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Pancréas : cette douleur dans le dos la nuit que beaucoup de femmes ignorent à tort

Publié par Killian Ravon le 13 Fév 2026 à 12:30

La douleur dorsale nocturne réveille parfois au milieu de la nuit, sans faux mouvement et sans explication évidente. Beaucoup de femmes la rangent dans la case “rhumatismes”. Surtout quand elle revient par périodes et que la journée, ça “passe à peu près”. Pourtant, dans de rares cas, ce type de dorsalgie peut correspondre à une douleur dite “projetée”. Liée à un organe profond comme le pancréas.

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Femme réveillée la nuit avec une douleur dorsale nocturne, assise sur le lit et tenant le haut du dos.
Réveils nocturnes avec douleur dans le haut du dos : le plus souvent mécanique, ce type de gêne persistante mérite un avis médical si elle devient inhabituelle ou s’accompagne d’autres signes.

L’idée n’est pas d’alarmer. La majorité des maux de dos restent mécaniques, liés aux muscles, aux articulations ou à la posture. Mais certains détails. Surtout quand la nuit devient le moment le plus douloureux, peuvent justifier d’en parler plus tôt à un médecin pour repérer le problème. Plutôt que d’empiler les anti-inflammatoires et les rendez-vous “dos” sans réponse.

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Le pancréas est situé en profondeur, proche de structures nerveuses pouvant projeter la douleur vers le dos. Crédit : National Cancer Institute.
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Douleur dorsale nocturne : pourquoi ce signal est souvent mal interprété

Un mal de dos “classique” suit souvent une logique assez simple. Il s’aggrave à l’effort, se calme au repos et finit par s’améliorer avec le temps, la chaleur. Des exercices ou un traitement adapté. À l’inverse, la douleur d’origine viscérale. Elle, peut surprendre. Elle arrive sans prévenir, s’installe plus profondément et ne “colle” pas aux habitudes d’un lumbago.

Chez certaines patientes, l’histoire commence toujours pareil. Réveil vers 2 ou 3 heures du matin, gêne haute ou médiane dans le dos, sensation diffuse, parfois difficile à localiser. La tentation est forte d’incriminer l’arthrose, un matelas trop ferme ou une mauvaise position. Quand la gêne dure, le parcours de soins se dirige logiquement vers la filière rhumatologique, alors que le problème peut parfois être ailleurs.

Le pancréas, lui, est un organe discret et profond. Il se situe derrière l’estomac, près de structures nerveuses et de la colonne, ce qui explique qu’une atteinte pancréatique puisse irradier vers le dos. Le site de la Société Nationale Française de Gastro-Entérologie (SNFGE) rappelle d’ailleurs que l’imagerie la plus précise pour analyser le pancréas repose souvent sur le scanner ou l’IRM, justement parce que l’organe est difficile à visualiser à l’échographie, du fait de sa position.

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Une atteinte pancréatique (dont la pancréatite) peut irradier vers le dos et tromper le diagnostic. Crédit : Scientific Animations.

Ce qui “change tout” quand la douleur vient du pancréas

Aucun symptôme ne permet, à lui seul, de conclure. En revanche, le comportement de la douleur peut mettre la puce à l’oreille, surtout quand la douleur dorsale nocturne devient répétitive. Selon Cancer.fr (Institut national du cancer), les signes pouvant faire suspecter un cancer du pancréas incluent notamment une perte de poids, une perte d’appétit, des troubles digestifs, une fatigue inexpliquée, des douleurs abdominales et/ou du dos, ainsi qu’une jaunisse pouvant indiquer que votre foie est impacté.

Dans les descriptions les plus fréquentes, la douleur est profonde et “en barre”. Elle peut être épigastrique au départ, puis irradier dans le dos, ou se manifester surtout dans le dos, ce qui brouille les pistes. Certaines personnes remarquent aussi une aggravation après avoir mangé, ce qui oriente plutôt vers une douleur digestive que vers une douleur strictement musculaire.

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Allo Docteurs insiste aussi sur un point utile en pratique : dans le contexte du cancer du pancréas, la douleur est souvent située plus haut dans le dos (dorsalgie), ce qui peut devenir un “drapeau rouge” quand elle persiste ou s’accompagne d’autres signes.

La douleur du dos a de multiples causes, le plus souvent mécaniques, parfois digestives. Crédit : myUpchar.

La nuit, un moment particulier

La nuit n’est pas “magique”, mais elle modifie beaucoup de choses. On est allongé, on respire différemment, on perçoit davantage la douleur et on supporte moins bien ce qui gêne. Quand une douleur réveille systématiquement, qu’elle s’installe au repos et qu’elle ne suit pas un schéma mécanique habituel, ça vaut au minimum une discussion médicale.

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Ce détail ne veut pas dire “cancer”. Une pancréatite, un problème biliaire ou une autre affection digestive peuvent aussi irradier vers le dos. L’enjeu est plutôt d’éviter l’impasse, surtout si la douleur dure et s’accompagne de signaux corporels qui s’additionnent.

