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Le tuto de France 3 Alsace pour aider les jeunes à se protéger des lacrymogènes en manif fait réagir

Publié par Elodie le 15 Oct 2026 à 7:31
Lunettes de piscine posées sur le pavé d'une rue en ville

Une courte vidéo, un journaliste face caméra, et les commentaires s’enflamment. France 3 Alsace a publié sur ses réseaux sociaux un tutoriel intitulé « Gaz lacrymogène : comment s’en protéger ? », à la veille d’une nouvelle journée de mobilisation lycéenne. Pour les uns, c’est du service public. Pour les autres, un scandale. Reste à savoir ce que le reporter conseille vraiment.

Une vidéo de France 3 Alsace, une mobilisation lycéenne et un lendemain sous tension

La séquence a été diffusée par France 3 Alsace sur ses réseaux sociaux, et elle est visible sur Facebook. Son titre ne laisse aucune place au doute : « Gaz lacrymogène : comment s’en protéger ? ». Le format est court, le ton pédagogique, avec un journaliste qui s’adresse directement à la caméra.

Le texte qui accompagne les images plante le décor : « Les manifestations des lycéens reprennent demain, le 13 octobre, partout en France. Voici tout ce qu’il faut savoir pour se protéger du gaz lacrymogène. » La cible est donc très claire : les jeunes qui comptent descendre dans la rue.

Ce genre de contenu pratique n’a rien d’inédit dans les médias. On y explique comment se préparer à une canicule, à une tempête ou à une grève des transports. Ici, le sujet touche pourtant un terrain bien plus inflammable : le maintien de l’ordre, et la place des mineurs dans la rue.

Le climat est déjà tendu. Lors d’un précédent épisode de blocus, des centaines de lycées fermés un lundi et des personnels blessés avaient été recensés, selon le bilan relayé à l’époque. Dans cette ambiance, le moindre conseil adressé aux manifestants devient un objet de débat.

Alors, que dit exactement le journaliste ? Il annonce « quelques objets indispensables ». Et le premier va surprendre ceux qui imaginent une panoplie de choc.

Lunettes de piscine, eau et sérum : le début de la liste qui a fait bondir

Premier conseil : des lunettes. Pas n’importe lesquelles, précise le journaliste, mais des lunettes étanches « type masque de ski, masque de plongée ou masque de piscine ». On est loin de l’équipement de commando.

Son argument tient en une phrase : cela « évite le contact direct entre le gaz et vos yeux ». Le principe est simple, une barrière hermétique autour du regard, là où une paire de lunettes classique laisserait passer l’air.

L’image a de quoi surprendre. Un masque de plongée oublié au fond d’un placard, des lunettes de natation sorties d’un sac de sport : voilà ce que la séquence met en avant. Le vestiaire d’un lycéen, plus que celui d’un manifestant aguerri.

Ce n’est que le premier objet de la liste. Le journaliste enchaîne aussitôt avec un deuxième, encore plus banal, mais dont il fait une priorité absolue.

Avant d’y venir, un rappel : les rassemblements lycéens ne se déroulent pas toujours dans le calme, comme l’a montré la soirée qui a dégénéré près du métro Duroc, à Paris. Vitrines brisées, store arraché, voiture en flammes : c’est dans ce paysage que s’inscrit le tutoriel.

Le deuxième objet indispensable, donc : de l’eau. La raison donnée est que c’est « la seule façon, si vous avez été touché, de se rincer abondamment les yeux ». Le journaliste précise qu’il peut s’agir d’eau ou de sérum physiologique.

Puis vient la phrase la plus tranchée de toute la séquence : « tous les autres liquides sont à proscrire ». Pas de bricolage, pas d’improvisation : eau ou sérum, point final. Mais ce n’est pas encore tout, car il reste un troisième accessoire, celui qui concerne la respiration.

