« Le moment est venu » : à 41 ans, Ronaldo rend le numéro 7 après 234 sélections et 146 buts
Il a marqué plus que n’importe qui avant lui avec le Portugal. Ce jeudi matin, Cristiano Ronaldo a pourtant choisi de poser sa plume sur le papier plutôt que son pied sur un ballon. Une lettre, une caméra, cinq minutes. Et une phrase, sur le numéro 7, que tout un pays va relire longtemps.

Une vidéo de cinq minutes qui a fait taire le Portugal
Pas de conférence de presse. Pas de stade. Selon Le Parisien, Cristiano Ronaldo a publié ce jeudi matin sur ses réseaux sociaux une vidéo dans laquelle il apparaît face caméra, en train de lire une lettre. Durée : cinq minutes.
Le message tient en trois mots, lancés dès l’ouverture : « Le moment est venu ». Une formule simple, presque sobre, pour un joueur dont la carrière a été tout sauf discrète.
Le contexte rend l’annonce encore plus lourde. Fin septembre, le dernier match de l’attaquant sous le maillot de la Seleção remontait au 24 septembre, face au Pays de Galles (1-0). Et à ce moment-là, personne ne parlait d’adieux.
Car le record du sixième Mondial que même Messi n’a pas encore semblait annoncer tout autre chose qu’une fin : une fin de cycle en apothéose, peut-être. À 41 ans, le capitaine avait encore la porte ouverte.
Alors pourquoi claquer cette porte maintenant, alors que la fédération venait de la lui rouvrir ? La réponse se cache dans un calendrier précis.
Préconvoqué, puis plus rien : le calendrier d’un adieu
Rembobinons. En septembre, Ronaldo avait quitté prématurément le rassemblement du Portugal, sur fond de tensions avec le sélectionneur Jorge Jesus. Le Parisien parle d’un « psychodrame » au Portugal.
Le dossier avait de quoi durer. Parti sans permission après sa dispute avec Jorge Jesus, l’attaquant avait écopé d’une suspension de 30 jours. Une sanction qui, sur le papier, ne l’écartait que quelques semaines.
Cette suspension a bel et bien pris fin. Et la Fédération portugaise de football (FPF) a immédiatement fait le geste : Ronaldo avait été préconvoqué pour le rassemblement de novembre, avec deux rencontres de Ligue des nations au programme.
Au menu : le Danemark, puis le pays de Galles, les 14 et 17 novembre. Autrement dit, la route vers un retour était dégagée, sans obstacle réglementaire.
C’est ce qui rend la décision si frappante. Rien ne l’empêchait de revenir. Rien, sauf lui. L’attaquant d’Al-Nassr a donc choisi de tourner la page de son propre chef, alors que la sélection lui ouvrait grand les bras.
Reste à savoir ce que contient précisément cette lettre. Car c’est dans ses mots, plus que dans les faits, que se joue l’adieu.

« Rendre le numéro 7 » : les mots exacts de sa lettre
Avant de lire ce passage, un détail à garder en tête : Ronaldo avait déjà promis de dire toute la vérité au moment de son départ du rassemblement. Dans cette vidéo, il ne revient pas sur la dispute. Il parle d’autre chose.
« Le jour est venu de rendre le numéro 7 de notre sélection à tous », lit-il. Puis il ajoute : « Ce n’était pas une décision facile, car certaines décisions ne se prennent pas seulement avec la tête, mais aussi avec le cœur. »
Le cœur du message est là. Pas d’amertume affichée, pas de règlement de comptes. Il dit avoir voulu « gagner, être le meilleur, entrer dans l’histoire » et avoir « tout donné pour ce maillot ».
Puis vient la phrase qui résume tout : « Les buts passent, les trophées restent dans les musées, les records finissent par être battus. Mais il y a quelque chose que le temps ne pourra jamais effacer : la place que nous occupons dans le cœur des gens. »
Et la chute, qu’il garde pour la fin : « Aujourd’hui, je comprends que ma plus grande victoire a été de représenter le meilleur pays du monde. Le Portugal restera toujours en moi, à jamais. » Le quintuple Ballon d’or ne repartira donc pas pour un dernier tour de piste.
La réponse est donc claire : c’est une retraite internationale, assumée, sans match d’adieu annoncé. Reste à mesurer ce que cela laisse derrière lui.
146 buts, six Mondiaux : ce qu’il laisse à la Seleção
Les chiffres, d’abord. Avec le Portugal, « CR7 » a marqué 146 buts en 234 apparitions. Il est, évidemment, le meilleur buteur de l’histoire de la Seleção.
Sa première sélection date de 2003, la dernière de 2026. Entre les deux, le natif de Madère a participé à six Coupes du monde et à six Euros différents, preuve d’une longévité hors norme.
Côté trophées, trois titres. Le plus précieux ? L’Euro 2016 en France, que Le Parisien décrit comme le plus bel accomplissement de sa carrière. À cela s’ajoutent deux Ligues des nations, en 2019 et en 2025.
Reste la question que tout le monde se pose : et la suite ? Sur ce point, la lettre ne dit rien du futur de Ronaldo en club, où il continue de jouer à Al-Nassr. L’arrêt concerne uniquement la sélection.
Pour le Portugal, l’enjeu est énorme. Il faudra se construire sans son capitaine, alors que le chapitre « c’est la fin » est désormais écrit noir sur blanc, et pas dans un communiqué de la fédération.
Le calendrier immédiat ne change pas : le Danemark puis le pays de Galles, les 14 et 17 novembre, sans lui. Et c’est peut-être là la vraie bascule : pour la première fois depuis 2003, la Seleção avancera sans Ronaldo, et le numéro 7 va changer de dos. Quant à savoir qui héritera du numéro après cette suspension de 30 jours, la FPF n’a rien dit pour l’instant.
Le plus grand buteur de l’histoire du Portugal a décidé qu’il était temps de partir debout, par la lettre plutôt que par la polémique.
Et si vous pensiez que l’ère Ronaldo était la dernière grande histoire du foot, comment un joueur déclaré fini a forcé son retour raconte l’exact contraire. Et si les adieux vous fascinent, les larmes que Messi a retenues pour son dernier match ne ressemblent à aucune autre scène.