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Trois usines Stellantis à l’arrêt en octobre : à Sochaux et Rennes, ce sont les clients qui attendent

Publié par Elsa Lepic le 21 Oct 2026 à 8:30
Usine automobile à l'arrêt, SUV électriques blancs en attente

Trois usines Stellantis qui s’arrêtent en France le même mois, ça sent la crise. Les clients ne veulent plus d’électrique, forcément ? Pas si vite. Selon Rouleur Électrique, deux de ces sites tourneraient au ralenti parce que les commandes sont trop nombreuses, pas trop rares. Et le troisième cache une tout autre histoire, qui regarde déjà vers 2029.

Sochaux, Rennes, Mulhouse : trois arrêts en octobre, trois raisons différentes

En octobre 2026, trois chaînes de production de Stellantis en France marquent une pause. Trois noms, trois calendriers, et une même question en tête : les ventes de voitures électriques seraient-elles en panne ? Le réflexe est compréhensible.

Le secteur électrique se voit régulièrement reprocher une demande trop tiède. Selon Rouleur Électrique, la réalité serait pourtant plus nuancée, voire paradoxale pour deux de ces usines. Il faut d’abord poser le calendrier, car il n’est pas le même partout.

Mulhouse s’arrêterait du 15 au 30 octobre. Rennes suivrait du 22 au 30 octobre, et Sochaux du 23 au 30 octobre. Entre une et deux semaines sans la moindre voiture sortant des lignes.

Les modèles concernés ne sont pas des confidentiels. Sochaux assemble les Peugeot e-3008 et e-5008. Rennes fabrique le Citroën C5 Aircross électrique, et Mulhouse les Peugeot 308 et 408.

Dans un secteur où les constructeurs ne gagnent pas tous autant par voiture, chaque semaine d’usine à l’arrêt pèse lourd. Autant dire que le groupe n’a aucune envie de couper ses lignes sans une excellente raison.

Un détail change pourtant tout : à Sochaux et à Rennes, le carnet de commandes ne serait pas vide. C’est même l’inverse. Reste à comprendre ce qui peut bloquer une usine pleine de commandes.

Des clients qui réclament leur voiture, une usine qui ne peut pas la livrer

La situation est assez rare pour être soulignée. Stellantis se retrouverait dans l’incapacité de produire assez vite pour répondre à une demande qui dépasse ses capacités d’approvisionnement. Le problème vient donc de l’offre, pas des clients.

Le succès se concentrerait sur les versions Long Range, celles qui offrent la plus grande autonomie. Selon Rouleur Électrique, elles séduisent surtout les professionnels et les flottes d’entreprise. Ces clients-là cherchent l’autonomie maximale pour limiter les arrêts de recharge.

Le constructeur pourrait pourtant continuer à produire. Il lui suffirait d’assembler des véhicules avec des batteries de moindre capacité. Ce n’est pas le choix annoncé : mieux vaut, selon la source, stopper temporairement et attendre d’être correctement approvisionné.

Une décision logique sur le plan industriel, car personne ne veut des stocks de voitures que les clients ne demandent pas. Mais elle a un prix : des retards de livraison inévitables pour ceux qui ont déjà commandé.

L’enjeu dépasse la seule marque au lion ou au double chevron. Pendant que Citroën prépare une citadine électrique à moins de 15 000 €, le groupe doit déjà livrer correctement ses modèles actuels. Un grain de sable dans la chaîne, et c’est tout un calendrier qui se décale.

Alors, quel est ce grain de sable ? C’est la disponibilité des batteries Long Range, jugée insuffisante. Les trois modèles concernés partagent le même pack de 96,9 kWh utiles, produit en France par ACC, la co-entreprise de Stellantis, Mercedes-Benz et TotalEnergies, à Douvrin, dans le Pas-de-Calais. Mais ce n’est que la moitié de l’histoire.

Pack de batteries de voiture électrique sur palette d'atelier

Douvrin, Mulhouse : le vrai visage de ces arrêts

À l’heure où Volkswagen, lui aussi en difficulté, envisage de vendre Ducati, les constructeurs européens n’ont pas besoin d’un nouveau caillou dans la chaussure. Pourtant, c’est bien d’un goulet d’étranglement que parle la source.

ACC monterait progressivement en cadence à Douvrin. Mais cette montée en puissance ne suivrait visiblement pas le rythme des commandes. Et ce ne serait pas la première fois.

Selon Rouleur Électrique, le même problème avait déjà perturbé la production au début de l’année 2026. La question devient légitime : ACC peut-elle sécuriser des volumes suffisants à court terme ? Surtout que le groupe a massivement misé sur ces modèles pour défendre ses positions en Europe.

Reste Mulhouse, qui n’a rien à voir avec les batteries. L’usine produit les Peugeot 308 et 408, des modèles thermiques et hybrides rechargeables en fin de cycle sur cette ligne. Leur succès commercial est aujourd’hui plus modeste, et la demande ne justifie plus un rythme soutenu.

La pause d’octobre s’inscrirait dans une transition industrielle planifiée, pas dans une crise. Stellantis préparerait l’avenir du site, qui doit accueillir de nouveaux modèles à l’horizon 2029. Pour les salariés, la nuance est capitale : ce ne serait pas un signal d’alerte sur la viabilité de l’usine.

Une inconnue demeure : quels modèles prendront place sur ces lignes dans trois ans ? Le groupe ne l’a pas encore officialisé. Et pour vous, quelles conséquences concrètes ?

Ce que ça change si vous visez une version Long Range

Si vous envisagez l’un de ces modèles à grande autonomie, la conséquence est simple. Selon la source, les délais de livraison pourraient s’allonger, surtout pour une commande passée dans les prochaines semaines. Mieux vaut le savoir avant de signer.

Derrière ces retards, l’enjeu est plus large. Si la France ne sécurise pas rapidement sa production de batteries, ses usines, ses emplois industriels et sa capacité à produire des électriques sur son sol seraient fragilisés. Dans un pays où certains métiers peinent déjà à recruter, la question de l’emploi industriel est tout sauf théorique.

Le paradoxe est frappant : Stellantis aurait des commandes, mais ne pourrait pas les transformer en véhicules fabriqués en France. La transition électrique ne se joue donc pas seulement en concession, mais dans la maîtrise de toute la chaîne de production.

ACC devait incarner la réponse européenne à des géants asiatiques comme CATL ou LG Energy Solution, en ancrant la production de cellules lithium-ion sur le sol français. La gigafactory de Douvrin représente un investissement considérable. Mais ses difficultés à suivre le rythme montrent qu’une filière batterie fiable prend du temps, sans doute plus que prévu.

Même quand la demande est au rendez-vous, ce qui est loin d’être systématique sur tous les marchés, la capacité à livrer les cellules en volume conditionne la fluidité de la production. Et pendant que la France s’y confronte, la fiscalité des voitures électriques agite déjà d’autres voisins européens. Le vrai test se jouera dans les prochains mois.

Le message de ces trois pauses est clair : le maillon faible de l’électrique européen, c’est la batterie, pas le client. Une usine peut s’arrêter parce qu’elle est trop demandée, ou parce qu’elle prépare son futur.

Et si la voiture dont tout le monde se moque aujourd’hui pouvait, elle aussi, devenir un trésor ? Cette citadine française bradée dans les années 1990 vaut désormais une fortune que personne n’avait vue venir. Et côté prix fous, une Ferrari électrique qui n’existe pas encore vient de faire exploser un record aux enchères.

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