Les signes associés à ne pas balayer d’un revers de main

Le piège, avec le pancréas, c’est que les symptômes peuvent être longtemps discrets. Plusieurs organismes de référence listent des signes possibles qui, mis ensemble, justifient un avis médical. La Société canadienne du cancer cite notamment la douleur dans l’abdomen ou le dos pouvant s’aggraver après avoir mangé, la jaunisse, une urine foncée, des selles pâles et malodorantes, des démangeaisons, des nausées/vomissements, une perte d’appétit, une perte de poids, de la fatigue et des difficultés à digérer.

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De son côté, la Fondation ARC rappelle que le cancer du pancréas peut se manifester par des douleurs abdominales ou dorsales persistantes, parfois plus marquées après les repas, et par une perte de poids rapide, une fatigue ou une jaunisse.

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Concrètement, ce sont souvent les associations qui comptent. Une douleur dorsale nocturne isolée, sans amaigrissement ni troubles digestifs, reste le plus souvent bénigne. Mais si la douleur s’installe et qu’en parallèle vous notez une perte d’appétit, une fatigue inhabituelle, des nausées après les repas ou une coloration jaune des yeux, la logique change.

Une douleur atypique, nocturne ou associée à des signes généraux justifie un avis médical et parfois une imagerie. Crédit : Dw616612.
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Jaunisse, urines foncées, selles pâles : un trio qui doit accélérer la consultation

La jaunisse (ictère) est un signal particulier, parce qu’elle peut traduire une obstruction des voies biliaires. Cancer.fr la décrit comme un signe possible de cancer, souvent accompagné de démangeaisons. La Ligue contre le cancer mentionne aussi l’association typique avec des urines foncées, des selles décolorées et un prurit, notamment lorsque la tumeur se situe au niveau de la tête du pancréas ou qu’une lésion suspecte apparaît.

Même si ces signes ont d’autres causes possibles, ils justifient une évaluation rapide. C’est le genre de situation où “attendre de voir” peut faire perdre un temps précieux, surtout si la douleur est déjà là depuis plusieurs semaines.

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Quand consulter et quels examens sont généralement proposés

Le premier réflexe, c’est le médecin traitant. Décrire la douleur précisément aide beaucoup : localisation, horaires, intensité, lien avec les repas, positions qui soulagent ou aggravent, réponse (ou non) aux antalgiques. Ce sont ces détails concrets qui orientent vers une piste mécanique, inflammatoire ou viscérale.

Si le tableau fait penser à une origine digestive, l’imagerie devient souvent centrale. La SNFGE indique qu’un scanner (tomodensitométrie) ou une IRM sont plus appropriés pour visualiser précisément l’anatomie du pancréas et détecter une éventuelle tumeur, l’échographie pouvant être limitée. Des analyses de sang peuvent aussi être demandées selon le contexte (bilan hépatique, inflammation, glycémie, etc.), mais c’est l’ensemble des données qui compte.

En cas d’ictère, de dégradation rapide de l’état général, de douleur importante ou de symptômes qui s’aggravent vite, il ne faut pas hésiter à consulter en urgence. L’objectif est simple : comprendre l’origine du signal et agir tôt si nécessaire.

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Les douleurs lombaires et dorsales peuvent être confondues, d’où l’intérêt d’observer leur “comportement”. Crédit : madartzgraphics.

Garder la tête froide : la plupart des maux de dos ne viennent pas du pancréas

Il faut le redire clairement. La très grande majorité des dorsalgies sont liées à la colonne, aux muscles, au stress, au sommeil ou à l’activité. Une douleur nocturne peut aussi s’expliquer par une mauvaise literie, une inflammation articulaire, ou un problème cervical qui irradierait. Rien ne sert de se diagnostiquer seul à partir d’un symptôme, car cela peut s’avérer très dangereux pour votre santé mentale.

Ce que l’on peut retenir, en revanche, c’est une règle de bon sens : quand une douleur sort de votre schéma habituel, persiste, résiste aux solutions simples et s’accompagne de signes généraux (amaigrissement, fatigue, troubles digestifs, jaunisse), mieux vaut en parler tôt. Cancer.fr résume bien ce type de tableau en listant douleurs du dos et signes généraux possibles dans le cancer du pancréas, sans en faire un symptôme “unique” ou automatique.

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Faite appel à un professionel en cas de besoin

La douleur dorsale nocturne n’est pas, en soi, un verdict. Mais quand elle s’installe et qu’elle ne se comporte pas comme un simple “rhumatisme”, elle mérite d’être décrite précisément à un professionnel de santé. Le pancréas fait partie des causes rares mais possibles de douleurs projetées dans le dos, et c’est justement parce qu’on n’y pense pas toujours que certaines situations se diagnostiquent tard.

Écouter son corps ne signifie pas s’inquiéter pour tout. Cela veut surtout dire repérer ce qui change, ce qui dure, et ce qui s’accompagne d’autres signaux. Dans le doute, une consultation bien préparée vaut mieux qu’une automédication prolongée.

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