Barthez : c’est déjà fini ?
Fabien Barthez retrouve les Bleus et personne ne s’y attendait vraiment. Nommé entraîneur des gardiens aux côtés de Zinedine Zidane, l’ancien champion du monde 1998 semble avoir retrouvé toute sa superbe. Mais un vote organisé loin des terrains vient de lui rappeler que la mémoire des supporters peut être cruelle.

Un retour en fanfare chez les Bleus
Après avoir déjà dépanné Laurent Blanc puis Raymond Domenech comme consultant par le passé, Fabien Barthez a cette fois signé un vrai come-back officiel. Il occupe désormais le poste d’entraîneur des gardiens de l’équipe de France, aux côtés de Zinedine Zidane, tout juste installé sur le banc des Bleus.
Et visiblement, son discours fait mouche. D’après L’Équipe, Mike Maignan aurait été immédiatement conquis par les méthodes du « Divin chauve ». La preuve la plus flagrante ? La prestation XXL du portier des Bleus vendredi en Turquie, qui ne devrait rien au hasard selon le quotidien sportif. De quoi rassurer le nouveau staff médical de Zidane, encore en train de se构成 autour du sélectionneur.
Sur le papier, tout va donc pour le mieux pour l’ancien gardien de Marseille et de Manchester United. Sauf que du côté de Toulouse, la ville où tout a commencé pour lui, l’histoire ne se raconte pas de la même façon. Et ce n’est pas un simple détail.
Le vote qui fait mal chez les supporters toulousains
Le site Les Violets, dédié au Toulouse FC, a lancé une Coupe des légendes du club, votée par les fans eux-mêmes. Objectif : élire, tour après tour, le joueur qui a le plus marqué l’histoire récente et ancienne du TFC.
Fabien Barthez, formé au club avant de s’envoler pour Marseille, y figurait logiquement. Il avait d’ailleurs franchi un premier tour préliminaire en dominant Gérald Passi. De quoi laisser penser que la nostalgie jouerait en sa faveur pour la suite du tournoi, comme son statut de légende du foot français le laissait supposer.
Mais en huitièmes de finale, les supporters toulousains ont dû départager Fabien Barthez et un autre gardien emblématique du club : le Néerlandais Branco van den Boomen. Et le verdict est tombé, sans appel : 67% des voix se sont portées sur van den Boomen, qualifié directement pour les quarts de finale. Barthez, lui, se retrouve éliminé, malgré son passé de champion du monde et de champion d’Europe.

Pourquoi les Toulousains ont préféré l’oublier
Difficile de comprendre ce choix sans regarder les chiffres de plus près. Le passage de Fabien Barthez à Toulouse fut en réalité très court : seulement 28 matchs disputés avec le club haut-garonnais.
Son premier match remonte à septembre 1991, et il ne le doit qu’à l’absence conjointe des deux autres gardiens du club. Un an plus tard à peine, le natif de Lavelanet quittait déjà Toulouse pour rejoindre l’Olympique de Marseille, où il allait décrocher la Ligue des champions dès 1993. Un passage éclair, presque anecdotique, comparé à ce qu’a vécu Branco van den Boomen sous le maillot violet.
Le Néerlandais, lui, est resté trois saisons entières à Toulouse. Il a activement participé à la remontée du club en Ligue 1 en 2022, avant de contribuer à une victoire en Coupe de France la saison suivante.
D’après Les Violets, il est même « considéré comme le joueur le plus marquant de l’ère récente » du TFC, ce qui lui avait valu une qualification directe pour le tableau final de cette Coupe des légendes.
Face à un tel bilan, les 28 matchs de Barthez pesaient forcément moins lourd dans le cœur des supporters, qui ont préféré célébrer celui qui a vraiment marqué l’histoire récente du club plutôt que la légende de passage.
Ce que révèle ce vote sur la mémoire des clubs
Cette élimination, aussi symbolique soit-elle, ne remet évidemment rien en cause côté équipe de France. Fabien Barthez continue son travail auprès de Mike Maignan, dans l’ombre bienveillante de Zinedine Zidane, désormais aux commandes des Bleus.
Mais l’épisode toulousain rappelle une règle assez simple du football : la mémoire collective des supporters se construit d’abord sur la durée et l’impact réel, pas uniquement sur le prestige d’un palmarès. Un champion du monde peut très bien perdre un vote populaire face à un joueur resté plus longtemps et plus impliqué dans le quotidien du club.
Ce genre de sondage nostalgique, organisé par des sites de supporters comme Les Violets, en dit long sur l’attachement réel des fans à leurs anciens joueurs. Reste à savoir si Branco van den Boomen ira au bout de cette Coupe des légendes, et qui pourrait bien se dresser sur sa route en quarts de finale. Une chose est sûre : à Toulouse, on n’a visiblement pas oublié qui a vraiment fait vibrer le stade.
Un champion du monde recalé par son propre club formateur, voilà une leçon d’humilité que même les plus grands palmarès n’effacent pas toujours. Et si cette histoire de mémoire collective vous intrigue, ce quartier de Marseille où Zidane a appris le foot risque de vous surprendre tout autant. Quant à ceux qui suivent de près les coulisses du nouveau staff des Bleus, la réponse de Zidane sur Deschamps a marqué toute une salle lors de sa présentation.