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Ce lycéen de seconde a le niveau en maths d’un collégien de 2012 : le classement qui glace la France

Publié par Ambre Détoit le 10 Sep 2026 à 10:44
Salle de classe vide avec tableau couvert d'équations

Le classement Pisa vient de tomber, et il ne fait pas de cadeau à la France. Depuis vingt ans, le pays glisse doucement mais sûrement dans les profondeurs du tableau international, dépassé par des nations qu’on n’attendait pas à ce niveau. Un chiffre en particulier, glaçant, résume à lui seul l’ampleur du décrochage scolaire hexagonal.

Un classement qui ne cesse de dégringoler

Chaque nouvelle édition de Pisa confirme la même tendance : la France recule. Ce test international, qui évalue tous les trois ans les compétences des élèves de 15 ans en lecture, en mathématiques et en sciences, ne mesure pas des détails superflus. Il jauge l’essentiel : savoir lire un texte, résoudre un problème, comprendre un raisonnement scientifique.

Le pays qui se targuait autrefois d’un système éducatif d’excellence se retrouve désormais dépassé par l’Italie et l’Estonie, deux nations qui, il y a encore vingt ans, pointaient loin derrière dans le classement mondial de l’éducation. Un basculement que peu d’observateurs avaient anticipé.

Plus inquiétant encore : ce n’est plus seulement le bas du tableau qui tire la moyenne française vers le bas. La part des très bons élèves, ceux qui excellaient autrefois en mathématiques et en sciences, a littéralement fondu. Un phénomène qui interroge jusque dans les choix des responsables politiques, comme l’a récemment illustré la polémique autour du ministre de l’Éducation nationale sur la scolarisation de ses propres enfants.

Un niveau qui a reculé de dix ans en une génération

C’est le chiffre qui frappe le plus dans cette édition du classement : un élève de seconde aujourd’hui affiche, en mathématiques, le niveau d’un élève de quatrième en 2012. Soit un recul équivalent à deux années scolaires entières, en l’espace d’une seule génération d’élèves.

Ce constat n’est pas isolé. La part des élèves les plus performants en mathématiques a été divisée par deux en vingt ans, selon les données présentées dans le classement. Une érosion qui touche donc autant l’élite scolaire que la masse des élèves, contrairement à l’idée répandue d’un problème cantonné aux zones difficiles.

Les évaluations nationales menées en amont du lycée racontent la même histoire inquiétante. Certains exercices de calcul, pourtant censés être maîtrisés dès le primaire, continuent de piéger une majorité d’élèves comme le montrent régulièrement des tests de priorité des opérations proposés aux enfants de CM2. Même constat chez les adultes, dont beaucoup échouent sur des calculs de niveau CE2, preuve que le décrochage ne concerne pas uniquement les nouvelles générations.

Élève écrivant des calculs raturés dans un cahier

Trois leviers pour comprendre pourquoi certains pays s’en sortent

Face à ce constat, Erwann Tison, économiste et directeur des études de l’institut Sapiens, identifie trois leviers qui ont permis à d’autres pays de redresser la barre là où la France stagne. Son analyse, publiée dans Les Échos, met en avant des choix structurels que les nations comme l’Italie ou l’Estonie ont su mettre en œuvre.

L’un des arguments centraux concerne la culture scientifique elle-même. D’après le Conseil d’analyse économique, cité par Tison, la confiance dans les scientifiques a mieux résisté à la pandémie dans les pays où les scores Pisa en sciences étaient les plus élevés. Un argument qui dépasse largement le seul cadre scolaire et touche à la capacité collective à faire face aux crises.

La lecture, enfin, joue un rôle qu’on sous-estime souvent. Elle assure une transmission de savoirs qui forme des citoyens capables de prendre du recul, à une époque qui valorise avant tout l’immédiateté. Un enjeu qui rejoint d’autres alertes déjà lancées sur la maîtrise du vocabulaire, notamment chez les élèves de sixième, dont plus d’un quart ne comprend pas une expression pourtant courante, ou chez les élèves de quatrième, dont la moitié ignore un mot d’usage fréquent. L’analyse complète, avec le détail des trois leviers identifiés par l’économiste, est accessible via l’offre La Sélection des Échos.

Deux années scolaires perdues en une génération, une élite divisée par deux : le chiffre à lui seul suffit à mesurer le degré d’impréparation du pays face au monde qui vient. Reste une question qui dépasse largement les salles de classe : la France a-t-elle encore les moyens politiques d’inverser une trajectoire installée depuis vingt ans ?

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