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Grève chez SFR le 24 septembre : les syndicats dénoncent un plan de reclassement jugé insuffisant

Publié par Elodie le 10 Sep 2026 à 16:34
Employé anonyme inquiet devant une boutique télécom

Le rachat de SFR par le trio Bouygues, Free et Orange devait clore des mois d’incertitude pour les salariés de l’opérateur au carré rouge. Mais la mécanique du démantèlement grince déjà. Trois syndicats appellent désormais à un mouvement de grève inédit, révélateur d’une défiance profonde envers les repreneurs. Ce que ces derniers proposent aux salariés menacés pourrait bien changer la donne pour des milliers d’entre eux.

Un rachat à 20 milliards qui inquiète les salariés

Début juin, Altice a signé un protocole d’accord valorisant SFR à 20,35 milliards d’euros, complément de prix possible de 650 millions inclus. Sur le papier, l’opération solde des années de tensions financières pour le groupe. Bouygues, Free et Orange se partagent désormais l’essentiel des activités de l’opérateur historique.

Mais derrière les chiffres, l’inquiétude grandit côté personnel. Les syndicats redoutent plusieurs milliers de suppressions de postes une fois le découpage des abonnements finalisé entre les trois repreneurs. Une crainte alimentée par le flou entourant les modalités exactes de reclassement.

Car si l’opération redessine tout le paysage télécom français, elle laisse en suspens le sort de milliers de contrats de travail. Une situation que les représentants du personnel jugent intenable en l’état.

Une seule offre de reclassement par salarié, un point de rupture

Lors d’une réunion tenue mercredi, le consortium formé par les trois opérateurs a proposé une seule offre de reclassement par salarié concerné. Une proposition que la CFDT juge largement insuffisante au regard des pratiques habituelles dans ce type de plan social, où plusieurs options sont généralement soumises aux employés.

Les trois syndicats, CFDT, CFTC et Unsa, réclament donc un dispositif bien plus ambitieux, assorti de garanties concrètes sur les conditions et avantages sociaux après transfert. C’est dans ce climat que la journée de mobilisation du 24 septembre a été fixée dans l’après-midi.

À la clôture de l’opération, environ 2 300 salariés de SFR Business doivent rejoindre Bouygues Telecom, tandis que 53 employés de RED basculeraient chez Free et plus de 230 chez Orange. Les trois opérateurs prévoient aussi de reprendre 120 boutiques SFR, à raison d’une quarantaine chacun, sans que le nombre exact de postes concernés soit encore arrêté.

Vitrine de boutique opérateur télécom au crépuscule

Une garantie d’emploi qui ne rassure pas jusqu’en 2029

Les acheteurs se sont engagés sur une garantie de l’emploi jusqu’en 2029. Un horizon qui, sur le papier, devrait tempérer les inquiétudes. Mais les syndicats n’y voient qu’un sursis, pas une solution durable pour l’après-2029.

Plusieurs milliers de salariés doivent en effet rester dans une structure commune contrôlée par les trois repreneurs, le temps d’organiser le démantèlement progressif de SFR. Une phase transitoire dont la durée exacte reste incertaine, et qui inquiète particulièrement les employés des filiales techniques d’Altice non incluses dans le périmètre de reprise.

Deux nouvelles réunions sont programmées les 21 et 25 septembre, encadrant directement la journée de grève. Le calendrier reste par ailleurs suspendu au feu vert de l’Autorité de la concurrence, qui examine une opération faisant passer le marché français de quatre à trois grands opérateurs. Son verdict prendrait au moins dix-huit mois, repoussant la finalisation espérée au second semestre 2027.

Entre promesses de garanties et flou sur l’après-2029, les salariés de SFR jouent gros dans ce bras de fer social. La journée du 24 septembre pourrait bien donner le ton des négociations à venir. Reste à savoir si le consortium reverra sa copie avant que le dossier ne s’enlise davantage.

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