Les médecins sont formels : cette mauvaise habitude vous fait vieillir plus vite
Le vieillissement ne se lit pas seulement dans le miroir. Il se joue aussi dans le corps, à bas bruit, au fil de micro-choix répétés chaque jour.
Et s’il fallait pointer une habitude qui fait « vieillir » plus vite, les médecins reviennent inlassablement à la même : le mode de vie sédentaire.
Pourquoi la sédentarité pèse plus lourd qu’on ne le croit
Rester assis longtemps semble anodin, presque normal. Le problème, c’est la durée : dans le travail de bureau, les trajets, puis les loisirs, la position assise s’accumule sans qu’on s’en rende compte. En France, le ministère de la Santé rappelle que la sédentarité, indépendamment d’autres facteurs, est associée à des risques plus élevés de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2, de certains cancers, d’obésité, et aussi d’anxiété et de dépression.
Ce point est important : on peut faire du sport… et rester sédentaire malgré tout. Une séance le soir ne “répare” pas forcément dix heures assis, parce que les effets négatifs de l’immobilité ont leur propre dynamique. Le Monde résumait d’ailleurs la situation avec une formule claire : même une activité physique régulière ne compense pas entièrement les effets délétères d’une station assise prolongée.
Vieillir plus vite : ce que la science observe quand on reste assis
Quand les médecins parlent de vieillissement “accéléré”, ils ne parlent pas seulement de fatigue ou de raideur. Les chercheurs disposent aujourd’hui d’outils pour estimer un âge biologique, différent de l’âge inscrit sur la carte d’identité. Dans une étude publiée en 2025, des auteurs rapportent une association entre temps assis et accélération d’un marqueur d’âge biologique (phénotypique), avec un rôle médiateur du poids.
Un autre travail, également de 2025 et accessible sur PubMed Central, arrive à une conclusion proche : plus le temps assis quotidien est élevé, plus il est associé à un “vieillissement accéléré”, avec des pistes de mécanismes du côté de l’inflammation systémique et de certains marqueurs biologiques. Dit autrement, la sédentarité ne fait pas que “ralentir” la forme : elle semble se relier à des signaux biologiques cohérents avec une usure plus rapide.
L’immobilité, un déclencheur en chaîne
Le corps humain n’est pas conçu pour l’inertie. Quand on reste longtemps assis, la dépense énergétique chute, les muscles posturaux s’éteignent, et le métabolisme gère moins bien certains flux, notamment autour de la glycémie et des graisses. La Mayo Clinic rappelle que les longues périodes assises sont liées à l’obésité et au “syndrome métabolique”, avec un risque accru de décès par maladies cardiaques et certains cancers.
À l’échelle populationnelle, l’Organisation mondiale de la santé insiste sur le poids de l’inactivité : les personnes insuffisamment actives présentent un risque de décès augmenté, et l’inactivité physique reste un facteur majeur de mortalité liée aux maladies non transmissibles.
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Le vrai piège : “je fais du sport, donc je suis protégé”
Beaucoup de gens se rassurent avec une séance de sport hebdomadaire. Pourtant, ce qui compte aussi, c’est le mouvement “diffus” : marcher pour aller chercher un café, se lever pour téléphoner, monter des escaliers, faire quelques pas entre deux tâches. Sur ce terrain, les données sont parlantes : une méta-analyse de 2023 publiée sur PubMed montre une association inverse entre nombre de pas quotidiens et mortalité toutes causes.
L’OMS, de son côté, pointait en 2024 une tendance préoccupante : près d’un tiers des adultes dans le monde ne respecte pas les recommandations d’activité physique, notamment sur la quantité d’exercice, ce qui remet la question au centre des politiques de santé. Le message qui ressort est moins “devenir sportif” que “devenir moins immobile”. Cela change tout, car l’objectif devient atteignable : il ne s’agit pas de se transformer du jour au lendemain, mais d’empêcher la journée de se figer via une nouvelle routine anti-sédentarité.
Un repère concret, sans promesse magique
En France, le ministère de la Santé rappelle qu’au-delà de 8 heures par jour passées assis, le risque devient préoccupant. L’idée n’est pas de culpabiliser ceux qui travaillent devant un écran, mais d’organiser une riposte réaliste : interrompre la position assise, même brièvement, et remettre du mouvement dans les routines.
Le Monde évoquait des solutions très pragmatiques : pauses actives, aménagement du poste, bureaux assis-debout, et “nudges” simples pour se lever plus souvent. On n’est pas sur une révolution personnelle, plutôt sur une stratégie d’environnement.
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Comment “déverrouiller” sa journée quand on est cloué à une chaise
La première étape consiste à distinguer activité physique et sédentarité. On peut atteindre un objectif de sport… tout en restant assis le reste du temps. Ce paradoxe explique pourquoi les médecins insistent sur les micro-interruptions, plus faciles à tenir qu’un programme intense. Ensuite, l’important est la fréquence. Se lever une fois toutes les deux heures, c’est mieux que rien, mais casser l’immobilité plus souvent paraît plus logique physiologiquement.
Marcher quelques minutes, faire quelques mouvements simples, ou même changer de posture ne règle pas tout, mais cela évite l’enchaînement “assis–assis–assis” du matin au soir. Enfin, le mouvement doit devenir une habitude invisible, comme se brosser les dents. Un appel téléphonique peut se faire debout, une pause café peut inclure deux minutes dehors, et un rendez-vous informel peut se transformer en marche. À ce stade, on ne “fait pas du sport” : on remet le corps en circulation.
Vieillir en meilleure santé, ça se joue aussi sur des détails
Aucune routine ne garantit une longévité parfaite. En revanche, la sédentarité coche toutes les cases de la mauvaise habitude moderne : elle est fréquente, cumulative, socialement valorisée (travailler assis, se détendre assis), et ses effets se voient tard. C’est précisément pour cela qu’elle accélère le vieillissement “sans bruit”.
Réduire le mode de vie sédentaire en adoptant de bonnes habitudes, ce n’est pas viser une performance. C’est protéger le cœur, le métabolisme, les muscles, et même l’humeur, en évitant de laisser l’organisme tourner au ralenti pendant des heures. Les recommandations des autorités sanitaires, comme celles de l’OMS ou du ministère de la Santé, convergent : bouger plus, s’asseoir moins, et surtout interrompre l’immobilité.
Sortir du cadre de vie problématique
La mauvaise habitude pointée par les médecins n’est pas un “petit défaut” du quotidien : c’est un cadre de vie, celui où l’on passe la journée assis. Les recherches récentes l’associent à des marqueurs de vieillissement accéléré, et les autorités de santé rappellent ses liens avec de nombreuses maladies chroniques. La bonne nouvelle, c’est que l’antidote n’a rien d’extrême : il commence souvent par se lever… plus souvent.
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