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« Inacceptable » : trois jours sans solde pour avoir veillé sa femme à l’hôpital, l’usine s’explique

Publié par Ambre Détoit le 05 Oct 2026 à 14:38
Père inquiet dans un couloir d'hôpital

Un père de famille demande des congés pour accompagner sa femme opérée et garder leurs trois filles. À son retour, sa direction lui retire trois jours de salaire. Le syndicat dénonce une sanction « inacceptable et disproportionnée », et menace d’aller plus loin. Quant à l’entreprise, elle a sa propre défense, plus déroutante qu’on ne l’imagine.

Une opération fixée au 31 août et une demande de congé qui tourne mal

Tout se passe à Veduggio con Colzano, près de Milan, dans l’usine métallurgique Agrati. Un ouvrier y travaille, comme tant d’autres, jusqu’à ce que la maladie de son épouse bouscule le quotidien de la famille.

L’affaire remonte au début du mois de juillet, selon le quotidien italien Il Giorno, repris par La Dépêche. Dès que la date de l’opération sera connue, le salarié prévient sa direction qu’il devra s’absenter. Il joue la transparence, longtemps à l’avance.

L’intervention est finalement fixée au 31 août. L’ouvrier dépose alors une demande de congé couvrant l’hospitalisation, puis la convalescence. Il doit à la fois tenir le foyer et garder ses trois filles mineures, pendant que leur mère est à l’hôpital.

Quiconque a déjà jonglé entre les visites à l’hôpital, les repas et les cartables sait que ces semaines-là ne laissent aucun répit. Le salarié n’a rien d’un tire-au-flanc : il a anticipé, prévenu, demandé.

Reste une question que beaucoup de salariés se posent un jour, y compris en France : jusqu’où un employeur peut-il vous faire payer une absence liée à la santé ? Chez nous, la loi protège souvent davantage qu’on ne le croit, comme le montre le cas de ce salarié malade sommé de venir travailler.

Dans l’usine italienne, la suite a pris une tout autre tournure. Et c’est au retour de l’ouvrier que tout se joue.

Avertissement, puis sanction maximale : le retour glacial de l’ouvrier

Quand il reprend le travail, il ne trouve ni mot d’encouragement ni simple indifférence. Selon le récit rapporté par La Dépêche, il fait face à un accueil glacial.

La direction lui adresse d’abord un avertissement disciplinaire. Un premier signal, déjà lourd pour quelqu’un qui vient de traverser une opération familiale et un été de jonglage permanent.

Elle ne s’arrête pas là. L’entreprise lui inflige ensuite la sanction maximale prévue : une suspension de trois jours sans solde. Trois jours de salaire en moins, pour être resté au chevet de son épouse et s’être occupé de ses enfants.

Dans un foyer où l’on vient de vivre une hospitalisation, la perte d’une partie de la paie n’a rien d’anecdotique. Sans compter le symbole : celui d’un salarié sanctionné pour avoir fait ce que beaucoup jugeraient naturel.

Reste à comprendre comment l’entreprise justifie un tel choix. En France aussi, la question des congés agite régulièrement les relations de travail, comme le rappelle ce cas où l’on se demande si un patron peut imposer les dates de congés payés.

La défense d’Agrati, elle, est plus particulière. D’après les propos rapportés, la décision « relève pleinement du congé payé prévu par la convention collective nationale du secteur de la métallurgie pour faire face à des urgences familiales imprévues ». Autrement dit, selon la multinationale, c’est ce cadre précis qui justifierait la retenue de salaire.

L’argument laisse perplexe : l’opération avait été annoncée dès juillet, et la date arrêtée bien avant le 31 août. Le syndicat, lui, n’a pas du tout la même lecture.

Atelier métallurgique vide avec veste de travail pliée

Le syndicat sort l’artillerie : excuses, grève et Inspection du travail

Le dossier rappelle d’autres bras de fer entre un salarié et sa direction, comme celui de ce chef de chantier qui a gagné plus de 100 000 € face à son patron. Ici, c’est le syndicat Fiom-Cgil Monza e Brianza qui monte au front.

Il juge la sanction « inacceptable et disproportionnée ». Plus cinglant encore : il estime qu’elle contredit « les valeurs de durabilité sociale et de respect de l’individu » affichées dans le code d’éthique de l’entreprise.

Son représentant dans la métallurgie, Claudio Rendina, n’a pas mâché ses mots. « Il est inacceptable qu’un travailleur soit sanctionné pour avoir choisi de soutenir sa femme et ses filles malades », a-t-il martelé.

Les demandes du syndicat sont précises. Il exige le retrait immédiat de la sanction, des excuses de la direction et un « retour à une conduite éthique et équitable ». Trois points, aucun flou.

Mais la Fiom-Cgil prépare aussi la suite. Elle n’exclut pas d’appeler à la grève, et a annoncé saisir l’Inspection du travail pour vérifier la légalité de la procédure disciplinaire.

Voilà donc le fin mot de l’affaire : une usine qui s’abrite derrière sa convention collective, un syndicat qui parle de valeurs bafouées et un contrôle officiel en vue. Reste à voir ce qui peut en sortir.

Ce qu’il faut surveiller dans les prochains jours

D’après les éléments publiés, rien n’indique à ce stade que la direction ait retiré sa décision ni répondu aux exigences d’excuses. La suite dépendra de deux choses : la réaction de l’entreprise et le verdict de l’Inspection du travail.

Si le syndicat met sa menace à exécution, un mouvement de grève pourrait toucher l’usine de Veduggio con Colzano. Pour l’heure, il s’agit d’une option évoquée, pas d’un appel lancé.

Sur la place publique, l’affaire ne laisse personne indifférent. Sous l’article de La Dépêche, certains lecteurs s’interrogent sur le fait que l’employeur doive « prendre en charge la maladie des autres », quand d’autres dénoncent un manque d’humanité et d’empathie.

Ce clivage dit quelque chose : où s’arrête le rôle de l’entreprise quand la vie privée bascule ? La question touche tous les salariés, jusqu’aux règles sur les arrêts de travail que le gouvernement français veut resserrer.

Dernier point à garder en tête : les chiffres rapportés (trois jours, trois filles, une opération au 31 août) sont issus de la presse locale, et c’est elle qu’il faudra relire pour connaître l’issue. Savoir ce que prévoit la loi, c’est aussi un réflexe utile, comme pour ces salariés à qui l’on interdit de parler de leur salaire alors que la loi dit le contraire.

Dans cette histoire, c’est la proportion qui fait débat : trois jours de salaire contre quelques semaines au chevet d’une épouse.

Pour une fois, une université a su faire preuve de bon sens face à une mère : la solution trouvée pour cette candidate italienne après son accouchement prouve que l’humain peut gagner. Et si la question des familles vous travaille, ce dispositif à 250 € par mois pendant 20 ans pour chaque enfant fait justement beaucoup parler les parents.

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