20 juin : le jour où un roi a prêté un serment interdit… et où Nicole Kidman est née loin d’Hollywood
Révolutions, catastrophes aériennes, naissances de stars planétaires… le 20 juin concentre à lui seul des tournants de l’histoire mondiale. Cette date a vu des députés défier un roi, un avion supersonique s’écraser en plein vol d’essai et une future reine d’Hollywood pousser son premier cri à Honolulu. Voici les événements qui rendent ce jour unique.
Le serment qui a fait trembler la monarchie française
Le 20 juin 1789, les députés du tiers état trouvent la porte de leur salle de réunion verrouillée sur ordre de Louis XVI. Au lieu de se disperser, ils se réfugient dans une salle de jeu de paume voisine, à Versailles. Ce qui se passe ensuite va changer la France pour toujours.

Guidés par le président de l’Assemblée Jean-Sylvain Bailly, 577 députés prêtent un serment solennel : ne jamais se séparer tant qu’une Constitution n’aura pas été rédigée. Un seul homme refuse de signer — Martin-Dauch, député de Castelnaudary, dont le nom est souvent oublié des manuels scolaires.
Ce serment historique marque la première vraie rupture avec la monarchie absolue. Quatre semaines plus tard, la Bastille tombera. Le peintre Jacques-Louis David immortalisera la scène dans un tableau resté inachevé — seuls trois visages sur les centaines prévus ont été peints.
Mais ce 20 juin ne s’est pas contenté de secouer la politique française. Trois ans plus tard, jour pour jour, une autre foule allait envahir un palais.
Quand la foule a forcé le roi à porter le bonnet rouge
Le 20 juin 1792, des milliers de sans-culottes envahissent le palais des Tuileries à Paris. Leur cible : Louis XVI, qu’ils accusent de trahir la Révolution en refusant de signer des décrets essentiels. Le roi se retrouve coincé dans l’embrasure d’une fenêtre.
Pendant trois heures, la foule hurle, brandit des piques et exige qu’il coiffe le bonnet phrygien rouge. Louis XVI s’exécute, boit même un verre de vin « à la santé de la Nation ». Mais il refuse catégoriquement de signer les décrets.

Cette journée, moins célèbre que le 14 juillet, est pourtant un avertissement fatal. Moins de deux mois plus tard, le 10 août, les Tuileries seront prises d’assaut pour de bon. Le roi sera emprisonné, puis guillotiné en janvier 1793. Certains historiens considèrent ce 20 juin comme le vrai point de non-retour.
La France n’a pas été la seule à vivre un épisode fondateur ce jour-là. De l’autre côté de l’Atlantique, un événement tout aussi décisif se jouait — mais un siècle plus tôt.
L’avion supersonique qui n’a jamais volé pour de vrai
Le 20 juin 1973, le Tupolev Tu-144, rival soviétique du Concorde, s’écrase lors du Salon du Bourget devant 200 000 spectateurs. L’appareil se désintègre en plein vol au-dessus du village de Goussainville, tuant les 6 membres d’équipage et 8 habitants au sol.
Le drame survient en pleine guerre froide. La rivalité entre le Concorde franco-britannique et le Tu-144 soviétique est féroce. L’URSS avait fait voler son avion supersonique deux mois avant le Concorde, en décembre 1968, pour remporter la course de vitesse.
Une théorie persistante affirme qu’un Mirage français filmait le Tu-144 en vol et que le pilote soviétique aurait fait une manœuvre brutale pour l’éviter. Moscou n’a jamais confirmé. Le Tu-144 sera finalement retiré du service passager après seulement 55 vols commerciaux — le Concorde, lui, en effectuera plus de 50 000.
L’aéronautique n’est pas le seul domaine à avoir marqué cette date. Un tout autre exploit, bien plus ancien, mérite qu’on s’y arrête.
