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Selon le patronat, la génération Z ne serait pas prête pour le travail : seuls 6% des managers y croient

Publié par Ambre Détoit le 08 Sep 2026 à 7:20
Jeune employé pensif devant son ordinateur au bureau

Les baby-boomers qui répètent que les jeunes ne veulent plus travailler n’ont peut-être pas totalement tort. Plusieurs études récentes, menées par des instituts comme le Chartered Management Institute et la Hult International Business School, pointent un fossé béant entre les attentes des employeurs et la réalité des jeunes diplômés. Le chiffre qui inquiète le plus les recruteurs va bien au-delà d’un simple ressenti générationnel.

Un fossé confirmé par les grands patrons

Le constat ne vient pas seulement des chercheurs. Glenn Fogel, directeur général de Booking Holdings, déclarait dès 2024 que les jeunes salariés avaient besoin de davantage de formation pour comprendre l’organisation actuelle des entreprises. Un discours largement relayé, notamment à une époque où l’usage massif de l’IA au travail bouleverse déjà les repères de tous les salariés, jeunes comme confirmés.

Chez Whole Foods aussi, la direction a évoqué ce même manque de préparation. Le rapport du CMI, publié en juillet dernier, enfonce le clou : seuls 6% des managers estiment que les jeunes recrues sont prêtes pour le monde du travail, alors que 45% des membres de la génération Z jugent déjà disposer des compétences nécessaires. Un écart de perception qui explique en partie les tensions observées, y compris dans des secteurs très concrets comme la grande distribution, où les cadences ne pardonnent aucune approximation.

Ann Francke, directrice générale du CMI, résume la situation sans détour : trop de jeunes quittent l’école avec de l’ambition mais sans avoir été préparés aux réalités du travail, et leurs managers manquent eux aussi des outils pour les accompagner.

Ce que révèlent vraiment les chiffres des recruteurs

Une étude menée en 2024 par la Hult International Business School auprès de 800 responsables RH livre des données brutales. Plutôt que d’embaucher un jeune diplômé, 37% des dirigeants préfèreraient confier le poste à un robot ou à une IA. Une proportion qui fait écho aux inquiétudes exprimées ailleurs par des dirigeants tech, comme Elon Musk sur l’avenir du travail face à l’automatisation.

45% des dirigeants privilégieraient un travailleur indépendant plutôt qu’un jeune salarié, et près de 30% laisseraient carrément un poste vacant. La compétence la plus citée comme manquante reste la résilience : 91% des managers affirment que ce manque pèse déjà sur les performances.

Communication (98%), curiosité (93%), collaboration (92%), créativité (90%) et pensée critique (87%) complètent la liste des lacunes pointées. Selon le rapport du CMI, seul un manager sur dix, soit 12%, estime que les jeunes de son entreprise progressent comme prévu. Quand la progression n’est pas au rendez-vous, le manque de motivation et une mauvaise gestion du temps reviennent le plus souvent en cause, un peu à l’image des tensions déjà décrites autour de certaines démissions express qui ont fait réagir les recruteurs.

Graphiques de performance sur table de réunion professionnelle

Un monde du travail que personne n’a préparé à cette génération

Difficile pourtant de renvoyer toute la faute à la génération Z. Le climat professionnel actuel a été profondément bousculé par l’après-pandémie, entre retour au bureau imposé, télétravail intégral et nomadisme numérique. Beaucoup de jeunes ont vu leurs parents subir des burn-out ou stagner malgré des années à dire oui à tout, ce qui a changé leur rapport aux heures supplémentaires non rémunérées.

Le sentiment d’un avenir bouché touche aussi la retraite : selon des recherches de People’s Pension, 2,2 millions de jeunes adultes au Royaume-Uni, soit 12%, ont cessé d’épargner, convaincus qu’ils devront travailler indéfiniment.

Les universités portent également leur part de responsabilité. Près de 90% des dirigeants interrogés par Hult jugent essentiels des mentors carrière à l’université, mais seuls 36% des étudiants en ont bénéficié. Martin Boehm, vice-président exécutif chez Hult, résume : les cursus n’ont pas suivi le rythme d’un marché du travail mondial en pleine mutation. Un constat qui vaut aussi pour les compétences technologiques, puisque 97% des responsables RH jugent la maîtrise de l’IA indispensable, alors que seuls 20% des jeunes diplômés estiment la posséder.

Entre managers désarmés et jeunes mal préparés, personne ne sort vraiment gagnant de ce fossé chiffré noir sur blanc. Reste une question ouverte : qui, des écoles, des entreprises ou des pouvoirs publics, devra bouger en premier pour combler l’écart ?

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