Pauline Ferrand-Prévot abandonne le Tour de France femmes : la vraie raison enfin révélée par Marion Rousse
La tenante du titre a jeté l’éponge à deux étapes de la fin. Pauline Ferrand-Prévot, malade, a dû abandonner le Tour de France femmes ce samedi, alors qu’elle pointait à la 14e place du général. Un échec brutal pour la championne du monde en titre. Mais derrière le mot « malade », deux voix autorisées avancent une explication bien plus profonde sur ce qui a réellement cloché.

Un abandon qui prend tout le monde de court
L’annonce est tombée peu avant le départ de la huitième étape, via l’équipe Visma-Lease a Bike. Pauline Ferrand-Prévot ne prendra pas le départ, trop diminuée pour continuer. Un coup dur pour celle qui portait les espoirs français sur ce Tour de France féminin.
À près de 15 minutes du maillot jaune au classement général, la marge d’erreur était déjà mince. Ce genre d’abandon, à ce stade de la course, ne s’explique jamais par un simple coup de fatigue. Il fallait une analyse plus fine, et c’est justement ce qu’a livré Paul Brousse, sélectionneur de l’équipe de France féminine, sur les ondes de RMC. Son constat, posé et mesuré, ouvre une porte que peu osaient franchir jusqu’ici.
La théorie du curseur poussé trop loin
Paul Brousse ne mâche pas ses mots, tout en restant prudent. « Elle a paru physiquement un peu comme l’an passé, affûtée, mais comme les autres aussi », explique-t-il. Le vrai problème, selon lui, se situerait ailleurs : dans la récupération, pas dans la préparation.
« On a tout de suite vu qu’elle donnait l’impression d’être un peu fatiguée, de ne pas avoir suffisamment récupéré », précise le technicien.
Sa théorie est simple mais troublante : face à des adversaires qui « ont bien bossé », l’équipe aurait peut-être voulu « mettre le curseur encore un peu plus haut que les années précédentes ». Résultat : la période de repos avant la course n’aurait pas suffi à absorber cette charge supplémentaire.
Un excès de zèle qui se serait retourné contre la championne.

Marion Rousse confirme : les adversaires ont franchi un cap
La patronne du Tour de France femmes, Marion Rousse, ne contredit pas cette lecture. Au contraire, elle enfonce le clou avec une franchise rare pour une organisatrice parlant d’une figure aussi centrale de son épreuve. « Pauline n’était pas au niveau de l’année dernière.
Elle a fait une préparation à 100% », rappelle-t-elle, avant d’ajouter cette phrase qui résume tout le paradoxe du sport de haut niveau : « Vous faites les mêmes sacrifices et ça fonctionne moins bien. »
Le détail le plus révélateur vient de Demi Vollering, sa rivale directe. Elle avait confié à Marion Rousse que si Pauline Ferrand-Prévot avait retrouvé son niveau de l’année précédente, elle n’aurait « pas été capable de la battre ».
Autrement dit : ce n’est pas seulement Pauline qui a régressé, c’est le plateau entier qui a progressé autour d’elle. Paul Brousse partage ce diagnostic à double tranchant : « Les adversaires directes ont passé un petit cran. Pauline, j’ai l’impression qu’elle était moins forte que l’an passé. »
Reste une nuance de taille, et c’est Marion Rousse qui la pose : « Cela ne veut pas dire qu’elle ne sera pas dans la course au maillot jaune dans un an. » Un abandon n’est jamais une sentence définitive dans une carrière de cycliste.
Entre surmenage à l’entraînement et concurrence qui monte en puissance, l’équation reste ouverte. Comme le résume Paul Brousse lui-même, il faudrait « le poids exact des athlètes » et des data scientists pour vraiment trancher. En attendant, une question reste en suspens : Pauline Ferrand-Prévot saura-t-elle rebondir dès l’année prochaine ?