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« Les femmes constipées ne pourront pas perdre de poids » : un nutritionniste explique pourquoi le sport ne suffit pas

Publié par Cassandre le 26 Avr 2026 à 10:09

Régime strict, séances de sport régulières, calories comptées au gramme près… et pourtant, la balance refuse de bouger. Des milliers de femmes vivent cette frustration sans en comprendre la cause. Selon un nutritionniste américain suivi par 750 000 personnes, la réponse se cache dans un trouble que beaucoup n’osent même pas évoquer à leur médecin.

Le mur invisible que le sport ne franchit pas

Abram Anderson est nutritionniste et créateur de contenus santé aux États-Unis. Dans une vidéo relayée par le DailyMail, il pose un constat brutal : les femmes souffrant de constipation chronique « ne pourront pas perdre de poids », même lorsqu’elles brûlent plus de calories qu’elles n’en consomment. Le déficit calorique, pourtant considéré comme la règle d’or de tout régime, ne suffirait plus dès que le transit se bloque.

Femme déçue sur une balance malgré le sport

Son explication tient en un mécanisme que la plupart des régimes ignorent. Un intestin paresseux provoquerait une micro-inflammation locale suffisante pour dérégler les hormones qui gèrent la faim et le stockage des graisses. En clair, le corps se met en mode « résistance » et refuse de puiser dans ses réserves, peu importe l’effort fourni à la salle de sport.

Ce n’est pas seulement une question de motivation ou de volonté. Pour celles qui cherchent à éliminer les kilos durablement, le problème pourrait être physiologique avant d’être comportemental. Et les chiffres montrent que le phénomène touche un public bien précis.

Pourquoi les femmes sont 2 à 3 fois plus touchées

Les études sont formelles : les femmes souffrent de constipation deux à trois fois plus souvent que les hommes. Plusieurs facteurs anatomiques et hormonaux expliquent cet écart considérable. Le côlon féminin est en moyenne légèrement plus long, ce qui ralentit mécaniquement le transit des matières.

Mais c’est surtout la valse hormonale qui joue un rôle déterminant. Les variations liées aux règles, à la grossesse ou à la ménopause perturbent les contractions intestinales. Résultat : moins de trois selles par semaine, le seuil qui définit déjà une constipation chronique selon les gastro-entérologues.

Femme souffrant de ballonnements abdominaux

Des équipes françaises rappellent qu’une selle pèse en moyenne 150 grammes. Trois jours sans aller aux toilettes, et ce sont près de 450 grammes qui s’accumulent dans l’intestin. Ce n’est pas de la graisse, mais ce volume — associé à de la rétention d’eau — fait gonfler le ventre et fausse complètement la lecture de la balance. Pour mieux comprendre ce que révèle votre transit, certains médecins recommandent d’ailleurs de surveiller l’aspect de vos selles régulièrement.

Ce poids « fantôme » décourage des femmes qui pensent stagner alors que leur régime fonctionne. Mais le problème ne s’arrête pas à la balance : sur la durée, les dégâts sont plus profonds.

L’inflammation silencieuse qui dérègle tout

Selon Abram Anderson, un transit bloqué ne se contente pas d’ajouter du poids mort. Il déclenche une réaction inflammatoire locale dans l’intestin, suffisante pour perturber deux hormones clés : la leptine, qui régule la sensation de satiété, et l’insuline, au cœur du métabolisme des sucres et du stockage des graisses.

Quand la leptine dysfonctionne, le cerveau ne reçoit plus correctement le signal « j’ai assez mangé ». Le corps réclame davantage de nourriture alors même que les réserves sont pleines. L’insuline perturbée, de son côté, favorise le stockage plutôt que la combustion. Un cercle vicieux que les adeptes de la marche pour maigrir connaissent bien : l’effort est réel, mais les résultats ne suivent pas.

Cette micro-inflammation chronique expliquerait ce fameux « palier » que des millions de femmes atteignent après quelques semaines de régime. Le nutritionniste américain affirme même que corriger le transit permet de « dépasser ce palier de perte de poids » chez celles qui mangent déjà moins qu’avant. Reste à savoir comment relancer un intestin qui tourne au ralenti.

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Le kimchi plutôt que les laxatifs

Les conseils d’Abram Anderson tiennent en trois piliers, tous accessibles sans ordonnance. Premier réflexe : les fruits riches en fibres et en eau. « Ces substances ont des propriétés prébiotiques et, mélangées à de l’eau, elles peuvent contribuer à purifier l’organisme », explique-t-il. Les kiwis avec leur peau, par exemple, concentrent une dose impressionnante de fibres.

Préparation de kimchi et fruits riches en fibres

Deuxième arme : le jus de pruneaux chaud. « C’est l’un des moyens les plus sûrs de débloquer les choses », assure le nutritionniste. Un remède de grand-mère validé par la science : le sorbitol naturellement présent dans les pruneaux attire l’eau dans l’intestin et accélère le transit.

Mais son favori reste le kimchi, ce chou fermenté coréen à la fois prébiotique et probiotique. « Le meilleur moyen pour une femme d’avoir des selles complètes, de réduire l’inflammation et de faciliter la perte de graisse corporelle est de consommer au moins deux cuillères à soupe d’un aliment prébiotique et probiotique », résume-t-il. La choucroute et les yaourts nature offrent des effets comparables. D’ailleurs, une étude récente sur le yaourt a aussi montré des bénéfices sur la santé intestinale. Le kéfir, boisson fermentée du Caucase, suscite également un intérêt croissant chez les Français soucieux de leur microbiote.

Les vrais leviers selon les spécialistes français

Au-delà des réseaux sociaux, les recommandations des gastro-entérologues français convergent avec celles d’Anderson, tout en ajoutant des précisions importantes. L’objectif quotidien en fibres passe par les légumes, les fruits et les céréales complètes. L’hydratation — entre 1,5 et 2 litres d’eau par jour — reste un levier souvent sous-estimé, en particulier chez les personnes de plus de 65 ans.

La marche quotidienne stimule les contractions intestinales de façon mécanique. Pas besoin de courir un marathon : 30 minutes de mouvement suffisent à relancer un transit paresseux. Un mode de vie sédentaire, en revanche, aggrave considérablement le problème.

Concernant les laxatifs, les médecins insistent : ils restent une aide ponctuelle, pas une solution de fond. Un avis médical s’impose si la constipation persiste au-delà de quelques semaines ou s’accompagne de sang dans les selles, de fortes douleurs abdominales inhabituelles ou d’une perte de poids inexpliquée.

Ce que ça change concrètement pour la balance

Le message d’Abram Anderson ne consiste pas à abandonner le sport ou les régimes. Il rappelle qu’un déficit calorique ne peut fonctionner que si l’organisme est en état de brûler ses réserves. Or, un intestin chroniquement engorgé maintient le corps dans un état inflammatoire qui bloque ce processus.

Manger une pomme au bon moment peut aussi jouer un rôle : selon les experts, ce simple geste favorise la perte de poids en apportant fibres et satiété. De même, repenser son dîner après 50 ans peut aider à préserver la masse musculaire tout en soutenant le transit.

Pour les femmes qui stagnent depuis des mois malgré tous leurs efforts, la première question à se poser n’est peut-être pas « est-ce que je mange trop ? » mais « est-ce que mon transit fonctionne ? ». Trois selles par semaine minimum, c’est le seuil. En dessous, le corps accumule, s’enflamme et résiste. Au-dessus, la machine se remet en marche — et la balance aussi.

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