Icône menu hamburger Icône loupe de recherche
  1. TDN >
  2. Société

Gâteaux, chocolats, viennoiseries : les députés approuvent l’élargissement de la taxe sur les aliments sucrés au budget

Publié par Ambre Détoit le 15 Oct 2026 à 11:18
Rayon de supermarché garni de biscuits et chocolats

Un paquet de biscuits dans le caddie, une barre céréalière dans le sac, un pain au chocolat pour le goûter. Des gestes anodins du quotidien. Pourtant, ces produits pourraient bientôt coûter plus cher, et un seuil précis décide de ceux qui seront touchés.

Après les sodas, ces produits du quotidien dans le viseur des députés

Mercredi, les députés de la commission des affaires sociales ont donné leur feu vert à une extension de la « taxe soda ». Cela s’est joué lors de l’examen du budget de la Sécurité sociale pour 2027. Le texte n’est donc pas encore définitif, mais le signal est net.

Jusqu’ici, cette fiscalité visait les boissons sucrées. Désormais, elle s’étendrait aux pâtisseries industrielles, aux céréales du petit-déjeuner, aux barres céréalières, aux confiseries et aux produits chocolatés préemballés. Autrement dit, une bonne partie des rayons les plus tentants du supermarché.

L’argument des défenseurs de la mesure est sanitaire. Selon les estimations avancées dans le projet de loi, environ un tiers des apports en sucres des enfants et des adolescents provient de ces catégories de produits. Le chiffre explique l’insistance du gouvernement.

Il parle d’une « amélioration de l’offre » alimentaire et veut aussi limiter les dépenses de santé liées aux maladies chroniques. Obésité, diabète, maladies cardiovasculaires : le trio est cité noir sur blanc. On rappelle d’ailleurs que le sucre ne se cache pas qu’au dessert, comme le montre ces aliments qui inquiètent les chercheurs.

Reste à savoir à partir de quand un produit devient taxable. Et là, le seuil est plus bas qu’on ne le pense.

Un seuil, un barème et une logique inspirée des Britanniques

Le mécanisme repose sur la teneur en sucre. La taxation débuterait à partir de 10 grammes de sucre pour 100 grammes de produit. Autant dire que beaucoup de biscuits, de céréales et de chocolats sont largement au-dessus.

Le barème serait progressif. Plus le produit est sucré, plus la taxe grimpe, jusqu’à un plafond de 22 euros pour 100 kilos. L’idée n’est pas de rapporter à tout prix, mais de pousser les fabricants à revoir leurs recettes.

Cette stratégie s’inspire de l’expérience britannique. Là-bas, la taxation des boissons sucrées a encouragé les industriels à modifier leurs formules. Les défenseurs du texte espèrent le même effet sur les gâteaux et les confiseries.

Les députés ont aussi pensé à la parade évidente. Remplacer le sucre par des édulcorants de synthèse ne ferait pas échapper à la taxe : les produits qui en contiennent seraient également concernés. L’objectif est d’éviter un simple tour de passe-passe sur l’étiquette.

Côté arguments, les parlementaires favorables martèlent qu’« il faut une fiscalité nutritionnelle ». Ils rappellent que le diabète coûte 11 milliards d’euros chaque année à l’Assurance maladie. Un chiffre qui pèse lourd dans le débat, comme celui des taxes sur d’autres produits, par exemple la taxe bonbon déjà évoquée dans nos colonnes.

Mais tout le monde n’applaudit pas. Et certains élus craignent que la mesure rate sa cible.

Salle de commission parlementaire vue de dos

Ce que la taxe épargnerait, et les voix qui s’élèvent contre elle

Premier détail à retenir : tout le monde ne paierait pas. Les productions artisanales, fabriquées et vendues directement aux consommateurs, seraient épargnées par le dispositif examiné en commission. Le croissant du boulanger du coin ne serait donc pas concerné, contrairement à la viennoiserie industrielle préemballée.

La frontière tient à un critère simple : la fabrication et la vente en direct. Ce sont les produits industriels qui sont visés, pas le savoir-faire de quartier. Voilà qui devrait rassurer les artisans, même si le texte reste à préciser.

Côté critiques, une phrase résume l’inquiétude de certains élus : « une taxe qui frappe tout ne désigne plus rien ». Leur crainte est qu’une taxation trop générale perde son sens et son efficacité. Une taxe censée orienter les recettes risque de n’être qu’une taxe de plus.

À l’opposé, le député Cyrille Isaac-Sibille veut aller plus loin. Il souhaite cibler aussi les aliments ultratransformés, dont la consommation est associée à plusieurs risques sanitaires. Son idée élargirait considérablement le périmètre.

Voilà donc la réponse à la question qui se pose : ce sont bien les gâteaux, chocolats, céréales et viennoiseries industriels, dès 10 g de sucre aux 100 g, qui seraient taxés, avec un plafond à 22 euros les 100 kilos. Mais le texte n’a pas encore passé toutes les étapes.

Ce qui reste à jouer avant que la taxe n’arrive en rayon

Le vote en commission n’est qu’une première marche. Le budget de la Sécurité sociale pour 2027 doit encore poursuivre son parcours, et rien ne dit que la mesure survivra telle quelle. Le périmètre, le seuil et le barème peuvent encore bouger.

Le point à surveiller sera l’éventuelle extension aux ultratransformés défendue par Cyrille Isaac-Sibille. Elle ferait basculer le débat d’une taxe sur le sucre vers une vraie fiscalité nutritionnelle. Et elle donnerait du grain à moudre à ceux qui redoutent une taxe fourre-tout.

Pour le consommateur, la question du prix en rayon se posera forcément. Le texte ne détaille pas ce que paieront les ménages, mais on sait que le but affiché est de faire reformuler les produits plutôt que de les renchérir. Les taxes sur l’alimentation ont déjà alimenté d’autres débats, comme le projet de « chèque fruits et légumes » pour financer une taxe sur le sucre.

Le dossier croise aussi celui des habitudes de consommation des Français. Reste à voir si les fabricants joueront le jeu, comme au Royaume-Uni, ou s’ils répercuteront la facture. Pour mesurer ce que les Français avalent vraiment, le classement des boissons les plus consommées réserve quelques surprises.

L’affaire est loin d’être close, et chaque étape du budget peut la faire basculer.

Le message des députés tient en une ligne : le sucre industriel a désormais un prix, dès 10 grammes aux 100. Maintenant que le rayon biscuits est sous surveillance, que se cache-t-il derrière les prix des produits que l’on croit connaître ?

Le coût réel d’une bouteille de Coca-Cola à 2 € tient en un chiffre qui interpelle. Et si le goûter vous donne des idées de bons plans, le sandwich que 4 diététiciennes choisissent chez McDonald’s va sûrement vous surprendre.

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *