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Dans les comptes de Mathilde, orthodontiste… non : infirmière anesthésiste à Nantes à 3 150 € nets par mois

Publié par Mathieu le 02 Oct 2026 à 19:02

Mathilde, 34 ans, est infirmière anesthésiste diplômée d’État (IADE) dans un grand hôpital de Nantes. Elle gagne 3 150 € nets par mois, primes de nuit et de week-end comprises. Voici comment elle répartit chaque euro, du loyer jusqu’à l’épargne.

Spoiler : un des postes de son budget l’a elle-même surprise quand elle a fait ses comptes pour la première fois.

Un salaire qui grimpe avec le diplôme… et les nuits

Mathilde a passé cinq ans comme infirmière classique avant de repartir deux ans à l’école pour devenir anesthésiste. Son salaire de base atteint 2 640 € nets. Il faut y ajouter 380 € de primes (nuits, dimanches, jours fériés) et 130 € de prime de risque et d’indemnité spécifique.

Au total, 3 150 € nets tombent sur son compte chaque mois, avec des variations de 100 à 150 € selon son planning. Elle vit seule, sans pension ni complément. « Mon salaire de base ne bouge presque pas, ce sont les gardes qui font la différence », résume-t-elle.

Pour mémoire, le salaire médian français tourne autour de 2 100 € nets. Mathilde se situe donc nettement au-dessus. Mais Nantes a un marché locatif tendu, et c’est là que les choses se compliquent.

Infirmière anesthésiste souriante dans un couloir d'hôpital

Le loyer, ce poste qui avale presque un tiers du salaire

Mathilde loue un T2 de 48 m² dans le quartier de Talensac, à 20 minutes à vélo de l’hôpital. Le loyer s’élève à 780 € charges comprises. Elle y ajoute 62 € d’électricité, 35 € d’internet fibre et 9 € d’assurance habitation.

Côté transports, elle n’a pas de voiture. Son abonnement TAN coûte 38 € par mois et elle utilise son vélo le reste du temps. Quand elle rentre à 6 h du matin après une garde, elle prend un taxi, soit environ 25 € par mois en moyenne.

Sa mutuelle (en partie prise en charge par l’hôpital) lui coûte 42 €. Son téléphone, 14 €. Les abonnements streaming et musique, 22 €. Et l’impôt sur le revenu, prélevé à la source, pèse déjà dans son net : elle y consacre encore 160 € par mois.

Total des dépenses fixes : environ 1 187 €. Presque 38 % de ses revenus, avant même d’avoir mangé quoi que ce soit. Et pourtant, ce n’est pas là que son budget la surprend le plus.

Courses, sorties, sport : là où le budget se joue vraiment

Mathilde dépense 290 € par mois en courses, dont beaucoup de produits frais achetés au marché de Talensac. « Quand je finis une garde de nuit, je ne cuisine pas, je commande ou je mange au restaurant. Et ça, ça chiffre vite », reconnaît-elle.

C’est justement le poste qui l’a surprise : 210 € par mois en restaurants, plats à emporter et cafés. Elle y ajoute 90 € de sorties (cinéma, concerts, verres entre amis) et 45 € de salle d’escalade, son exutoire après les journées au bloc.

Femme faisant ses comptes dans son appartement nantais

Le shopping reste raisonnable : 110 € par mois, vêtements et chaussures de travail compris. Ses vacances sont lissées sur l’année à 260 € mensuels, ce qui lui permet de partir deux fois trois semaines : une escapade en Grèce et un séjour chez ses parents en Aveyron.

Elle consacre aussi 50 € par mois à des cadeaux et à des imprévus de santé non remboursés (kiné, dentiste). Total des dépenses variables : 1 055 €.

Combien lui reste-t-il à la fin du mois ?

Mathilde dépense donc environ 2 240 € par mois, ce qui lui laisse 910 € de marge. Elle en place 600 € sur un Livret A et un PEL, et garde le reste en volant pour les mois plus chargés.

Elle a aussi un projet précis : acheter un appartement d’ici deux ans à Nantes. Son apport actuel atteint 28 000 €. « Je sais que je devrais épargner plus, mais je refuse de me priver de tout. Mon métier est déjà assez dur pour ça », glisse-t-elle.

Elle n’a aucun crédit en cours, un luxe rare à son âge. Son seul vrai point de vigilance : les mois où elle enchaîne les semaines creuses sans primes, quand son salaire tombe sous les 2 900 €.

Le regard de Mathilde sur son rapport à l’argent

Mathilde se dit à l’aise, sans être riche. « J’ai un bon salaire pour une soignante, mais je le gagne en nuits et en week-ends. Chaque euro a un prix en fatigue. »

Avec 3 150 € nets, elle gagne environ 50 % de plus que le salaire médian français. Mais à Nantes, avec un loyer à 780 € et un projet d’achat immobilier, la marge reste à surveiller de près.

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