Ce sous-marin caché sur les superyachts coûte jusqu’à 30 millions d’euros et descend à 1 000 mètres

Chaque année, la Principauté se transforme en vitrine du luxe flottant. Le Monaco Yacht Show a ouvert ses portes ce mercredi 23 septembre, avec plus de 120 superyachts au mouillage ou à la vente. Mais cette année, un détail attire particulièrement les regards : des sous-marins conçus pour être embarqués directement sur ces navires géants. Et leurs prix donnent le vertige.
Le salon qui transforme le port en catalogue de rêves
Sur plus de 16 000 m² le long des quais monégasques, les allées du salon regroupent tout ce qu’il faut pour équiper un superyacht digne de ce nom. Constructeurs de coques, décorateurs d’intérieur, marbriers, spécialistes de l’éclairage, fabricants de jouets nautiques : chaque exposant vend un fragment du rêve.
Parmi eux, des entreprises spécialisées dans un accessoire que peu de visiteurs imaginaient possible : le sous-marin personnel. Un équipement qui permet à son propriétaire de quitter le pont pour explorer les profondeurs, sans quitter son propre bateau. Certains superyachts en embarquent déjà un dans leur soute.
C’est le cas du La Datcha, un yacht d’expédition de 77 mètres équipé d’un submersible signé Triton Submarines. Mais avant d’imaginer plonger à son bord, il faut comprendre ce que ces engins impliquent vraiment. Et ce n’est pas qu’une question d’argent.
Des coques en acrylique et des profondeurs vertigineuses
Sophie Bentham-Wood, directrice de la marque et de la stratégie de Triton Submarines, connaît ces machines par cœur. Elle a elle-même testé le Triton 660/9, capable de descendre jusqu’à 200 mètres avec neuf passagers à bord.
« Nos coques sont conçues en acrylique, y compris la sphère transparente qui s’apparente à une fenêtre. Elle fait partie intégrante de la coque », explique-t-elle. Une prouesse technique qui permet une vision à 360 degrés sur les fonds marins, sans jamais avoir l’impression d’être enfermé.
Le dernier modèle de la marque, le Deepview, change de catégorie. Pensé pour le tourisme sous-marin et l’observation, il peut embarquer entre 24 et 48 personnes selon la version, et plonger jusqu’à 100 mètres. « Il permet d’emmener votre business à un autre niveau », résume Sophie Bentham-Wood, qui pense autant aux acteurs du tourisme qu’aux propriétaires privés.
Mais le modèle le plus vendu par Triton reste ailleurs, et il descend beaucoup plus bas que tout ce qui vient d’être cité.

Un engin qui peut descendre à 11 000 mètres de profondeur
Le meilleur vendeur de la gamme Triton, c’est le 3.300/3, capable de plonger jusqu’à 1 000 mètres. Un chiffre déjà impressionnant, mais qui n’est pas le record de la marque.
« Nous avons également réalisé le seul submersible habité au monde qui descend au plus profond de l’océan, à 11 000 mètres, dédié aux professionnels », précise Sophie Bentham-Wood. Un engin pensé pour les chercheurs, pas pour une soirée entre amis au large de Monaco.
Pour un usage à bord d’un superyacht, c’est plutôt le Triton 1.650/3 qui fait référence, avec une profondeur maximale de 500 mètres. Un compromis jugé idéal pour « de belles explorations des océans », selon la directrice de la marque.
Reste la question du prix. Ces submersibles coûtent entre 4 millions et plus de 30 millions d’euros. Et posséder l’engin ne suffit pas : une formation spécifique de pilote de submersible est obligatoire avant de pouvoir descendre seul sous la surface. Un détail que peu de visiteurs du salon connaissaient avant d’y mettre les pieds.
Pourquoi ce marché de niche attire de plus en plus de constructeurs
Triton n’est pas seule sur ce créneau. La marque emploie déjà une centaine de collaborateurs, répartis entre la Floride et l’Espagne, où se trouve son centre de recherche et développement. Un signe que la demande ne faiblit pas.
D’autres constructeurs profitent du salon pour se positionner. L’Américaine Seamagine présente ses propres submersibles habités, capables de descendre jusqu’à 2 300 mètres de profondeur. De quoi élargir encore la palette de choix pour les propriétaires de superyachts en quête d’exclusivité.
Ce marché illustre une tendance plus large observée sur les quais du Monaco Yacht Show : la course à l’expérience unique dépasse désormais la simple taille du bateau. Un yacht de 77 mètres ne suffit plus s’il ne cache pas, dans ses soutes, de quoi rejoindre les abysses.
Pour ceux que la démesure monégasque intrigue, le salon reste ouvert plusieurs jours, avec ses exposants venus du monde entier pour présenter la prochaine génération de jouets flottants.
Un sous-marin dans la soute, une formation de pilote obligatoire, et jusqu’à 30 millions d’euros à sortir : voilà à quoi ressemble le nouveau standard du superyacht. De quoi relativiser bien des définitions du mot « luxe ».
Et si vous pensiez que les prix records se limitaient aux bateaux, cette histoire de supercar utilisée pour de simples courses risque de vous faire réviser vos échelles.
D’ailleurs, le monde des collections privées les plus démesurées ne s’arrête pas là : ce passionné qui a recréé sa propre Ferrari mythique en est une autre preuve étonnante.