Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Animaux

« Tu étais notre petit bébé papi » : Lazare, probablement le plus vieux chien du monde, est mort à 30 ans près d’Annecy

Publié par Elsa Fanjul le 16 Mai 2026 à 9:08

Il était né sous Chirac, avait traversé trois décennies, portait des couches et dormait presque toute la journée. Lazare, petit épagneul nain papillon de Haute-Savoie, vient de s’éteindre à l’âge extraordinaire de 30 ans et cinq mois. Adopté seulement un mois avant sa mort, il aura connu deux maîtresses — et une histoire qui serre le cœur.

Retrouvé à côté du corps de sa première maîtresse

L’histoire de Lazare commence le 4 décembre 1995. Ce jour-là naît un minuscule épagneul nain papillon, une race reconnaissable à ses grandes oreilles dressées en forme d’ailes de papillon. Pendant la quasi-totalité de sa vie, il vivra auprès de la même personne, dans une fidélité absolue.

Mais quand sa propriétaire décède, Lazare est confié au refuge d’Annecy-Marlioz, en Haute-Savoie. Le détail qui bouleverse tout le personnel du refuge : le petit chien avait été retrouvé couché à côté du corps sans vie de sa maîtresse. Comme s’il montait la garde une dernière fois.

Anne-Sophie Moyon, agente animalière au refuge, confirme sa date de naissance dans deux registres distincts. Le calcul est vite fait : Lazare a 30 ans. Et à ce moment-là, personne ne sait encore qu’une jeune femme va lui offrir un dernier chapitre.

Ophélie cherchait un animal pour sa mère — elle est repartie avec Lazare

Ophélie Boudol, 29 ans, mère célibataire d’un garçon de 9 ans, se rend au refuge avec une idée simple : trouver un compagnon pour sa propre mère. Elle ne cherche rien pour elle. Chez elle, à Villy-le-Pelloux, deux chats l’attendent déjà.

Mais en voyant Lazare, tout bascule. « Je suis restée une demi-heure assise à côté de lui », raconte-t-elle à l’AFP. Puis elle lâche cette phrase qui résume tout : « Écoutez, si personne ne veut le prendre, ça ne me dérange pas, tant qu’il s’entend avec les chats. »

En quelques jours, le vieux chien s’installe dans sa nouvelle vie. Ophélie le berce contre elle, lui achète un nouveau panier, une couverture, un pull et un manteau. À 30 ans passés, Lazare ne voit plus, n’entend plus. Mais selon sa nouvelle maîtresse, il reste « très vif » et possède « une personnalité très attachante ». Le genre de lien entre un animal et son humain qui ne s’explique pas vraiment.

Un mois de bonheur, puis le départ

Mercredi soir, Ophélie remarque que quelque chose change. Le petit corps de Lazare faiblit. « Il a commencé à partir dans mes bras hier soir », confie-t-elle. La veille encore, elle lui avait acheté un panier plus adapté pour qu’il s’y installe confortablement.

Le lendemain, jeudi, Lazare s’éteint. Ophélie annonce son décès sur Instagram avec un message qui a ému des milliers de personnes : « Tu étais notre petit bébé papi. » La formule, douce et décalée, dit tout de ce qu’était ce chien : un très vieil animal avec une âme de nourrisson. « Finalement, il est parti rejoindre sa première maîtresse », ajoute-t-elle.

Un mois. C’est tout ce qu’aura duré leur histoire. Mais comme le savent tous ceux qui ont accompagné un animal en fin de vie, la durée ne fait pas la profondeur.

Le Guinness des records n’a jamais pu trancher

Quand l’équipe du refuge d’Annecy-Marlioz découvre l’âge réel de Lazare, elle réagit comme n’importe qui : c’est forcément un record. Anne-Sophie Moyon et ses collègues vérifient la date de naissance dans deux registres distincts. Tout concorde. Ils remplissent alors les formulaires d’inscription au Guinness des records, « pour plaisanter », précise l’agente.

Contacté par l’AFP, le Guinness World Records a indiqué ne pas avoir « reçu de demande ni de preuves associées » avant le décès de Lazare. L’organisme ne peut donc pas confirmer officiellement le record. Comme souvent dans le monde des records animaliers, la bureaucratie arrive après l’animal.

Le précédent détenteur du titre, un rafeiro de l’Alentejo portugais nommé Bobi, était supposément mort en 2023 à 31 ans. Mais en 2024, un réexamen a conclu qu’il n’existait « pas de preuves suffisantes et concluantes » de son âge réel. Le record a été invalidé. Ce qui signifie qu’avec ses 30 ans et cinq mois vérifiés par deux registres, Lazare pourrait bien avoir été, sans le savoir, le véritable doyen canin mondial.

Pourquoi cette histoire touche autant

On pourrait se dire que c’est juste un chien, juste un record. Mais ce qui rend l’histoire de Lazare si particulière, c’est la symétrie : deux femmes, deux fins de vie, et entre elles, un tout petit chien qui a traversé 30 ans sans jamais perdre son besoin d’être aimé.

Retrouvé auprès du corps de sa première maîtresse, adopté in extremis par une jeune femme qui ne le cherchait même pas, mort dans ses bras un mois plus tard. Lazare n’a pas battu un record. Il a raconté, en accéléré, tout ce qu’un animal peut représenter pour un être humain.

Pendant ce temps, la science continue de chercher comment ralentir le vieillissement des chiens. Mais aucun labo au monde n’a encore trouvé la formule de Lazare : 30 ans de vie, et pas un seul jour sans quelqu’un pour le tenir contre soi.

Rejoignez nos 875 726 abonnés en recevant notre newsletter gratuite

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *