Rentrée du 2 novembre : lycées bloqués dès 7h, arrestations devant Condorcet, parents face aux élèves à Marseille

Deux semaines de vacances, et la contestation n’a pas disparu. Ce lundi 2 novembre 2026, dès 7h du matin, des blocages se mettent en place devant des lycées de plusieurs villes. Paris et Marseille sont en première ligne, avec des scènes de tension. Reste à savoir si ce début de journée annonce un mouvement massif ou un simple coup d’éclat.
Une rentrée sous haute surveillance après deux semaines de pause
Le gouvernement redoutait ce lundi. Après les vacances de la Toussaint, il craignait une reprise des blocages dans les lycées et les universités, alors que les organisations de jeunesse poursuivent une mobilisation engagée depuis la mi-septembre.
L’exécutif avait pourtant lâché du lest. Une réforme importante de Parcoursup est annoncée dès 2027, avant son remplacement prévu en 2028. Mais plusieurs syndicats étudiants et lycéens appellent à maintenir la pression.
Le mouvement s’est aussi élargi ces dernières semaines à la vie chère et à la défense des services publics. Et il reste difficile à anticiper : Lecornu avait déjà fustigé un mouvement devenu « de violences urbaines », signe de la nervosité du pouvoir.
Les autorités gardent aussi en tête les débordements du 17 octobre. Elles surveillent le risque de nouvelles violences, comme celles que le préfet de police de Paris redoutait déjà avant une précédente manifestation. Alors, que s’est-il passé ce matin devant les grilles ?
Condorcet, Marseille, XXe : les premières scènes de la journée
À 7h42, les images diffusées par les chaînes d’info montrent des blocages en train de se former devant plusieurs lycées, notamment à Marseille et à Paris. Des lycéens commencent à bloquer l’entrée d’un établissement dans le XXe arrondissement.
À Marseille, des parents d’élèves tentent d’empêcher le blocus d’un lycée. Face à face inattendu : ce ne sont pas ici les forces de l’ordre qui s’interposent, mais des adultes venus protéger la reprise des cours.
À 8h07, selon Le Parisien, les forces de l’ordre sont intervenues devant le lycée Condorcet, dans le IXe arrondissement de Paris, pour empêcher un blocus en cours de formation. Des arrestations de lycéens ont eu lieu.
Depuis, les élèves entrent dans l’établissement sous l’œil des policiers, répartis de part et d’autre de la porte. Ce type de dispositif a déjà fait parler ailleurs, comme lors de la journée où jusqu’à 500 lycées avaient fermé. Mais le plus incertain reste la suite de la semaine.

Mardi, jeudi, « journée noire » : le calendrier qui inquiète l’exécutif
Les tensions entre jeunes et forces de l’ordre ont marqué les dernières semaines, et les organisations ne comptent pas s’arrêter là. Pierre Sourzat, président des Lycéens !, a assuré que des établissements seraient bloqués dès ce lundi.
L’Union syndicale lycéenne et l’Union étudiante appellent à de nouvelles actions mardi et jeudi. L’Unef veut faire du mardi 3 novembre une « journée noire » dans les universités.
Côté Élysée, le message est clair. « Le temps d’un retour en classe est venu », a déclaré dimanche l’entourage d’Emmanuel Macron, qui estime que les principales revendications des lycéens ont reçu des réponses.
Mais le pouvoir reste prudent. Il sait que le mouvement peut repartir spontanément devant certains établissements, et que les vacances n’ont peut-être été qu’une pause. Comme lors de la soirée qui avait dégénéré près du métro Duroc, tout peut basculer vite.
Le bilan chiffré, lui, n’existe pas encore : combien de lycées et de facultés seront réellement bloqués dans les prochaines heures, personne ne le sait.
Une certitude : la rentrée du 2 novembre ne sera pas un retour au calme automatique. Les premières images du matin montrent un mouvement qui n’a pas dit son dernier mot, et la semaine ne fait que commencer.
Et si vous vous demandez comment les jeunes se préparent à ces journées, le tuto qui a fait réagir pour se protéger des lacrymogènes en manif en dit long. Et ces aides régionales que la majorité des familles laissent filer risquent de vous intéresser.