Un 3e mort lié aux airbags Takata en France : sa Citroën C3 était pourtant sous alerte « stop drive »

Un accident de la route en apparence banal, un airbag qui se déclenche pour protéger le conducteur. Sauf que dans cette affaire, l’airbag est devenu l’arme du drame. En Haute-Savoie, un homme vient de perdre la vie dans des circonstances qui rappellent un scandale industriel vieux de plus de dix ans. Et le pire, c’est que cette mort aurait pu être évitée.
Un scandale qui n’en finit plus de faire des victimes en France
Tout a commencé en 2013. L’équipementier japonais Takata équipe alors des millions de véhicules dans le monde avec des coussins de sécurité défectueux. Le problème vient d’une capsule de gaz instable, capable d’exploser sous l’effet de la chaleur ou de l’humidité.
Résultat : au moment du déclenchement, l’airbag ne protège plus, il attaque. Il projette des fragments métalliques dans l’habitacle à très grande vitesse. Un dispositif censé sauver des vies se transforme alors en piège mortel pour les occupants du véhicule.
Ce n’est pas un cas isolé. Plusieurs décès ont déjà été recensés en France, notamment dans les territoires d’outre-mer, où la chaleur et l’humidité accélèrent la dégradation des pièces incriminées.
Un peu comme ce rappel massif de véhicules Citroën qui a fait grand bruit récemment, le dossier Takata illustre à quel point un défaut technique peut rester une bombe à retardement pendant des années. D’après le ministère des Transports, les autorités françaises multiplient pourtant les campagnes de rappel depuis 2024.
Le drame de Haute-Savoie qui relance l’inquiétude
C’est dans la nuit du 22 janvier que tout bascule à Cranves-Sales, près d’Annemasse. Un conducteur circule au volant d’une Citroën C3 immatriculée en 2013. Selon les informations rapportées par Radio France, l’homme heurte un véhicule qu’il est en train de doubler, fait une embardée et son airbag se déclenche.
Sauf que cet airbag n’a rien protégé. Il a « projeté des bouts de métal dans l’habitacle de la voiture », précise le média. L’homme n’a pas survécu à ses blessures. Une collision qui, sans ce défaut, aurait peut-être eu une tout autre issue.
Le plus troublant dans cette histoire, c’est que le véhicule était identifié depuis longtemps comme dangereux. Il faisait l’objet d’un rappel de sécurité et surtout d’une mesure « stop drive » depuis plusieurs mois. Cette procédure, réservée aux modèles jugés les plus à risque, demande formellement aux propriétaires de ne plus utiliser leur voiture tant que l’airbag n’a pas été remplacé.
Des alertes ignorées, un bilan qui s’alourdit
Cette campagne de rappel avait été déployée dès la fin 2024 dans le sud de la France, avec un message clair sur l’urgence de faire réparer les véhicules concernés. Le ministère des Transports confirme que plusieurs courriers de rappel avaient été envoyés directement au propriétaire de cette Citroën C3.

Des alertes ignorées, un bilan qui s’alourdit (suite)
Mais il y a plus troublant encore. Selon le Service de surveillance du marché des véhicules à moteur, le remplacement de l’airbag figurait noir sur blanc sur le procès-verbal du dernier contrôle technique. Autrement dit, le conducteur avait reçu au moins deux avertissements distincts. Et pourtant, la voiture roulait toujours au moment du drame.
Ce décès n’est malheureusement pas isolé. En février 2026 déjà, un conducteur réunionnais avait été blessé au volant d’une Volkswagen Polo équipée du même type d’airbag défectueux. Au total, ces défaillances ont provoqué une cinquantaine d’accidents recensés en France, dont 22 mortels. La majorité de ces drames s’est produite en outre-mer, où le climat use plus vite les composants piégés.
Face à un scandale aussi ancien et aussi meurtrier, une question reste sans réponse satisfaisante : combien de véhicules sous alerte « stop drive » roulent encore aujourd’hui sur les routes françaises, en toute connaissance de cause ?