Masque de ski, flacon de sérum physiologique et masque FFP2 sur une table

Masque FFP2 ou FFP3 : le dernier accessoire, et ce que la vidéo ne dit pas

Ce n’est pas la première fois qu’une séquence divise le pays en quelques secondes, et celle-ci ne fait pas exception. Mais avant de parler des réactions, il reste à livrer la fin de la liste.

Le troisième conseil du journaliste concerne les voies respiratoires. Il recommande d’utiliser des masques FFP2 ou FFP3 pour se protéger. Des masques que le grand public a appris à connaître ces dernières années, ce qui rend le conseil immédiatement compréhensible.

Voilà donc le trio complet, tel que présenté dans la séquence : des lunettes étanches pour les yeux, de l’eau ou du sérum physiologique pour rincer, un masque FFP2 ou FFP3 pour respirer. Trois objets du quotidien, que l’on trouve dans une pharmacie, un magasin de sport ou une armoire à pharmacie.

Ce que la vidéo ne fait pas, d’après les éléments dont on dispose, mérite d’être souligné. Rien n’indique qu’elle donne des consignes pour s’opposer aux forces de l’ordre : elle détaille des moyens de protection individuelle. Le texte d’accompagnement parle d’ailleurs de « se protéger », pas d’autre chose.

C’est pourtant le cadrage inverse qui domine dans certains commentaires, où le tutoriel est présenté comme une façon d’aider les manifestants à « faire face » aux policiers. Entre le contenu réel d’une séquence de quelques dizaines de secondes et l’interprétation qu’en font les internautes, l’écart est large. Et c’est dans cet écart que le débat s’est installé.

Ce que racontent les commentaires, et pourquoi le débat ne fait que commencer

Sous la vidéo, la même question revient en boucle, postée plusieurs fois : personne n’est-il choqué par l’utilisation de lacrymogènes sur des mineurs ? Pour ces internautes, le vrai sujet n’est pas le tutoriel, mais la situation qui le rend utile.

D’autres ont choisi l’ironie. L’un évoque « une expérience olfactive immersive » offerte aux jeunes, un autre ironise sur un « prochain épisode » qui serait la recette du cocktail Molotov. Un troisième regrette qu’il ne manque plus que « quelques cours de close combat », visant directement France Télévisions.

Un commentateur se souvient, lui, des manifestations de 1986 contre la loi Devaquet, où, écrit-il, on n’aurait « jamais été gazé ». Il accuse ensuite La France insoumise d’instrumentaliser la casse. Ces avis sont ceux d’internautes anonymes, pas des constats vérifiés.

Reste que le sujet de fond dépasse largement les réseaux sociaux. Les violences en marge des cortèges alimentent des affaires judiciaires : un policier mis en examen après un tir de LBD ayant éborgné un jeune en est un exemple. Selon les éléments publiés, il bénéficie de la présomption d’innocence.

Autre épisode qui a marqué : la main arrachée d’un adolescent à Lens, en ramassant une grenade policière lors d’un blocus. Ces drames expliquent pourquoi une vidéo de prévention peut être lue, selon les sensibilités, comme du bon sens ou comme un aveu.

Ce qu’il faut surveiller maintenant : la réaction éventuelle de France 3 Alsace face aux critiques, et le déroulé de la journée du 13 octobre. Si les cortèges tournent à l’affrontement, la séquence sera relue autrement. Et si tout reste calme, elle restera ce qu’elle prétend être : un tutoriel.

Lunettes étanches, eau, FFP2 : trois conseils pratiques, et un pays qui s’écharpe en quelques heures. Le gaz lacrymogène pique les yeux, mais ce sont surtout les nerfs qui s’échauffent.

Et si l’actualité vous a mis les nerfs à vif, ce concert interdit place de la République qui fait trembler la campagne présidentielle risque de relancer le débat. Quant à vos yeux qui piquent, savez-vous pourquoi les oignons vous font pleurer sans que vous leur ayez rien fait ?

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