Son père n’a jamais été appelé chez les Bleus, lui si : Pablo Pagis, la surprise de Zidane

Il a 23 ans, une carrière encore courte et un nom que les fans de foot connaissent déjà. Pablo Pagis vient d’entrer dans la liste de Zinédine Zidane, et presque personne ne l’attendait. Entre un père passé par l’OM sans jamais goûter aux Bleus et un record vieux de plus d’un demi-siècle, son histoire cache plusieurs surprises.
Une liste de 23, un forfait et un joueur que Zidane voulait voir
Vendredi soir, l’annonce tombe : Zinédine Zidane dévoile les 23 noms retenus pour les prochains matchs des Bleus. Parmi eux, une tête inédite. Pablo Pagis, milieu offensif du Paris FC, né le 29 décembre 2002 à Montbéliard, découvre le groupe de l’équipe de France pour la première fois.
Le rendez-vous est de taille. Les Tricolores affrontent l’Italie le 12 novembre, puis la Turquie le 15 novembre, dans le cadre de la Ligue des nations. Pour un joueur qui n’avait jamais connu ce niveau de proximité avec les Bleus, la marche est haute.
Selon RMC Sport, cette convocation doit beaucoup à un concours de circonstances : le forfait de Maghnes Akliouche, blessé. Le sélectionneur y voit une occasion de tester un profil qu’il suivait déjà. Depuis que Zidane est officiellement aux commandes des Bleus, il répète qu’il veut voir des joueurs.
Ses mots sont clairs : « Je veux voir des joueurs, j’ai la possibilité de choisir. Par exemple, Pablo Pagis, c’était l’occasion. Akliouche est blessé, je fais ce choix aujourd’hui, j’ai envie de le voir avec nous. » Il tempère aussitôt : « Je ne sais pas comment ça va se passer, on verra son temps de jeu. »
Autrement dit, aucune promesse de minutes. Mais une porte ouverte, et c’est déjà énorme. Reste à comprendre comment un garçon né dans le Doubs, formé en Bretagne, a fini par attirer l’œil du sélectionneur.
De Pont-Péan au Paris FC : sept saisons de patience en Bretagne
Tout commence loin des projecteurs. Pablo Pagis touche ses premiers ballons à cinq ans, à l’US Pont-Péan. En 2012, il rejoint le centre de formation du Stade Rennais, où il reste six saisons, avant de filer à Lorient en 2018.
En décembre 2021, à 19 ans, il signe son premier contrat professionnel avec les Merlus. Mais la place ne se libère pas tout de suite. Il prolonge en août 2022 jusqu’en juin 2026, puis part se faire les dents ailleurs.
Premier prêt : le Nîmes Olympique, en Ligue 2, pour la saison 2022-2023. Il y claque huit buts et distribue quatre passes décisives. En janvier 2024, nouveau prêt, cette fois au Stade Lavallois : 18 matches et quatre buts en six mois.
Le vrai déclic arrive à l’été 2024. Revenu à Lorient, Pagis s’installe dans le groupe et participe à la remontée en Ligue 1, couronnée par un titre de champion de Ligue 2. Son contrat est prolongé jusqu’en juin 2027. Pour comprendre jusqu’où peut aller un tel pari, on peut aussi regarder le choix de capitaine que Zidane aurait déjà en tête.
Dans l’élite, il confirme : dix buts et cinq passes décisives en Ligue 1. Son bilan lorientais s’arrête à 63 rencontres, 15 buts et 14 passes décisives. À l’été 2026, le Paris FC débourse, selon les chiffres cités par RMC Sport, environ 16 millions d’euros et l’engage jusqu’en juin 2031.
Depuis, il s’est vite imposé dans le onze parisien. Zidane le résume ainsi : « Il est intéressant, différent. » Et puis il y a ce nom de famille, qui ne sort pas de nulle part.

Mickaël Pagis, le père qui n’a jamais touché aux Bleus
Avant d’aller plus loin, un détail sur le staff : Zidane compose son entourage avec une exigence très marquée. Revenons à Pablo, car son patronyme parle aux amateurs de football français.
Il est le fils de Mickaël Pagis, ancien attaquant passé par Nîmes, Sochaux, Strasbourg, Rennes et l’Olympique de Marseille. Son père a soulevé la Coupe de la Ligue avec Sochaux en 2004, puis avec Strasbourg en 2005. Il a aussi été vice-champion de France avec l’OM en 2007.
Côté finales, la malchance l’a poursuivi : finaliste de la Coupe de France à trois reprises, en 2006 et 2007 avec Marseille, puis en 2009 avec Rennes. Un palmarès solide, mais une case restée vide.
Car Mickaël Pagis a connu les sélections françaises chez les minimes, les cadets et les espoirs, sans jamais franchir le dernier palier, l’équipe de France A. Il a tout de même porté le maillot tricolore en beach soccer, entre 2010 et 2014.
Voilà le cœur de l’histoire. Son fils va réaliser ce que le père n’a jamais réussi : intégrer le groupe de l’équipe de France première. Le football a toujours habité la famille, mais les deux trajectoires divergent ici.
Et ce n’est pas tout. Cette convocation fait aussi entrer son club dans les livres d’histoire, ce que presque personne n’avait vu venir.
Un record du Paris FC qui remonte à mai 1973
Pablo Pagis devient le premier joueur du Paris FC appelé chez les Bleus depuis mai 1973. À l’époque, Louis Floch et Jean-Paul Rostagni étaient les derniers représentants du club francilien à connaître cet honneur. Un demi-siècle d’attente pour un club de la capitale.
Pour le joueur, c’est un cap symbolique, au bout d’un parcours bâti patiemment entre la Bretagne et la Ligue 1. Pour le club, c’est une belle vitrine, quelques mois après un investissement de plusieurs millions d’euros.
Reste la grande inconnue : le terrain. Zidane a prévenu qu’il verrait son temps de jeu sur place. Pagis peut donc tout aussi bien partir de la liste des 23 sans entrer en jeu que découvrir l’Italie ou la Turquie en cours de match.
Le contexte familial s’annonce aussi particulier. Le grand retour de Zizou chez les Bleus est vécu de près par les siens, comme le raconte l’entourage du sélectionneur, qui vit déjà ce retour en Bleu. Chaque rassemblement devient un événement.
Dans l’équipe, d’autres figures de 98 reviennent aussi. Fabien Barthez a retrouvé un rôle clé auprès de Zidane, vingt-sept ans après leur sacre commun. L’ambiance de ce groupe mêle donc nouveauté et nostalgie.
Pour Pagis, la mission est simple : profiter, observer et convaincre. Une première convocation ne garantit rien, mais elle change un nom de famille à jamais.
Un père jamais appelé, un fils déjà dans le groupe : la boucle est bouclée, et c’est peut-être le plus beau coup de Zidane. Et si vous vous demandez ce que ce nouveau chapitre coûte, le contrat que Zidane a arraché à la FFF dépasse ce que Deschamps avait obtenu. Quant à la photo qui relance la plus grande rumeur marseillaise, Zidane à Marseille avec l’OM a enflammé les réseaux.