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Santos–Guarujá : ce tunnel de 870 mètres sous la mer va ramener 1 heure de trajet à moins de 5 minutes

Publié par Elodie le 06 Oct 2026 à 7:30
Canal portuaire encombré entre deux villes côtières

Au Brésil, des milliers d’automobilistes perdent chaque jour un temps fou pour passer d’une rive à l’autre d’un canal portuaire. Une heure de trajet en période de pointe, pour une distance qui devrait se compter en minutes. Le projet censé mettre fin à cette galère vient d’entrer dans sa phase opérationnelle, et sa technique de construction est plus surprenante qu’on ne l’imagine.

Une heure de galère pour traverser un simple canal : le calvaire de Santos et Guarujá

Au sud de l’État de São Paulo, deux villes se font face de chaque côté du canal du port de Santos : Santos et Guarujá. Entre elles, il y a l’eau, et surtout un axe de circulation saturé. Les automobilistes n’ont aujourd’hui que deux options : le bac, ou le contournement routier.

Aucune des deux n’est une partie de plaisir. Selon le média brésilien ND+, les temps de trajet atteignent près d’une heure aux heures de pointe, sur une liaison très fréquentée.

Le trafic n’est pas seulement celui des habitants. Ce même axe voit passer du fret de marchandises, lié à l’activité du port, ainsi que les flux touristiques de la région littorale. Tout se mélange, et tout s’encombre.

C’est pour dénouer ce nœud que les autorités ont lancé le projet d’un tunnel sous-marin. Il est désormais entré dans sa phase d’études et de préparatifs techniques, le stade où l’on passe des intentions aux plans détaillés. L’enveloppe annoncée donne le vertige : 6,8 milliards de réais, soit environ 1,1 milliard d’euros.

Cette logique de concentration humaine et d’espace saturé, on la retrouve ailleurs dans le pays, comme dans cette « fourmilière humaine » où il n’y a plus de place nulle part. Mais ici, la réponse n’est pas de construire en hauteur : c’est de passer sous l’eau.

Reste une question, et pas la moindre : comment creuser sous un canal où les cargos passent sans arrêt ?

870 mètres sous le canal, sans arrêter un seul navire : la méthode choisie

Le problème est réel. Le canal de navigation du port de Santos est une voie d’eau à fort trafic maritime. Impossible de la bloquer pendant des années pour y poser un ouvrage.

D’après les documents officiels du gouvernement cités par la source, la section strictement sous-marine s’étendra sur 870 mètres. C’est sur cette portion que se joue toute la difficulté technique du chantier.

Les concepteurs ont écarté le forage classique. Leur choix s’est porté sur une technique bien particulière, que l’on réserve aux traversées de voies d’eau actives, et qui évite d’interrompre le passage des navires de commerce. On aurait presque envie de dire qu’elle ressemble à un jeu de construction géant.

Avant d’en dévoiler le détail, un point de comparaison. À l’échelle mondiale, certains ouvrages se distinguent par leur coût astronomique, comme ce bâtiment hors norme que personne ne peut visiter. Le tunnel de Santos, lui, vise un but très concret : le quotidien des habitants.

Alors, quelle est cette technique ? Il s’agit du tunnel immergé. Des modules en béton armé seront d’abord fabriqués à sec, dans un bassin de construction spécialisé, loin de l’eau du canal.

Ils seront ensuite remorqués par voie fluviale jusqu’au site. Là, les blocs seront descendus de manière contrôlée dans une tranchée préalablement draguée au fond du lit marin, puis assemblés.

Le tout sera recouvert de couches de protection faites de sable et de roches. Résultat : les véhicules rouleront à l’intérieur des modules, pendant que les bateaux continueront de passer en surface, comme si de rien n’était.

Six voies, une piste cyclable et une place réservée pour un futur tramway

Immense caisson de béton remorqué dans un bassin

Le tunnel ne se contentera pas d’être un simple tube. Les plans prévoient six voies de circulation routière, soit trois par sens. De quoi absorber un flux bien supérieur à celui des bacs.

Pour comparer ce type d’ambition à d’autres chantiers qui n’ont pas toujours tenu leurs promesses, on peut se pencher sur cette route solaire normande démontée après trois ans. Ici, rien de tel : la technique est éprouvée, et les usages sont pensés largement.

Le profil du tunnel intègre aussi des espaces pour les mobilités douces : une piste cyclable et une voie piétonne sécurisée. Traverser le canal à vélo ou à pied deviendra donc possible, ce qui change la nature même de la liaison.

Et ce n’est pas tout. L’une des voies de circulation est conçue pour pouvoir accueillir, plus tard, une ligne de véhicule léger sur rails. Autrement dit, l’ouvrage anticipe déjà les besoins de demain, sans devoir être rouvert ou reconstruit.

Voilà donc la réponse au titre : grâce à ce tunnel immergé de 870 mètres, le trajet qui pouvait atteindre près d’une heure en pointe doit tomber à moins de cinq minutes. Pour les automobilistes qui prenaient le ferry, la traversée se comptera en quelques minutes seulement.

Reste à savoir quand ce gain de temps deviendra réalité. Le calendrier, lui, est déjà fixé.

2029, 2030, 2031 : le calendrier qui décidera de tout

Selon le calendrier prévisionnel, le grand moment du chantier arrivera en 2029. C’est cette année-là que les caissons de béton seront remorqués puis immergés dans le canal maritime.

L’année 2030 sera consacrée à tout ce qui se joue à l’intérieur : aménagements, pose des équipements de sécurité, essais opérationnels. Un tunnel sous l’eau ne s’ouvre pas sans de multiples vérifications.

L’ouverture au public est programmée pour 2031. Ce sont des dates prévisionnelles : sur un projet de cette taille, elles restent à confirmer, et c’est bien le point à surveiller dans les prochains mois.

Ce qui changerait alors est considérable. Les bacs et les contournements très encombrés ne seraient plus l’unique solution, et l’axe pourrait être fluidifié pour le fret comme pour les touristes. Même un territoire isolé, comme ce département français privé d’autoroute, de train et d’avion, rappelle combien une bonne liaison change la vie d’une région.

Sur le même thème, les grands projets de transport se multiplient, jusque dans le maritime : la France, par exemple, prépare un coup énorme pour les navires géants. Le port de Santos, avec son trafic, pourrait lui aussi observer ce genre d’évolutions de près.

Reste l’essentiel : le chiffre de 6,8 milliards de réais, soit environ 1,1 milliard d’euros, devra être tenu. Les prochaines étapes des études diront si le tunnel tient le rythme.

En 2031, si tout se passe comme prévu, traverser le canal de Santos ne sera plus une épreuve : à peine le temps de baisser la fenêtre, ou presque. Une heure d’attente, remplacée par un trajet plus court qu’un morceau de radio.

Et si vous croyez que les tunnels n’ont plus de secrets, ce vent chaud qui annonce les rames dans le métro parisien a encore de quoi vous intriguer. Quant à ceux qui pensent connaître le sous-sol des grandes capitales, ce que cachent les 30 000 corps sous le métro de Londres pourrait les glacer.

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