À 286 km/h sur l’Autobahn, le pneu de sa Tesla explose : il sort du crash avec une jambe blessée

Sur l’Autobahn, certains tronçons n’ont aucune limitation de vitesse. Un conducteur de Tesla Model S y a poussé sa berline à 286 km/h. Quelques secondes plus tard, un bruit sec a tout fait basculer. Reste à comprendre comment il s’en est sorti, et ce que l’on soupçonne côté pneus.
Une portion sans limite, une Tesla de 2024 et un compteur qui s’affole
L’accident s’est produit en septembre sur l’A10, près de Berlin. C’est une portion d’autoroute allemande où aucune limitation générale de vitesse ne s’applique. Rouler très vite y est donc légal, dans la limite de ce que permettent la voiture et la prudence.
Au volant, un conducteur à bord d’une Tesla Model S de 2024, avec environ 19 000 kilomètres au compteur. Presque neuve, donc. Il s’engage sur la voie de gauche et accélère progressivement, sans à-coup apparent.
Ce genre de vitesse fascine, et il divise. Beaucoup d’Européens ignorent que certaines routes l’autorisent encore, comme le détaille notre dossier sur ces routes d’Europe où 240 km/h peut être légal.
Une caméra installée dans l’habitacle enregistre tout. C’est grâce à elle que l’on connaît la vitesse exacte et le déroulé des instants qui précèdent. Elle ne ment pas, et elle ne rate pas la suite.
Alors, que s’est-il passé quand l’aiguille a franchi ce cap ? Et surtout, qu’est-ce qui a cédé en premier ?
Un bruit brutal, puis la voiture ne répond plus
Sur les images, tout est calme jusqu’à ce que la caméra enregistre 286 km/h. Quelques instants plus tard, un bruit brutal retentit dans l’habitacle. Un pneu aurait éclaté, ce qui a provoqué une perte de contrôle immédiate.
La berline commence alors à dévier de sa trajectoire. À cette vitesse, quelques degrés d’écart suffisent à transformer une trajectoire rectiligne en cauchemar. Le conducteur n’a presque aucune marge pour corriger.
Ces excès de vitesse, ailleurs, se paient très cher. Voyez cet automobiliste qui risquait 7 500 € d’amende pour quelques kilomètres-heure de trop. Ici, c’est une autre addition qui a failli tomber.
La Tesla part d’abord en tête-à-queue. Puis elle quitte la chaussée. Elle finit sa course en percutant un talus sous un pont.
Les images de l’épave donnent la mesure du choc : l’avant et l’arrière sont fortement détruits, et le toit est lui aussi endommagé. Pourtant, une information change tout le reste de l’histoire. Le conducteur est vivant.
Le miraculé du talus : blessures, pneus Goodyear et zone d’ombre
Le conducteur a donc survécu. Selon les informations rapportées par plusieurs médias, il aurait souffert d’une blessure à la jambe. D’autres sources évoquent plusieurs fractures, et le bilan exact reste donc flou. Aucun autre véhicule n’aurait été impliqué.
Un message relayé sur X par l’observateur automobile Matthew Donegan-Ryan résume l’état d’esprit : « miraculeusement, personne n’est mort ». Le mot est fort, mais il colle aux photos de l’épave.
Reste la question qui obsède les observateurs : pourquoi ce pneu a-t-il lâché ? La Tesla était équipée, à l’arrière, de Goodyear Eagle F1 SuperSport. Ce modèle a fait l’objet d’un rappel en avril dernier pour un risque de délamination.
Des observateurs ont aussi relevé une usure importante des pneus après le crash. La piste est tentante, mais elle n’est pas prouvée. Rien ne permet d’établir que ce défaut est à l’origine de l’éclatement dans ce cas précis.
En clair, le défaut de fabrication, l’usure et la vitesse extrême restent des hypothèses. Aucune enquête publiée ne tranche à ce stade.
Ce que cette vidéo remet sur la table

Cette histoire relance un débat ancien : faut-il garder des tronçons sans limite ? La France, elle, discute plutôt de l’inverse. Notre article sur la fin possible de la limitation à 130 km/h montre combien les positions varient d’un pays à l’autre.
Côté pneumatiques, l’épisode rappelle un point simple. Un rappel constructeur, comme celui d’avril, doit être pris au sérieux, surtout pour une voiture capable de dépasser les 250 km/h. Ici, rien n’établit pourtant que le rappel soit en cause.
Le cas allemand n’est pas isolé. D’autres conducteurs ont déjà eu des frayeurs à très haute vitesse, comme ce pilote dont la Lamborghini Huracan a été testée à plus de 360 km/h sur autoroute. Sans accident, cette fois.
Ce qu’il faut surveiller ensuite : d’éventuelles précisions sur l’état exact des pneus, et le bilan médical définitif. Pour l’instant, ni l’un ni l’autre n’est confirmé de façon uniforme.
Une chose est sûre : la caméra embarquée a transformé un accident en document. Et ce document fait réfléchir bien au-delà de l’Allemagne.
Reste une dernière question, plus large : la technologie des voitures actuelles suit-elle vraiment la vitesse que la loi autorise ici ?
Deux secondes ont suffi pour passer d’un compteur à 286 km/h à une carcasse sous un pont. Le pneu reste le seul point de contact avec la route, et ce crash le rappelle brutalement.
Si vous croyez avoir tout vu sur les autos qui font peur, ce père dont la Volkswagen électrique a accéléré seule à 112 km/h en zone 50 va vous glacer.
Et pour savoir comment une voiture peut tout faire sans personne, cette Tesla qui a parcouru 25 km sans conducteur pose une tout autre question.