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Retraites : ce que prévoit le congé de départ anticipé dès 62 ans adopté par l’Assemblée

Publié par Mathieu le 25 Oct 2026 à 11:25
Sexagénaire pensif à sa table de cuisine

Partir avant 64 ans, c’est le rêve de pas mal de salariés. Ce jeudi 22 octobre, les députés ont adopté un amendement qui ouvre une porte vers un départ dès 62 ans. Mais qui peut y prétendre, qui paierait la note, et pourquoi rien n’est encore acquis ? On détaille tout, avec un point sur le financement qui change la nature même du dispositif.

Un amendement écologiste glissé dans le budget de la Sécu : que s’est-il passé ce jeudi ?

Jeudi 22 octobre, l’Assemblée nationale a adopté un amendement au projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2027. Il vient des rangs écologistes et est porté par la députée Sandrine Rousseau. Selon CNews, il crée un congé anticipatoire de départ à la retraite, accessible dès 62 ans sous conditions.

Le vocabulaire a son importance. Il ne s’agit pas d’abaisser l’âge légal, aujourd’hui fixé à 64 ans dans le cadre de la réforme de 2023. Le texte invente plutôt un entre-deux : le salarié quitte son poste, sans partir officiellement à la retraite.

Le sujet tombe dans un débat déjà brûlant. Depuis des mois, beaucoup de Français se demandent à quel âge ils pourront vraiment arrêter de travailler, et chaque nouvelle mesure relance la question. Celle-ci a l’avantage d’être très concrète.

Mais un amendement adopté n’est pas une loi promulguée. Le budget de la Sécurité sociale pour 2027 doit poursuivre son parcours parlementaire, dans une assemblée divisée. Sa version définitive est, selon la source, loin d’être assurée.

Alors, qui pourrait vraiment en profiter ? La réponse tient dans un chiffre assez exigeant.

168 trimestres, soit 42 ans d’assurance : qui pourrait quitter son poste dès 62 ans ?

Première condition : avoir atteint l’âge de 62 ans. Seconde condition, et c’est la plus sélective : justifier de 168 trimestres validés, soit 42 années d’assurance retraite. Autrement dit, ce congé viserait des salariés qui ont commencé tôt et cotisé longtemps.

Ceux qui remplissent ces critères pourraient alors cesser leur activité avant l’âge légal. Deux ans d’écart avec les 64 ans actuels, ce n’est pas anodin pour quelqu’un qui travaille depuis ses débuts de vie active. Reste à savoir ce que le salarié toucherait pendant ce temps.

Avant d’y venir, un rappel utile : tout repose sur le décompte des trimestres, un sujet qui reste mal connu. Pour comprendre ce qu’il implique, on peut relire comment âge de départ et trimestres cotisés s’articulent. Beaucoup découvrent leur compte réel au dernier moment.

Et voici le cœur du mécanisme. Contrairement à un départ classique, le bénéficiaire ne percevrait pas sa pension auprès de sa caisse de retraite. C’est l’employeur qui lui verserait une rémunération équivalente au montant de sa future pension à taux plein, jusqu’à ce qu’il atteigne l’âge légal.

Pour que l’entreprise ne soit pas lésée, elle bénéficierait d’une réduction de ses cotisations sociales. Selon les auteurs de l’amendement, cette baisse pourrait couvrir intégralement les sommes versées. Voilà pour la théorie. Mais deux voix ont déjà mis le doigt sur ce qui pourrait coincer.

Faillite de l’employeur, licenciements déguisés : les deux failles pointées dans l’hémicycle

Un détail change tout dans ce dispositif : c’est l’entreprise, et non l’État ou la caisse de retraite, qui devient l’interlocuteur du salarié pendant la période transitoire. Cette particularité a immédiatement suscité des questions. Le dossier reste d’ailleurs sensible, comme le montre le prochain changement prévu au 1er novembre 2026, qui concernera lui aussi des millions de Français.

Première faille, soulevée par le rapporteur général du budget de la Sécurité sociale, Thibault Bazin. Il s’est interrogé sur le sort du salarié si son employeur fait faillite avant qu’il atteigne l’âge légal de départ. Qui continuerait alors à verser la rémunération promise ? Selon la source, la question reste posée.

Seconde faille, évoquée par le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou. Il a mis en garde contre le risque que certaines entreprises se séparent de leurs salariés avant qu’ils remplissent les conditions requises. Le dispositif pourrait ainsi pousser des employeurs à anticiper, pour éviter d’avoir à financer ce congé.

Dernier point, et il est décisif : malgré l’adoption à l’Assemblée, ce n’est pas un droit acquis. Le vote de cet amendement ne permet pas, à lui seul, de partir à la retraite à 62 ans. Les règles actuelles restent en vigueur tant que le texte n’est pas définitivement adopté.

Concrètement, que doit surveiller un salarié qui lit ces lignes en se disant « c’est pour moi » ?

Bureau vidé près d'une fenêtre avec carton d'affaires

Ce que ça change concrètement, et ce qu’il faut surveiller ensuite

Aujourd’hui, rien ne change. Les règles applicables restent celles d’avant le vote, avec un âge légal de 64 ans. Personne ne peut donc, dès demain, déposer une demande de congé anticipatoire auprès de son employeur.

Le prochain rendez-vous, c’est la suite du parcours du budget de la Sécurité sociale pour 2027. L’adoption définitive reste incertaine dans un parlement divisé, et l’amendement n’existera que si le texte est adopté. Un vote final dans un sens ou dans l’autre suffit à tout balayer. Le scrutin précédent donne d’ailleurs une idée de l’ambiance : rappelez-vous le vote à 198 voix contre 35 sur la réforme.

Autre élément à suivre : les réponses aux questions de Thibault Bazin et de Jean-Pierre Farandou. Que se passe-t-il en cas de faillite ? Comment éviter les licenciements en amont ? Si le texte progresse, ces points devront être précisés, sinon le dispositif restera fragile pour les salariés concernés.

En attendant, un réflexe simple : vérifier son décompte de trimestres. Si vous approchez des 168 trimestres, vous saurez au moins si vous seriez dans la cible. Le débat sur l’âge de départ, lui, continue d’occuper les politiques, comme le montre la proposition d’Édouard Philippe, qui fait débat.

Le fond de l’affaire tient en une phrase : l’idée séduit, mais personne ne sait encore si elle verra le jour.

Le message à retenir : 62 ans, 168 trimestres, et un employeur qui paie, mais seulement si le budget est adopté. Et si vous vous demandez ce qui pourrait peser sur les pensions les plus hautes, cette proposition choc qui voudrait plafonner les retraites à 5 000 € par mois mérite le détour. Quant à ceux qui rêvent d’un autre horizon, cette station balnéaire où la vie coûte trois fois moins cher séduit déjà des retraités français.

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