Dans les comptes de Mathilde, orthodontiste… non : infirmière anesthésiste à Nantes à 3 150 € nets par mois
Mathilde, 34 ans, est infirmière anesthésiste diplômée d’État (IADE) dans un grand hôpital de Nantes. Elle gagne 3 150 € nets par mois, primes de nuit et de week-end comprises. Voici comment elle répartit chaque euro, du loyer jusqu’à l’épargne.
Spoiler : un des postes de son budget l’a elle-même surprise quand elle a fait ses comptes pour la première fois.
Un salaire qui grimpe avec le diplôme… et les nuits
Mathilde a passé cinq ans comme infirmière classique avant de repartir deux ans à l’école pour devenir anesthésiste. Son salaire de base atteint 2 640 € nets. Il faut y ajouter 380 € de primes (nuits, dimanches, jours fériés) et 130 € de prime de risque et d’indemnité spécifique.
Au total, 3 150 € nets tombent sur son compte chaque mois, avec des variations de 100 à 150 € selon son planning. Elle vit seule, sans pension ni complément. « Mon salaire de base ne bouge presque pas, ce sont les gardes qui font la différence », résume-t-elle.
Pour mémoire, le salaire médian français tourne autour de 2 100 € nets. Mathilde se situe donc nettement au-dessus. Mais Nantes a un marché locatif tendu, et c’est là que les choses se compliquent.

Le loyer, ce poste qui avale presque un tiers du salaire
Mathilde loue un T2 de 48 m² dans le quartier de Talensac, à 20 minutes à vélo de l’hôpital. Le loyer s’élève à 780 € charges comprises. Elle y ajoute 62 € d’électricité, 35 € d’internet fibre et 9 € d’assurance habitation.
Côté transports, elle n’a pas de voiture. Son abonnement TAN coûte 38 € par mois et elle utilise son vélo le reste du temps. Quand elle rentre à 6 h du matin après une garde, elle prend un taxi, soit environ 25 € par mois en moyenne.
Sa mutuelle (en partie prise en charge par l’hôpital) lui coûte 42 €. Son téléphone, 14 €. Les abonnements streaming et musique, 22 €. Et l’impôt sur le revenu, prélevé à la source, pèse déjà dans son net : elle y consacre encore 160 € par mois.
Total des dépenses fixes : environ 1 187 €. Presque 38 % de ses revenus, avant même d’avoir mangé quoi que ce soit. Et pourtant, ce n’est pas là que son budget la surprend le plus.
Courses, sorties, sport : là où le budget se joue vraiment
Mathilde dépense 290 € par mois en courses, dont beaucoup de produits frais achetés au marché de Talensac. « Quand je finis une garde de nuit, je ne cuisine pas, je commande ou je mange au restaurant. Et ça, ça chiffre vite », reconnaît-elle.
C’est justement le poste qui l’a surprise : 210 € par mois en restaurants, plats à emporter et cafés. Elle y ajoute 90 € de sorties (cinéma, concerts, verres entre amis) et 45 € de salle d’escalade, son exutoire après les journées au bloc.

Le shopping reste raisonnable : 110 € par mois, vêtements et chaussures de travail compris. Ses vacances sont lissées sur l’année à 260 € mensuels, ce qui lui permet de partir deux fois trois semaines : une escapade en Grèce et un séjour chez ses parents en Aveyron.
Elle consacre aussi 50 € par mois à des cadeaux et à des imprévus de santé non remboursés (kiné, dentiste). Total des dépenses variables : 1 055 €.
Combien lui reste-t-il à la fin du mois ?
Mathilde dépense donc environ 2 240 € par mois, ce qui lui laisse 910 € de marge. Elle en place 600 € sur un Livret A et un PEL, et garde le reste en volant pour les mois plus chargés.
Elle a aussi un projet précis : acheter un appartement d’ici deux ans à Nantes. Son apport actuel atteint 28 000 €. « Je sais que je devrais épargner plus, mais je refuse de me priver de tout. Mon métier est déjà assez dur pour ça », glisse-t-elle.
Elle n’a aucun crédit en cours, un luxe rare à son âge. Son seul vrai point de vigilance : les mois où elle enchaîne les semaines creuses sans primes, quand son salaire tombe sous les 2 900 €.
Le regard de Mathilde sur son rapport à l’argent
Mathilde se dit à l’aise, sans être riche. « J’ai un bon salaire pour une soignante, mais je le gagne en nuits et en week-ends. Chaque euro a un prix en fatigue. »
Avec 3 150 € nets, elle gagne environ 50 % de plus que le salaire médian français. Mais à Nantes, avec un loyer à 780 € et un projet d’achat immobilier, la marge reste à surveiller de près.
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