Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Science

Deux ans de calculs, un fusor dans la maison familiale : à 12 ans, Aiden vise un record Guinness

Publié par Cassandre le 29 Sep 2026 à 18:16
Deux ans de calculs, un fusor dans la maison familiale : à 12 ans, Aiden vise un record Guinness

À Dallas, un garçon de 12 ans ne passe pas ses soirées sur Fortnite. Il les passe devant un réacteur à fusion nucléaire installé dans une pièce de la maison familiale. Aiden McMillan a déposé un dossier auprès du Guinness World Records, mais la seule preuve qui compte dans cette histoire n’a rien de spectaculaire, et son record n’est pas encore acquis.

Deux ans de théorie imposés par ses parents avant la moindre vis

Aiden McMillan est élève du Dallas Independent School District, l’équivalent d’un collégien de 5e en France. Pendant la pandémie, il tombe sur des vidéos et des articles consacrés à la fusion nucléaire. L’idée ne le lâche plus : reproduire ces expériences à petite échelle.

Ses parents n’ont pas dit non. Ils ont posé une condition nette : deux ans de lectures, de calculs et d’évaluation des risques avant de toucher au moindre composant. Pas de théorie, pas de chantier.

Le garçon s’intéresse à la fusion depuis l’âge de 8 ans. Il a donc patienté, et ce délai pèse lourd dans l’histoire. Selon les informations disponibles, quatre ans plus tard, son dispositif aurait détecté des neutrons caractéristiques de la fusion, un jalon que de nombreux adultes n’atteignent jamais.

Rappelons le principe : la fusion consiste à rapprocher des noyaux légers pour en former un plus lourd, ce qui libère de l’énergie. C’est ce qui se passe au cœur des étoiles. Le reproduire dans une maison de Dallas relève du défi pur.

Un record mondial ne se décroche pas sur un coup de tête, et Guinness a d’ailleurs inventé ces classements pour arrêter des disputes de comptoir. Mais où un collégien trouve-t-il des pompes à vide et de l’instrumentation de laboratoire ?

Un atelier de West Dallas, une lueur violette… et une preuve que le regard ne suffit pas

La construction a lieu dans une pièce dédiée de la maison, et surtout au makerspace Launchpad, un atelier collaboratif à but non lucratif de West Dallas. Là, Aiden accède à des pompes à vide, à de l’instrumentation et à des conseils que sa famille ne pouvait pas lui offrir. Sans ce genre de lieu, reconnaît-il, son projet serait resté sur le papier.

Les records d’âge fascinent depuis longtemps : un bébé est même entré au Guinness à 10 mois pour ses tableaux vendus en Espagne. Ici, l’enjeu est d’une tout autre nature, scientifique et bien plus risquée.

Son appareil est un fusor de type Farnsworth–Hirsch, fondé sur le confinement électrostatique inertiel. Concrètement, une chambre à vide reçoit du deutérium, un isotope de l’hydrogène. Une haute tension accélère ensuite les ions vers une grille centrale.

Quand deux ions se percutent assez fort, ils fusionnent et éjectent un neutron. Pendant ce temps, le fusor affiche une belle lueur violette de plasma. Superbe sur une photo, mais elle ne prouve rien du tout.

Alors, qu’est-ce qui prouve qu’une fusion a bien eu lieu ? Comme le résume Futura Sciences, « les neutrons sont la seule preuve honnête ». Et c’est précisément ce qu’Aiden aurait mesuré : des neutrons à l’énergie attendue, comme dans les laboratoires professionnels.

Reste une question, la seule qui intéresse Guinness : est-il vraiment le plus jeune à y être arrivé ?

Adolescent en lunettes de protection à un établi de makerspace

Le record à battre appartient à un Américain de Memphis, à quelques heures près

Les records les plus improbables ne manquent pas, comme ces cils de 20,5 cm dont même les médecins ne s’expliquent pas la longueur. Celui d’Aiden se joue sur une ligne de calendrier.

Il a déposé un dossier pour la catégorie « youngest person to achieve nuclear fusion ». Sa demande est encore en cours d’examen, avec une validation expérimentale à la clé. Aucun titre n’est donc acquis à ce stade.

Le détenteur actuel est Jackson Oswalt, un Américain de Memphis. Il a réalisé de la fusion en 2018, quelques heures avant ses 13 ans. Son record a été homologué en 2020, après vérification par l’Open Source Fusor Research Consortium.

Autrement dit, la barre est placée à quelques heures avant 13 ans. À 12 ans, Aiden semble donc dans la course, sous réserve que sa validation aille au bout.

Une précision s’impose pour ne pas s’emballer. Son réacteur consomme bien plus d’énergie qu’il n’en produit : il ne pourrait pas alimenter une maison. Ce n’est pas une centrale miniature, c’est une démonstration de physique.

Mais alors, cette machine à haute tension dans une maison, est-elle dangereuse ?

Ce que ce fusor peut vraiment risquer, et la lignée des « fusionneers »

Le risque ne ressemble pas à ce qu’on imagine. Pas d’explosion façon centrale nucléaire, pas de déchets radioactifs massifs : la réaction s’arrête dès qu’on coupe le courant. Comme pour la foudre et son mythe tenace, la réalité est différente de la légende.

Les vrais dangers sont la haute tension et les rayons X produits quand des électrons frappent les parois. D’où un blindage et des dosimètres indispensables sur un projet aussi extrême. Les deux ans de préparation exigés par ses parents prennent alors tout leur sens.

Aiden n’est pas le premier de sa catégorie. Avant lui, Taylor Wilson avait construit un fusor fonctionnel à 14 ans, dans le garage familial, en 2008. Aiden s’inscrit dans cette lignée de « fusionneers » ultra précoces, portés par des communautés en ligne et des makerspaces bien équipés.

Même si son record n’est pas officialisé, l’histoire dit quelque chose de simple : un projet extrême commence rarement avec du matériel. Il commence presque toujours par des années de curiosité patiente, et un record, même le plus étonnant comme ce grand écart en roller, se prépare longtemps avant le jour J.

La suite dépendra de la validation expérimentale de Guinness. Le verdict n’est pas encore tombé.

Aiden a choisi ses lectures plutôt que ses écrans, et un atelier plutôt qu’un canapé. Reste à savoir si le Guinness suivra, mais les neutrons, eux, ont déjà parlé.

Si vous croyez avoir tout vu en matière de longévité, l’histoire de Lazare, probablement le plus vieux chien du monde, réserve une fin qui serre la gorge. Et si les grands chiffres vous fascinent, cette autoroute du désert cache la plus longue ligne droite du monde.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *