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VW, Audi, Seat : cette vis corrodée menace la direction de plus de 2 millions de voitures

Publié par Elsa Lepic le 26 Sep 2026 à 14:25
Mécanicien examine une vis rouillée de direction

Golf, Tiguan, Touran, Caddy : ce sont des voitures qu’on croise partout, sur les parkings d’école comme sur l’autoroute. Sauf qu’en Allemagne, le Kraftfahrt-Bundesamt (KBA), l’équivalent local de nos autorités de sécurité routière, vient de tirer la sonnette d’alarme.

En cause : un défaut discret mais potentiellement grave. Une simple vis, cachée sous le capot, pourrait faire perdre le contrôle de la direction à des millions d’automobilistes.

Une vis qui rouille, et la direction qui menace de lâcher

Tout part d’une pièce minuscule : une vis qui fixe le boîtier de direction sur plusieurs modèles du groupe Volkswagen. Selon les informations relayées par le Kraftfahrt-Bundesamt, cette vis peut se corroder avec le temps et finir par céder.

Concrètement, le boîtier de direction ne tient alors plus que d’un seul côté. Un point faible qui devient critique dans les moments où le conducteur sollicite le plus sa direction, notamment lors des manœuvres de stationnement, quand on braque les roues presque à l’arrêt.

Le phénomène n’a rien d’un cas isolé. Il touche plusieurs générations de véhicules produits sur plus d’une décennie, ce qui explique l’ampleur inhabituelle de l’opération.

Un chiffre à lui seul suffit à mesurer le problème : plus de 2,8 millions de voitures seraient concernées à travers le monde.

Une échelle qui rappelle que même les grandes marques ne sont jamais à l’abri d’un défaut de fabrication qui passe sous les radars pendant des années, un peu comme certains modèles vendus comme irréprochables et rattrapés bien plus tard par la réalité.

Pas de panique immédiate, insiste toutefois le KBA : aucun accident ni blessé n’a pour l’instant été recensé en lien avec ce défaut. Mais la prudence reste de mise, et l’ampleur du rappel donne le ton d’une opération qui va occuper les ateliers pendant des mois.

De quoi aussi rappeler à quel point une pièce détachée en apparence anodine peut, avec le temps et l’humidité, devenir un point de fragilité sur des voitures pourtant réputées increvables. Reste à savoir précisément quelles voitures sont concernées, et surtout ce que les propriétaires doivent faire avant qu’il ne soit trop tard.

Golf, Tiguan, Audi Q3, Seat Ateca : la liste s’allonge dangereusement

Sur le seul marché allemand, l’addition donne le vertige : près de 954 000 véhicules sont concernés, dont environ 895 800 modèles Volkswagen et 58 500 Audi Q3. Une paille comparée aux plus de deux millions de véhicules recensés à l’échelle mondiale, mais déjà suffisant pour saturer les carnets de rendez-vous des concessions du pays.

Chez Volkswagen, les modèles visés sont la Golf, la Golf Variant, le Tiguan, le Touran et l’utilitaire Caddy, produits entre le 24 septembre 2013 et le 1er juillet 2024. Une fenêtre de production de près de onze ans, qui donne une idée du nombre de générations concernées par ce même défaut de vis.

Du côté d’Audi, c’est le Q3 fabriqué entre octobre 2017 et mai 2024 qui est dans le viseur. Et la liste ne s’arrête pas là.

Les Seat Ateca et Tarraco produits entre avril 2016 et septembre 2024 seraient eux aussi touchés. Preuve que la pièce défaillante circule sur plusieurs marques du même groupe automobile, comme on l’a vu récemment avec d’autres restrictions imposées à certains véhicules en France.

Autre précision qui a son importance : seuls les véhicules à conduite à gauche seraient concernés par ce défaut de fixation, selon les informations relayées par la presse spécialisée allemande. Une configuration qui recouvre justement l’intégralité du parc automobile roulant en France.

Face à un tel volume, une question domine toutes les autres chez les propriétaires concernés : faut-il arrêter de rouler tout de suite ? La réponse, elle, tient en une poignée de mots que le KBA a tenu à préciser noir sur blanc.

Conducteur inquiet les mains sur le volant

Pas d’interdiction de rouler, mais un geste à ne surtout pas repousser

Contrairement à ce que beaucoup d’automobilistes redoutaient en découvrant l’ampleur du rappel, aucune mesure d’interdiction de circulation n’a été prononcée. Le KBA le confirme explicitement : les véhicules concernés peuvent continuer à rouler normalement en attendant leur passage en atelier.

C’est là tout le paradoxe de ce rappel : le risque existe, mais il reste jugé suffisamment maîtrisé pour ne pas justifier une immobilisation générale. Une nuance importante, qui évite la panique tout en maintenant la pression sur les concessionnaires pour traiter le stock de véhicules dans des délais raisonnables.

Concrètement, les propriétaires des modèles listés vont recevoir un courrier de Volkswagen, Audi ou Seat les invitant à prendre rendez-vous pour un contrôle, voire un remplacement de la fameuse vis si nécessaire. L’opération est entièrement gratuite pour les propriétaires, comme c’est systématiquement le cas lors d’un rappel constructeur portant sur un défaut de sécurité.

Selon plusieurs médias spécialisés allemands, la campagne de réparation devrait démarrer en novembre. D’ici là, mieux vaut éviter de solliciter excessivement sa direction, notamment lors des manœuvres serrées en créneau ou en marche arrière.

C’est précisément là que la pièce est le plus mise à l’épreuve. Un détail qui change tout pour les millions de conducteurs qui vont devoir composer avec ce calendrier.

Ce que ce rappel change pour les automobilistes français

Golf, Tiguan, Touran et Caddy comptent parmi les modèles les plus vendus en France depuis plus d’une décennie, ce qui laisse penser qu’une partie du parc hexagonal est concernée par ce même défaut de vis. Comme souvent avec les rappels transfrontaliers, les constructeurs coordonnent progressivement leurs campagnes pays par pays selon les volumes de production locaux.

Le précédent le plus proche reste celui des scandales de rappels massifs qui ont ponctué l’histoire récente du secteur automobile, où des défauts mécaniques restés invisibles pendant des années finissent par ressortir au grand jour à la faveur d’un signalement ou d’un contrôle qualité renforcé.

Pour les propriétaires inquiets, un réflexe simple : vérifier le numéro de série de son véhicule directement auprès du réseau Volkswagen, Audi ou Seat, ou attendre le courrier officiel qui doit arriver progressivement.

Une vérification qui ne coûte rien et qui permet d’éviter bien des mauvaises surprises, un peu comme ces dispositifs d’aide aux automobilistes qu’il vaut mieux ne pas laisser filer.

La suite dépendra surtout du rythme des ateliers, appelés à traiter plusieurs centaines de milliers de dossiers en quelques mois. De quoi surveiller de près sa boîte aux lettres dans les semaines qui viennent.

Une vis de quelques grammes, et ce sont plus de deux millions de voitures qui doivent repasser à l’atelier avant l’hiver. De quoi rappeler que même les modèles les plus rassurants ne sont jamais totalement à l’abri d’un vice caché, comme le montre cette autre alerte qui concerne, elle, votre téléphone.

Et pendant que certains guettent leur courrier de rappel, d’autres épargnants surveillent plutôt ce coup de pouce qui doit tomber sur leur Livret A.

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