Il paie sa Tesla Model 3 neuve 62 330 €, la juge « mal soudée » et gagne trois fois en justice… sans revoir un euro

Imagine : tu vends ta voiture, tu empruntes, tu mets toutes tes économies pour t’offrir une Tesla neuve. Quelques jours plus tard, elle fait des bruits suspects. Un mécanicien espagnol connu a vécu ce cauchemar, et il a décidé d’attaquer le constructeur d’Elon Musk. Trois décisions de justice plus tard, l’histoire n’est toujours pas finie.
Une Model 3 neuve à 62 330 € qui grince dès les premiers jours
Ángel Gaitán n’est pas un client lambda. Ce mécanicien espagnol est suivi par plus de 2,2 millions de personnes sur Instagram, où il décortique les secrets des voitures. Quand il reçoit sa Tesla Model 3 neuve en septembre 2020, il pense avoir réalisé un rêve.
« Un coche nuevo, à étrenner, qui m’a coûté énormément de travail à acheter », a-t-il raconté plus tard. Il a dû vendre son autre véhicule, y mettre de l’argent et demander un crédit. Au total, il aurait déboursé 62 330 euros, selon les médias argentins qui rapportent l’affaire.
Mais très vite, la voiture se met à faire des bruits. Le mécanicien, qui sait où regarder, ouvre le capot, inspecte, cherche. Ce qu’il dit avoir découvert allait le lancer dans un long bras de fer. Comme d’autres histoires de défauts reprochés aux Tesla, celle-ci commence par un simple détail qui cloche.
Et le délai pour rendre la voiture, lui, courait déjà.
Une carrosserie « mal soudée » et un délai de retour envolé
Selon Gaitán, la carrosserie était mal soudée, avec d’autres complications au niveau du châssis. Pour un professionnel, c’est le genre de constat qui change tout. Il affirme avoir démontré le problème à plusieurs reprises.
Il disposait pourtant d’une option simple : rendre la voiture pendant les deux premières semaines. Sauf que, d’après son récit, l’auto a passé une bonne partie de ce temps dans un atelier Tesla. Le délai s’est écoulé avant qu’il puisse l’utiliser.
Tesla lui propose alors de réparer le véhicule. Gaitán refuse : il veut une unité neuve, pas une voiture rafistolée. Pour comprendre ce que pèse ce genre de bataille, on peut lire cette histoire de Ferrari en panne où la réparation a fait économiser une fortune. Ici, le mécanicien a choisi l’autre voie : la justice.
« J’ai démontré à trois reprises que j’avais raison et que la voiture n’allait pas », a-t-il dit dans une vidéo, ajoutant que deux experts indépendants lui donnaient aussi raison. Selon lui, les gens de Tesla « ne veulent pas céder ».
Alors, que dit exactement la justice espagnole ?

Trois victoires, et toujours pas un euro remboursé
L’affaire atterrit devant le tribunal de première instance numéro 2 de Fuenlabrada. En mars 2022, le juge donne raison au mécanicien. Le contrat de vente est résolu et Tesla Spain est condamnée à rembourser les 62 330 euros, plus les intérêts légaux.
Le jugement prévoit aussi une indemnisation de 319 euros. Gaitán, sentence en main, a célébré dans une vidéo : « J’ai gagné le procès. Pour tous ceux qui croyaient en moi, merci. »
Mais Tesla fait appel devant l’Audiencia Provincial de Madrid. Elle invoque des problèmes d’enregistrement du premier procès, qui auraient créé une situation d’indéfense. En février 2024, la juridiction rejette l’argument et confirme le jugement.
Elle ajoute que les frais nécessaires pour rendre et remplacer le véhicule restent à la charge de Tesla. Nouvelle victoire, donc. Mais pas la dernière manche.
Car la marque a de nouveau contesté. Et c’est là que le plus frustrant arrive.
Le Tribunal suprême, dernière étape d’un feuilleton coûteux
Dans une entrevue de 2024, Gaitán explique que le dossier est arrivé au Tribunal suprême et qu’il n’a toujours pas reçu son argent. « J’ai gagné trois fois, nous sommes au Suprême maintenant. Ils continuent de former des recours », a-t-il dit sur la chaîne YouTube de MOWLIHAWK.
Pendant ce temps, il affirme devoir investir « énormément d’argent » dans la procédure. « C’est dommage », a-t-il regretté. Ces éléments reposent sur ses propres déclarations, rapportées par la presse argentine, et Tesla n’est pas citée dans les informations disponibles.
Le cas rappelle que gagner n’est pas toujours encaisser. Même avec des décisions favorables, un constructeur peut multiplier les recours. Pour un particulier, même connu, cela peut vite devenir un gouffre financier.
Reste à voir ce que décidera la plus haute juridiction. On peut aussi mesurer l’ampleur du phénomène à travers les Tesla passées au contrôle technique, ou en regardant le classement des voitures les plus fiables.
Aucune date n’est annoncée pour la décision finale, à notre connaissance.
Trois jugements favorables, un remboursement toujours attendu : la leçon est brutale. Avoir raison ne suffit pas, il faut aussi tenir la distance. Et vous, auriez-vous lâché prise ? Si vous pensiez que les procès contre les constructeurs se règlent vite, ce rappel de 227 000 véhicules va vous faire réfléchir. Et si les voitures autonomes vous intriguent, cette Tesla qui a rejoint son propriétaire seule sur 25 km raconte l’autre face de l’histoire.