Le Mayflower a failli ne jamais exister
Le 20 juin 1632, le roi Charles Ier d’Angleterre accorde une charte royale à Lord Baltimore pour fonder la colonie du Maryland en Amérique. Ce document de quelques pages crée un territoire où, pour la première fois, les catholiques persécutés en Angleterre pourront pratiquer leur religion librement.
Le Maryland deviendra l’un des treize colonies fondatrices des futurs États-Unis. Son nom rend hommage à la reine Henriette-Marie, épouse française de Charles Ier. Détail peu connu : Lord Baltimore meurt avant même de recevoir la charte. C’est son fils Cecil qui en hérite et organise la colonisation.
Cette tolérance religieuse pionnière inspirera directement le Premier Amendement de la Constitution américaine, rédigé 157 ans plus tard. Mais le 20 juin a aussi produit des figures bien plus contemporaines.
Nées un 20 juin : deux stars que tout oppose
Nicole Kidman voit le jour le 20 juin 1967 à Honolulu, Hawaï, de parents australiens en voyage. Techniquement américaine de naissance, elle grandit à Sydney et conserve la double nationalité. À 16 ans, elle décroche son premier rôle au cinéma australien — un film de Noël que personne n’a vu.
Sa carrière explose avec « Jours de tonnerre » en 1990, où elle rencontre Tom Cruise. Après leur divorce en 2001, elle enchaîne ses rôles les plus acclamés. Son Oscar pour « The Hours » en 2003 récompense une performance où elle porte un faux nez prothétique pendant tout le film — un détail qui a failli faire capoter le projet.
Le même jour, en 1942, naît Brian Wilson à Inglewood, en Californie. Le cofondateur des Beach Boys compose « God Only Knows », que Paul McCartney considère comme « la plus belle chanson jamais écrite ». Wilson souffre de surdité partielle d’une oreille depuis l’enfance — il a composé certains des arrangements les plus complexes de l’histoire du rock en n’entendant qu’en mono.
Lionel Richie souffle aussi ses bougies ce jour-là, né en 1949 à Tuskegee, Alabama. Sa chanson « Hello » reste l’un des morceaux les plus parodiés de l’histoire de la pop. Mais les naissances ne sont pas les seuls faits marquants de cette date.
Le jour où l’ONU a choisi de protéger les réfugiés
Depuis 2001, le 20 juin est la Journée mondiale des réfugiés, instaurée par les Nations unies. La date n’a pas été choisie au hasard : elle coïncide avec l’anniversaire de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, signée à Genève.
En 2025, le HCR estimait à 120 millions le nombre de personnes déplacées de force dans le monde — un record historique. Lors de la première Journée en 2001, ce chiffre était de 21 millions. En vingt-quatre ans, il a été multiplié par près de six.
Ce choix du 20 juin crée un contraste saisissant avec le Serment du Jeu de paume. En 1789, des hommes réclamaient des droits pour leur peuple. Aujourd’hui, cette même date rappelle que des millions de personnes n’ont même plus de peuple auquel appartenir.
L’anecdote que personne ne connaît sur ce 20 juin
Le 20 juin 1963, les États-Unis et l’Union soviétique s’accordent pour installer le « téléphone rouge » — une ligne de communication directe entre Washington et Moscou. Contrairement à la légende, ce n’est pas un téléphone et il n’est pas rouge.
Il s’agit en réalité d’un téléscripteur qui transmet des messages écrits, pas de la voix. La couleur rouge est une invention du cinéma hollywoodien. L’appareil initial était gris, relié par un câble sous-marin transatlantique de 15 000 kilomètres.
Cette décision a été prise après la crise des missiles de Cuba en octobre 1962, quand les deux superpuissances ont mis 12 heures à échanger un seul message. Le premier test officiel de la ligne ? Les Américains ont envoyé la phrase : « The quick brown fox jumped over the lazy dog’s back 1234567890. » Un simple test de clavier pour éviter la fin du monde.
Le 20 juin mélange donc serments révolutionnaires, crashs supersoniques, naissances de légendes et diplomatie de l’ombre. Une date qui prouve que l’histoire ne choisit jamais ses jours au hasard.