçu le financement de la Société d’Aichi de physiothérapie. Les auteurs déclarent n’avoir aucun conflit d’intérêts. Reste la question que tout le monde se pose : que faire de ces résultats au quotidien ?

Ce que ça change dans votre quotidien, et les signaux qui ne trompent pas

L’Assurance maladie conseille de bouger au moins cinq jours sur sept, par la marche, les tâches ménagères ou les loisirs, et de réduire le temps passé assis. Rien de révolutionnaire, mais l’étude japonaise donne un argument de plus à ceux qui hésitent à se lever.

L’organisme recommande aussi d’aller aux toilettes à heure fixe, une demi-heure à une heure après un repas, afin que le corps prenne peu à peu un rythme régulier. Et si vous vous demandez s’il faut attendre après un repas avant de bouger, la question revient souvent dans les salles de sport.

Une marche ne remplace pas une consultation. L’Assurance maladie recommande de voir son médecin traitant dans les jours qui viennent en cas de sang dans les selles, de perte de poids ou de douleurs au ventre qui durent. Il en va de même pour une constipation apparue récemment et de façon marquée après 50 ans, ou qui persiste malgré les mesures d’hygiène et d’alimentation.

Une constipation accompagnée de fièvre et de fortes douleurs au ventre justifie de joindre le médecin traitant dans la journée. Des vomissements avec des douleurs au ventre et l’impossibilité d’émettre des gaz peuvent signaler une occlusion de l’intestin. Dans ce cas, il faut appeler sans tarder le 15 ou le 112.

Pour les plus de 60 ans qui veulent installer un rythme dès le matin, ce rituel des seniors qui restent autonomes donne quelques pistes complémentaires.

Vingt minutes de marche, deux minutes pour que l’intestin réponde : un petit coup de pousse prometteur, à condition de ne pas lui demander plus qu’il n’a prouvé. Et si votre curiosité digestive n’est pas rassasiée, la vérité, bien plus étrange, sur le chewing-gum avalé mérite le détour. Quant à celles qui cherchent un ventre plat, l’exercice que Brigitte Macron dit adorer à 72 ans pourrait bien vous surprendre.

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