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Une baigneuse transgenre plaquée au sol par 6 policiers en plein Mois des fiertés : la ville présente ses excuses

Publié par Elodie le 02 Juil 2026 à 7:23
Piscine en plein air avec intervention policière un jour d'été

Une zone naturiste réservée aux femmes, une baigneuse transgenre, six policiers et des hématomes. Ce dimanche 28 juin, la piscine de Marzili à Berne est devenue le théâtre d’une intervention que la ville elle-même qualifie aujourd’hui d’erreur. La commune a publié un communiqué d’excuses — mais les associations estiment que le mal est fait.

Une zone naturiste, des plaintes et une escalade à la piscine de Marzili

À Berne, la piscine en plein air de Marzili est une institution. Parmi ses espaces, le Paradiesli est une zone naturiste exclusivement réservée aux femmes. Un lieu de détente, de liberté, censé être un refuge.

Ce dimanche-là, une femme transgenre s’y est installée comme elle en avait le droit. Mais plusieurs baigneuses ont signalé sa présence au personnel, visiblement gênées par certaines caractéristiques physiques. L’atmosphère est devenue tendue. Très tendue.

Le personnel de l’établissement lui a demandé de quitter les lieux. Elle a refusé. La direction a alors appelé la police, qui est intervenue peu avant 17h30. Ce qui s’est passé ensuite a choqué les témoins présents sur place.

En plein Mois des fiertés, l’image d’une femme transgenre évacuée de force d’un espace de baignade a immédiatement provoqué une onde de colère bien au-delà de la Suisse. Mais c’est surtout la violence de l’intervention qui a cristallisé l’indignation.

« Six policiers l’ont plaquée au sol » : le récit glaçant d’une proche

Une source proche de la victime a décrit une scène brutale. Six agents de police auraient plaqué la femme au sol, l’auraient menottée puis évacuée. Elle présenterait plusieurs hématomes importants sur le corps.

« Ce que j’ai vu m’a choquée et mise extrêmement en colère. C’était un acte de violence transphobe », a rapporté cette témoin. Des mots lourds, qui ont été relayés par les associations de défense des droits LGBT.

Ces dernières ont dénoncé une intervention qualifiée de « honteuse ». Le timing n’a rien arrangé : expulser une femme trans d’un espace féminin pendant le Mois des fiertés, c’est un symbole que personne n’a raté. L’affaire rappelle d’autres situations où la force a été jugée disproportionnée.

Car la question centrale n’est pas seulement celle de l’identité de genre. C’est aussi celle de la proportionnalité. Six policiers, des menottes, des bleus sur le corps — pour une personne qui bronzait au soleil. Même en admettant un refus d’obtempérer, la disproportion interroge.

Document officiel sur un bureau avec drapeau suisse

La Ville de Berne reconnaît « la mauvaise décision » et présente ses excuses

Face à la polémique, la réponse officielle n’a pas tardé. La Ville de Berne a publié un communiqué dans lequel elle reconnaît clairement son erreur. « Avec le recul, cette décision s’est avérée être la mauvaise », indique la Direction de l’Éducation, des Affaires sociales et des Sports.

La commune a rappelé un point juridique essentiel : la femme transgenre avait parfaitement le droit de se trouver dans cette zone. En cas de doute sur le genre d’une personne, c’est le sexe officiellement enregistré qui prévaut en droit suisse. Autrement dit, les plaintes des baigneuses ne justifiaient ni l’expulsion ni l’intervention policière.

« La Direction présente ses excuses à la personne concernée », conclut le communiqué. Mais pour les associations, des excuses ne suffisent pas. Elles réclament une formation spécifique du personnel des piscines et des forces de l’ordre aux questions liées à la transidentité. L’objectif : éviter que ce type d’incident ne se reproduise.

Excuses officielles, reconnaissance d’erreur, rappel du droit : sur le papier, la Ville de Berne a coché toutes les cases. Reste une femme avec des hématomes, une humiliation publique et une question qui dépasse largement la Suisse.

Dans combien de vestiaires, de piscines, de salles de sport cette même scène pourrait-elle se produire demain — simplement parce que personne n’a été formé à accueillir tout le monde ?

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