À Saint-Savin, la maire RN supprime la cantine gratuite des plus modestes, mais augmente ses indemnités

À Saint-Savin, en Gironde, la rentrée a un goût amer pour de nombreuses familles. Depuis le 1er septembre, la municipalité dirigée par le Rassemblement national a mis fin à la gratuité de la cantine et du périscolaire pour les foyers les plus modestes. Une décision qui touche 375 familles et s’accompagne d’une hausse générale des tarifs. Ce que révèle ce dossier sur les vraies priorités de la mairie risque de faire grincer des dents.
Une rentrée plus chère pour les familles fragiles
Depuis le 1er septembre, les tarifs de la restauration scolaire ont grimpé à Saint-Savin. Djamila, mère d’un enfant scolarisé en CM2, a vu le prix du repas passer de 1,50 € à 2 €. Sur un mois, la facture augmente d’environ 10 euros.
Une somme qui pèse lourd pour cette mère seule, dans un contexte où le pouvoir d’achat des Français recule depuis plus de 15 ans. La nouvelle municipalité, dirigée par le Rassemblement national depuis les dernières élections, justifie la mesure par la nécessité de maîtriser les coûts de fonctionnement.
Cette hausse locale s’inscrit dans un climat national déjà tendu, où les annonces de François Bayrou sur le pouvoir d’achat inquiètent de nombreux foyers. Mais à Saint-Savin, le vrai bouleversement ne se limite pas aux tarifs. Un nouveau règlement intérieur vient rebattre les cartes pour des centaines de familles.
La fin de la gratuité pour les plus modestes
Le nouveau règlement périscolaire adopté par la mairie change la donne pour les foyers aux revenus les plus faibles. Jusqu’ici, ces familles bénéficiaient d’un accès gratuit à la cantine et à certaines activités périscolaires. Ce dispositif social vient d’être purement et simplement supprimé.
Le texte introduit aussi des pénalités financières inédites. Un repas commandé sans réservation préalable, ou un retard lors de la récupération d’un enfant au périscolaire, seront désormais facturés. Une rigueur nouvelle qui tranche avec les dispositifs d’aide habituellement mis en avant pour soutenir les ménages modestes.
Au total, la réforme concerne 375 familles d’élèves des écoles maternelles et primaires de la commune. Un chiffre conséquent pour une petite ville girondine. Certains parents découvrent ainsi, à la rentrée, qu’un droit qu’ils croyaient acquis vient de disparaître, dans un contexte où certaines réformes de l’épargne inquiètent déjà les Français.

Une hausse des indemnités qui passe mal
Comme d’autres élus récemment pointés du doigt pour leur train de vie, la maire de Saint-Savin et ses adjoints voient leurs indemnités augmenter au même moment. Un timing qui alimente la colère de l’opposition municipale, laquelle dénonce une décision jugée injustifiée.
L’association des parents d’élèves réclame, elle aussi, davantage d’explications sur les critères retenus pour supprimer la gratuité. Pour beaucoup de foyers, le calcul est simple : quelques dizaines d’euros économisés côté cantine, quand les indemnités des élus grimpent de leur côté. Un contraste qui rappelle les arbitrages serrés que doivent faire chaque mois les familles aux revenus modestes.
La mairie, de son côté, maintient sa position et assure vouloir équilibrer les comptes de la commune. Mais pour Djamila et les 374 autres familles concernées, cette rentrée restera celle où la gratuité a pris fin, sans réelle concertation préalable.
À Saint-Savin, la gratuité de la cantine n’aura pas résisté à l’arithmétique budgétaire de la nouvelle municipalité. Reste une question simple, que se posent aujourd’hui de nombreux parents : jusqu’où une commune peut-elle rogner sur l’aide aux plus modestes sans y laisser sa cohésion sociale ? Le débat, lui, ne fait que commencer.