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« Aucune dérogation ne sera donnée » : ce village de Seine-et-Marne ferme la porte aux familles pour sauver son école

Publié par Ambre Détoit le 20 Juil 2026 à 9:02
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École de village avec grille fermée en Seine-et-Marne

Un simple courrier envoyé fin mai 2026, et c’est tout un village qui s’agite. À Saint-Hilliers, petite commune de Seine-et-Marne proche de Provins, la maire vient de siffler la fin de la récré pour les familles qui scolarisaient leurs enfants ailleurs.

Fini les dérogations, fini le chéquier ouvert pour les frais d’écolage. Derrière cette décision radicale, une inquiétude bien réelle : celle de voir une classe fermer et un projet d’école tout neuf partir en fumée.

Une centaine d’élèves, et un courrier qui fait grincer des dents

Catherine Gallois, maire de Saint-Hilliers, a envoyé un courrier à toutes les familles ayant obtenu une dérogation pour scolariser leur enfant hors du village. Le message est sans ambiguïté : à partir de la rentrée de septembre 2026, plus aucune dérogation ne sera accordée. L’école élémentaire du village fait partie d’un regroupement pédagogique intercommunal (RPI) qui réunit aussi Voulton, Augers-en-Brie, Rupéreux, Courchamp et Les Marêts. Une centaine d’élèves y sont scolarisés, du CE1 au CM2.

Le problème, c’est l’argent. Chaque dérogation accordée oblige la commune à régler les fameux frais d’écolage à l’école d’accueil, calculés au niveau départemental. Cette année, Saint-Hilliers en comptait douze, hors de son propre RPI. La facture ?

Près de 12 000 euros, à raison d’environ 1 000 euros par élève et par an. Une somme que la mairie affirme ne plus pouvoir assumer, alors que les dotations aux communes se réduisent chaque année un peu plus.

Un million d’euros de travaux qui change toute l’équation

Car derrière cette décision, il y a un projet bien plus ambitieux qu’une simple économie de budget. La commune a engagé des travaux de modernisation de l’école pour un montant dépassant le million d’euros. Objectif affiché : construire une nouvelle cantine capable d’accueillir tous les élèves du RPI, mais surtout ouvrir une classe de CP, absente aujourd’hui du dispositif scolaire local.

Pour que ce projet tienne la route, il faut des élèves. Et c’est là que le bât blesse : chaque enfant scolarisé ailleurs est un enfant en moins dans les rangs, un argument en moins pour justifier l’investissement.

« C’est pourquoi je veux récupérer tous les enfants du village », insiste la maire, qui assume vouloir « ramener les habitants à la raison » pour l’avenir de la commune. Une logique qui rappelle celle observée dans d’autres petites communes françaises contraintes d’arbitrer entre budget et services publics de proximité.

Parent tenant une lettre officielle devant une mairie

Ce que dit vraiment la loi, et ce que ça change pour les familles

Contactée par nos confrères, l’Inspection académique apporte une précision de taille : financer les frais d’écolage n’est jamais une obligation légale. Il s’agit simplement d’un accord informel entre communes, que Saint-Hilliers a parfaitement le droit de dénoncer.

En revanche, une règle reste incontournable : un élève ayant commencé sa scolarité dans un établissement doit pouvoir la terminer au même endroit. Les enfants déjà bénéficiaires d’une dérogation ne seront donc pas expulsés du jour au lendemain, contrairement à ce que le courrier aurait pu laisser craindre.

Mais pour les nouvelles demandes, la porte est bel et bien fermée. L’Inspection académique reconnaît elle-même que cette décision pourrait « compliquer la vie des familles », notamment si des fratries se retrouvent séparées entre deux écoles différentes. La maire, elle, assure rester « à disposition » pour évoquer au cas par cas la situation des foyers concernés, un peu comme certaines collectivités ajustent leurs règles face à des réformes qui bousculent des habitudes bien ancrées.

Catherine Gallois précise toutefois un point : « La plupart des dérogations ont été accordées pour un an, pas plus. » Certaines familles avaient même inscrit leurs enfants ailleurs sans dérogation officielle, une pratique tolérée puisque l’école publique ne peut refuser aucun élève en France.

Pour ces cas-là, la mairie ne réglera plus un centime, quoi qu’il arrive. « Ce courrier a pour but de sensibiliser les habitants », résume l’élue, qui espère surtout voir revenir les enfants sur les bancs de l’école du village.

Un million d’euros investi, une classe de CP en projet, et un pari simple : plus d’enfants au village, plus d’avenir pour l’école. Reste à savoir si les familles concernées joueront le jeu, ou si elles préféreront affronter la complication administrative plutôt que de renoncer à l’établissement choisi pour leurs enfants.

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