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Linky : cet e-mail d’Enedis réclame vos relevés toutes les 15 minutes, et vous pouvez dire non

Publié par Mathieu le 15 Oct 2026 à 13:08
Compteur électrique blanc mural et main près d'un smartphone

Vous avez peut-être reçu cet e-mail en octobre : un institut vous demande de répondre à un questionnaire sur votre logement au nom d’Enedis. Un doute s’installe aussitôt : arnaque, ou vraie démarche ? Selon les informations publiées par Selectra, le message est bien rattaché à une enquête officielle. Reste un détail que beaucoup survolent, et que vous avez parfaitement le droit de refuser.

Un e-mail d’Enedis signé d’un institut inconnu : de quoi parle-t-on ?

Le lundi 12 octobre 2026, Enedis a annoncé une grande enquête auprès des particuliers. Elle est menée en son nom par l’institut Enov, qui contacte par e-mail des clients sélectionnés. Enedis ne dit ni combien de foyers sont sondés, ni comment ils sont choisis.

Autrement dit, recevoir le message ne dit rien de votre situation. Ne pas le recevoir n’a rien d’anormal non plus.

L’objectif affiché : mieux connaître les usages de l’électricité et les équipements des logements, pour adapter le réseau aux besoins de demain. Le questionnaire porte sur votre logement, vos équipements électriques, vos usages et vos habitudes de consommation.

Enedis précise que l’enquête n’a aucun objectif commercial et qu’aucun démarchage n’est réalisé auprès de ses clients. Le message ne cherche donc ni à vous vendre un contrat, ni à vous faire changer de fournisseur.

Ce n’est pas le questionnaire qui mérite votre attention. C’est ce que l’e-mail vous demande en plus de répondre, et la case que personne ne regarde de près.

96 mesures par jour : ce que cache la case facultative

Répondre au questionnaire est une chose. Autoriser l’accès à vos relevés en est une autre. L’e-mail permet en effet d’autoriser la collecte de vos consommations par quart d’heure, soit 96 mesures par jour au lieu d’un seul chiffre quotidien.

Un relevé quotidien indique seulement combien d’électricité le logement a utilisée. Un relevé au quart d’heure dessine une courbe : l’heure où le chauffe-eau démarre, le moment où le four tourne, celui où le logement se vide ou se remplit.

À ce niveau de détail, une courbe permet de deviner des habitudes de vie : heures de lever et de coucher, absences de plusieurs jours, nombre de personnes présentes. C’est pour cela que l’accord est demandé à part.

Pour situer l’échelle, la page données personnelles d’Enedis évoque, pour le compteur Linky, un relevé à la demi-heure. Le quart d’heure est donc plus fin encore. Le compteur, lui, ne capte ni le son ni l’image : il mesure une quantité d’électricité.

Il enregistre aussi vos consommations à l’heure dans sa mémoire, en local, pendant 5 mois glissants. Vous pouvez demander à ne plus les enregistrer, selon cette même page.

Alors, que promet exactement Enedis sur ces données ? Et surtout, que se passe-t-il si vous dites non ? La courbe de consommation a longtemps été un outil de lecture pour les particuliers eux-mêmes.

Refuser, c’est possible : voici ce qu’Enedis garantit

La participation repose sur votre consentement. Vous êtes libre de l’accorder ou de le refuser. Enedis indique que le refus peut s’exprimer sans limitation de durée.

Les conditions annoncées : ces données servent uniquement à l’étude, dans un cadre qualifié de strict, elles sont conservées 3 ans au maximum, et aucune utilisation commerciale n’est prévue.

Deux options s’offrent donc à vous. Vous ne répondez pas à l’e-mail. Ou vous répondez au questionnaire sans accorder l’accès aux données au quart d’heure.

Vous avez déjà accepté ? Le communiqué ne détaille pas la marche à suivre pour retirer votre accord. Trois voies existent : utiliser les coordonnées indiquées dans le message de l’institut Enov, passer par votre compte client Enedis, ou exercer vos droits avec une pièce d’identité.

Ces droits découlent de la loi Informatique et libertés du 6 janvier 1978 et du règlement européen : accès, rectification, effacement, opposition. Si une réponse d’Enedis ne vous satisfait pas, la CNIL peut être saisie.

Mains tenant un smartphone près d'un ordinateur portable

Vrai message ou imitation : les quatre signaux qui ne trompent pas

Piège classique : les faux messages Enedis existent bel et bien. Enedis évoque des e-mails et des SMS frauduleux cherchant à obtenir des données personnelles ou bancaires, ainsi que de faux agents, au téléphone ou à la porte.

Attention, Enedis ne publie pas l’adresse d’expédition du message. Aucun critère technique ne permet donc d’affirmer qu’un e-mail précis est authentique. Les règles de prudence, elles, viennent de sa page de prévention des fraudes.

Le vrai message parle d’une enquête sur les usages de l’électricité, jamais d’une facture à régler. Il ne demande ni paiement ni coordonnées bancaires, car Enedis et ses partenaires n’en demandent jamais par e-mail ou par téléphone.

Il ne propose aucune offre, aucun devis, aucune intervention à domicile. Et il ne fixe aucune date limite pour refuser.

Un message qui réclame un virement, un numéro de carte ou une réponse en urgence ne correspond donc pas à ce que décrit Enedis. Dans le doute, ne cliquez sur aucun lien et passez par les coordonnées officielles d’Enedis.

En cas d’arnaque, vous pouvez signaler au 17, sur internet-signalement.gouv.fr, ou au 33 700 pour les SMS et appels indésirables. Voilà pour la réponse : l’enquête est officielle, facultative, et vous pouvez dire non.

Vos données Linky, au-delà de cette enquête

L’enquête n’est qu’un cas particulier d’une règle générale. Selon la page données personnelles d’Enedis, hors besoins de facturation, aucune information n’est transmise à un tiers sans votre consentement libre, éclairé, spécifique et univoque.

Une exception existe toutefois depuis cette année. Le décret n° 2026-339 du 30 avril 2026 permet à Enedis de collecter la courbe de charge d’un échantillon de foyers au tarif réglementé, option Base, et de la transmettre à EDF sans consentement exprès, du 1er octobre 2026 au 1er octobre 2027.

Ce texte ne vaut que pour les participants à l’expérimentation de nouvelles grilles du tarif réglementé. L’enquête de l’institut Enov n’en relève pas : elle repose sur votre accord.

Depuis votre compte client, vous pouvez aussi arrêter l’enregistrement local de vos consommations horaires et activer ou suspendre la transmission de vos données aux tiers. Le droit au consentement a déjà fait débat devant la justice.

Enfin, si vous voulez comprendre ce que votre compteur raconte de vos habitudes, certains appareils pèsent lourd même éteints.

Un conseil de bon sens : lisez avant de cocher. Une case décochée ne vous coûte rien, alors qu’une case cochée par réflexe engage vos données pour trois ans.

Chez vous, la courbe de la journée en dirait long. Mieux vaut décider vous-même qui la lit. Et si vous avez le goût des compteurs qui racontent des histoires, le cadran que les moins de 40 ans n’ont jamais touché vous attend. Vous vous demandez aussi ce qui se passe quand on traficote un compteur ? Un électricien à la retraite l’a fait, et la facture a été salée.

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